Clôture Paris : le CAC40 rebondit de 5%, au-dessus des 4.000 pts

Clôture Paris : le CAC40 rebondit de 5%, au-dessus des 4.000 pts
Vue générale du Palais Brongniart, place de la bourse.

Boursier.com, publié le vendredi 20 mars 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Séance de gros rebond de la bourse de Paris ce vendredi qui termine en hausse de 5,01%, à 4.048 points en clôture. Aéronautique, pétrole et banques ont connu des sursauts spectaculaires, à la hauteur de la débandade de ces derniers jours. Wall Street, dont le rebond avait été timide hier soir, tente d'enchaîner une deuxième séance de progression alors que les Etats-Unis entrent à leur tour progressivement en confinement.

ECO ET DEVISES

Les opérateurs continuent d'apprécier les mesures exceptionnelles mises en oeuvre en urgence par les grandes Banques centrales pour tenter d'apaiser les tensions sur les marchés et de limiter l'impact économique de la pandémie de coronavirus, dont le bilan croît heure après heure.
Des mesures qui ne devraient toutefois pas empêcher de voir la première économie mondiale entrer en récession. Alors que les derniers indicateurs économiques portent déjà les traces de la pandémie de coronavirus (vive hausse des inscriptions hebdomadaire au chômage et fort repli des indices de l'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie et de la Fed de New York), les économistes de la Bank of America estiment que l'économie américaine pourrait perdre jusqu'à 3,5 millions d'emplois, alors que le PIB pourrait s'effondrer sur un rythme de 12% au deuxième trimestre.

Outre les baisses de taux et les plans de rachat d'actifs d'envergure dévoilées ces derniers jours par la Fed, la BCE, la BoE ou encore la RBA, les opérateurs ont apprécié aussi l'engagement budgétaire quasi sans limite des différents gouvernements pour faire face à une situation sans précédent. Alors que l'administration Trump travaille à un plan de soutien à l'économie américaine de 1.300 milliards de dollars, le gouvernement allemand envisagerait de créer un fonds de soutien aux entreprises en difficulté d'environ 500 milliards d'euros et Pékin serait sur le point de dévoiler un plan de relance budgétaire de 1.000 milliards de yuans.
Jeudi, le président Donald Trump a par ailleurs indiqué qu'il était favorable à une prise de participation de l'Etat dans "certaines entreprises". Lors d'un point presse à la Maison Blanche, il a aussi affirmé qu'il soutiendraitune interdiction pour les entreprises d'utiliser les aides de l'Etat pour racheter leurs propres actions.

L'extrême volatilité sur le marché pétrolier s'est aussi confirmée avec un baril de brent remonté au-dessus des 30$ à Londres avant de redescendre ce soir à 28$. Malgré ce sursaut, les deux références mondiales affichent encore un passif de plus de 50% par rapport au début de l'année, subissant le double effet de l'effondrement de la demande de pétrole dû à la propagation du coronavirus, et de la fin de l'accord Opep+ qui permettait de soutenir les cours depuis 2016...
Face à cette situation, l'administration Trump envisagerait une manoeuvre diplomatique pour amener l'Arabie Saoudite à fermer ses robinets et utilise la menace de sanctions sur la Russie pour les forcer à réduire leur production, a rapporté hier soir le 'Wall Street Journal'. La réponse de la Russie n'a pas tardé, Moscou estimant être capable de gérer seule la situation. L'euro a poursuivi sa baisse à 1,0660/$

VALEURS EN HAUSSE

TechnipFMC : +32% avec Ingenico et Natixis

Geci : +30% avec Rexel (+29%) et Klepierre (+28%)

Valeo : +26% suivi de ADP qui rebondit de 22% avec Elior (+20%)

Safran : +19% avec Ipsen

Airbus s'est offert un copieux rebond de 18% après avoir déjà repris plus de 9% hier. Un sursaut qui est toutefois loin d'effacer la chute de plus de 50% de l'action de l'avionneur depuis le premier janvier. Outre la bonne tenue des marchés en cette fin de semaine, le flux acheteur du jour est à relier à une note de Jefferies qui a rehaussé à 'acheter' son opinion sur la valeur malgré un objectif de cours réduit de 120 à 80 euros. Selon le broker, les Etats européens devraient envisager l'achat de nouveaux avions à Airbus afin de soutenir l'ensemble de l'industrie aérienne et aérospatiale. Le courtier propose ainsi que les gouvernements achètent 500 à 600 avions Airbus au cours des trois prochaines années, soit un investissement total pouvant atteindre 34,2 milliards d'euros, ce qui ne serait pas très exigeant si l'opération était menée dans plusieurs pays... L'analyste évoque un "remède dur mais efficace" alors qu'offrir des prêts aux entreprises ne semble pas être une option plus intéressante.

Accor : +15% avec Eramet, Bouygues et Trigano

Peugeot : +13% avec Sodexo, CNP et Capgemini (+12%)

Total reprend 11% suivi de Vinci

Thales : 10% avec Kering, GTT, Edenred, Getlink

STMicroelectronics (+8,8%) a conclu un accord avec les syndicats pour réduire de la production de ses sites en France en raison de la crise sanitaire. La direction du groupe, qui indique que cet accord court jusqu'au 2 avril, a précisé que cette réduction pourrait aller selon les sites jusqu'à 50% des effectifs de production, selon l'agence Reuters. L'accord de réduction de l'activité a été signé par les syndicats CFDT et CFE-CGC, qui représentent plus de la moitié des salariés du groupe. La CGT a voté contre et réclame la fermeture pure et simple des usines.

Renault (+5%) doit réunir dans la journée son conseil d'administration pour faire le point sur la crise provoquée en Europe par l'épidémie de coronavirus.

LVMH rebondit de 5%. Le numéro un mondial du luxe, qui a réalisé l'an passé la plus grosse acquisition de son histoire avec le rachat du joaillier Tiffany pour 16,2 milliards de dollars, pourrait profiter de la chute du groupe américain en bourse pour racheter directement des titres sur le marché. Selon les sources de 'Bloomberg', LVMH a discuté de ses intentions avec le conseil d'administration de Tiffany qui pourrait lui donner le feu vert après la publication des résultats trimestriels du groupe américain vendredi. Tiffany cotait environ 118$ hier à Wall Street avant que Bloomberg ne dévoile cette information, contre un prix de 135$ offert par LVMH fin 2019. Aucune décision finale n'a toutefois été encore prise et LVMH discuterait également d'éventuels obstacles juridiques à cette possible opération. Face à la pandémie de coronavirus, le joaillier a annoncé mardi la fermeture temporaire de plusieurs magasins, dont son magasin phare de la Cinquième Avenue à New York, et la réduction des heures de travail dans d'autres points de vente.

VALEURS EN BAISSE

Balyo : -9% avec Groupe Crit

Transgene : -7% suivi de Boiron et Seb

Verallia : -6% avec Cegedim, Carrefour (-5%) et JC Decaux

Tarkett : -4% suivi de Amundi et Spie

Sanofi : -3% avec Beneteau

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