Clôture Paris : le CAC40 rebondit de 8,39% !

Clôture Paris : le CAC40 rebondit de 8,39% !
Réaction de traders après la clôture du NYSE.

Boursier.com, publié le mardi 24 mars 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Les indices boursiers européens ont fortement rebondi, à l'image du CAC40 qui a repris plus de 8% à 4.242 points, en hausse de 8,39% en clôture. Malgré la multiplication des avertissements par les entreprises et la publication de premiers indicateurs économiques témoignant de la chute de l'activité économique, les marchés se sont appuyés sur les nouvelles initiatives de soutien attendues aux Etats-Unis pour rebondir dans la foulée du "QE illimité" de la Fed...
Le début de séance est aussi euphorique à Wall Street : Après deux séances de baisse marquée, la place américaine s'envole d'environ 7%. Les mesures inédites dévoilées par la Fed lundi, avec notamment l'annonce d'un "QE illimité", rassurent les marchés en attendant un accord imminent au Congrès sur le plan de relance massif de plus de 1.500 milliards de dollars outre-Atlantique.

ECO ET DEVISES

Sur le front macroéconomique, les premiers effets de la pandémie sur l'activité sont là. L'indice flash IHS Markit Composite est ainsi tombé à 40,5 en mars aux Etats-Unis, contre 49,6 en février, soit le plus bas niveau jamais observé depuis la création de la statistique. Le déclin global de l'activité est le plus fort enregistré depuis octobre 2009 et reflète une baisse généralisée de l'activité dans l'ensemble des secteurs manufacturier et des services. L'indice flash de l'activité de services ressort ainsi à 39,1 contre 49,4 le mois précédent et 42 de consensus alors que l'indice flash manufacturier recule de 50,7 à 49,2, sur un plancher de 127 mois mais est nettement supérieur aux attentes (42,8).
Dans la zone euro, comme redouté, les indices flash ISH Markit ont aussi confirmé une chute sans précédent de l'activité économique ce mois-ci. Un plongeon appelé à se prolonger au cours des prochaines semaines compte tenu des mesures de confinement adoptées un peu partout dans la région.

Sur le marché des changes, la pause du dollar se confirme après plus d'une semaine d'ascension, les investisseurs ayant fui les autres devises, notamment celles des marchés émergents, pour se réfugier vers la devise américaine. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) recule actuellement de 1,2% à 102 points.

Enfin, les cours du pétrole, qui bondissaient il y a encore quelques heures, se montrent beaucoup plus hésitants avec un WTI (échéance mai) qui grignote 0,2% à 23,45 dollars sur le Nymex. Barclays a, à son tour, fortement réduit ses estimations de prix moyen pour le Brent et WTI cette année (-12 dollars à 31 et 28 dollars respectivement), citant la pression considérable à la baisse sur le marché due à la guerre des prix entre l'Arabie saoudite et la Russie et à la chute de la demande en raison de l'épidémie de coronavirus...

VALEURS EN HAUSSE

CNP rebondit de 22% avec Plastivaloire (+21%), Dior et Safran

Scor : +20% suivi de Gecina (+18%) et Ipsen

AXA +17% avec Renault et Solocal

LafargeHocim : +16% avec Legrand

Gl Events : +15,5% suivi de Catana

Total bondit de 15%. Le titre de la major pétrolière enchaîne ainsi une quatrième séance de forte progression et 'ramène ses pertes' à environ 40% depuis le premier janvier. Malgré sa solidité financière et opérationnelle, le groupe a annoncé hier un plan d'actions à mettre en oeuvre immédiatement dans un contexte de prix du pétrole de l'ordre de 30 dollars le baril.

STM rebondit de 14%, alors que le Credit Suisse vise désormais un cours de 26 euros, contre 31,5 euros auparavant.

Atos : +14% avec STM, Dassault Systèmes

Bic (+13,8%) pourrait bien sûr être impacté sur le chiffre d'affaires, qui résulterait de la réduction de l'activité des clients ou bien des fermetures de magasins, en particulier dans la distribution traditionnelle et dans les magasins de proximité. Bic réalise en effet environ 50% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, en France, Italie, et Espagne, qui sont parmi les pays les plus touchés à ce jour. Bic pourrait aussi enregistrer des impacts sur sa base de coûts, avec une détérioration significative de sa capacité à absorber les coûts fixes.

Valeo : +13% avec Société Générale, Rexel, Teleperformance, Air France KLM

Publicis : +12,5% avec FDJ, Getlink, Schneider, Saint-Gobain, Natixis, Elior

ADP (+12%) considère sans surprise qu'il ne sera pas possible d'atteindre les prévisions d'Ebtida 2020, ni les objectifs financiers 2016-2020 du plan Connect 2020 (trafic, Ebtida, ROCE régulé).

Wendel : +11% avec Arkema, Capgemini, Spie, Eramet, Euronext, Mersen, Sodexo

Kering (+10%). Compte tenu de la propagation du COVID-19 dans tous ses principaux marchés et des impacts sur l'activité de ses Maisons, le groupe de luxe a estimé que son chiffre d'affaires consolidé du 1er trimestre 2020 (clôturé le 31 mars) pourrait enregistrer un recul d'environ 13% à 14% en données publiées, et de l'ordre de -15% en données comparables par rapport au 1er trimestre 2019. LVMH rebondit aussi de 9%

Bouygues (+7,5%) suspend aussi ses objectifs 2020. Plus spécifiquement, Bouygues souligne que l'impact du Covid-19 dépendra, s'agissant des activités de construction, de la durée d'interruption des chantiers, ainsi que de la disponibilité des maîtrises d'ouvrage, des maîtrises d'oeuvre, des fournisseurs, des prestataires ou sous-traitants et, s'agissant des activités audiovisuelles (qui représentent une part limitée des revenus du Groupe), comme annoncé par TF1 le 23 mars, de l'évolution des revenus publicitaires.

Pernod Ricard (+3,6%) anticipe une décroissance interne du Résultat Opérationnel Courant d'environ -20% pour l'exercice 2019/20. Le Groupe dispose d'environ 3,4 MdsE de lignes de crédit auprès de banques, dont seulement 0,3 MdE est actuellement tiré. Ces facilités incluent une ligne de crédit syndiqué de 2,5 MdsE, à échéance 2024, actuellement non tirée.

Airbus (+1,8%), alors que les ajustements de brokers se multiplient... Berenberg a ainsi dégradé sa recommandation d'"acheter" à "conserver" sur le constructeur avec un cours cible ajusté en baisse de 156 à 65 euros. L'avionneur européen a annoncé hier avoir suspendu ses prévisions 2020 en raison de la pandémie de nouveau coronavirus qui paralyse le secteur du transport aérien. Airbus a également dévoilé une série de mesures pour renforcer ses liquidités et son bilan face à cette crise parmi lesquelles, le retrait de la proposition de dividende 2019 de 1,80 euro par action soit une valeur totale d'environ 1,4 milliard d'euros, et la suspension du financement volontaire des retraites complémentaires.

bioMérieux (stable) a annoncé que sa filiale, BioFire Defense, a reçu l'autorisation d'utilisation en urgence de la Food and Drug Administration américaine pour son test BIOFIRE COVID-19 destiné à la détection du coronavirus SARS-CoV-2 par les laboratoires certifiés pour des tests de complexité moyenne à élevée.

VALEURS EN BAISSE

Esi Group -7%, alors que le chiffre d'affaires annuel a progressé de 7,8% à 146,2 ME (+5,6% à taux de change constants), grâce à une croissance de +8,4% de l'activité de licences améliorant de facto la récurrence des revenus. Cette croissance des revenus impacte positivement la performance financière du groupe grâce, également, à la maîtrise des coûts. La marge brute s'est élevée à 107,4 ME (+10,1%, soit une amélioration de 1,5 point à 73,4% vs. 71,9%). Cette augmentation est due à la hausse de la marge brute des licences à 86,2% (vs. 84,5% en proforma 2018) et à la part croissante des ventes de licences dans le chiffre d'affaires.
Le Groupe a maintenu ses efforts de contrôle des dépenses opérationnelles (+5,6%, +5,2 ME) en soutien de la hausse des revenus et du développement à long terme. A noter que 1,5 ME de l'augmentation des coûts de 5,2 ME provient des taux de change (4% tcc). L'EBITDA (avant l'IFRS 16) a augmenté pour atteindre 12,3 ME (vs. 8,1 ME), soit 8,4% des revenus totaux (vs. 6%). L'EBIT (avant IFRS 16) s'est amélioré à 8,3 ME (vs. 3,6 ME), soit 5,7% des revenus totaux.
La trésorerie disponible du groupe s'est élevée à 20,2 ME au 31 décembre 2019 (12,4 ME fin décembre 2018). La dette financière a atteint 49,6 ME (51,6 ME) et la dette nette a diminué à 29,4 ME (39,2 ME). Le ratio d'endettement (dette nette sur fonds propres) s'est élevé à 34,4% (57,7%).
Au 31 décembre 2019, ESI Group détenait 6,3% de son capital en actions propres.

Vinci perd 6%. La pandémie de Covid-19 a un impact significatif sur les trois grandes activités de la société : Vinci Airports Vinci Autoroutes et le BTP.

Altarea : -4%, Navya, XPO

LDC : -2,5% avec Lagardere, Verallia, Savencia

Technicolor (-1,6%) a suspendu ses objectifs 2020-2022, publiés précédemment. Le Groupe reste pleinement engagé à améliorer significativement sa rentabilité et sa génération de flux de trésorerie et continue d'implémenter les mesures de réduction de coûts annoncés précédemment.

Danone : -1,5%, suivi de Iliad, Remy Cointreau

Suez : stable avec Seb et Korian

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