Clôture Paris : le CAC40 rechute de 4,23%

Clôture Paris : le CAC40 rechute de 4,23%
Traders sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 27 mars 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Après trois séances de vif rebond, le CAC40 a rechuté de 4,23% ce vendredi à 4.351 points. L'indice parisien a soufflé après avoir repris 25% depuis son point bas en séance le 16 mars et 16% depuis mardi ! L'appel du gouvernement aux entreprises de ne pas distribuer de dividende cette année a pesé sur les dossiers offrant le plus de rendement.
Wall Street aussi marque une pause après trois séances de forte hausse et un gain quasi-historique de plus de 21% pour le Dow Jones sur la période.

ECO ET DEVISES

L'indice du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan est tombé sur un plus bas de trois ans à mars, à 89,1, contre un consensus de place de 90 et un niveau de 100,1 au mois précédent. Il s'agit de la plus forte baisse depuis octobre 2008. "Les perspectives de l'économie nationale pour l'année à venir ont changé de manière spectaculaire en mars, la majorité s'attendant maintenant à des temps difficiles sur le plan financier dans tout le pays", peut-on lire dans le rapport.

Dans ce contexte, la Chambre des représentants US doit approuver ce vendredi le plan de soutien astronomique de 2.000 milliards de dollars de l'administration Trump, qui a déjà reçu le feu vert du Sénat... Les dirigeants des pays membres du G20 ont par ailleurs affirmé jeudi leur détermination à former un front uni contre le coronavirus, parlant de "priorité absolue" pour laquelle 5.000 milliards de dollars seront injectés pour tenter d'endiguer l'épidémie qui fait planer le spectre d'une récession.

Signe de ce front commun contre l'épidémie, Donald Trump a déclaré s'être entretenu avec son homologue chinois Xi Jinping et avoir discuté "en détail" de la pandémie de coronavirus.
Sur le plan sanitaire, le nombre de cas de coronavirus aux Etats-Unis a bondi et dépasse désormais la barre des 85.000, un niveau supérieur à celui de la Chine...

Les cours du pétrole prolongent leur chute ce soir . Le baril de brut léger américain WTI perd 6% à 21,2$ (contrat à terme de mai sur le Nymex), tandis que le Brent de mer du Nord tombe de 7% à 24,45$, alors que l'Agence internationale de l'énergie prévoit une chute de 20% de la demande mondiale de brut cette année en raison du coronavirus. "Aujourd'hui, trois milliards de personnes dans le monde sont confinées. En conséquence, on pourrait bien assister au cours de cette année à une chute de la demande d'environ 20 millions de barils par jour selon certains", a dit Fatih Birol, le directeur de l'AIE.
Enfin, le dollar est sur le point de boucler sa pire semaine depuis 2009 après son ascension récente. L'euro campe de nouveau au-dessus des 1,10/$.

VALEURS EN HAUSSE

Biosynex (+31%) poursuit son bond en avant qui a vu son titre quasiment multiplié par 3 depuis le début de la crise. L'alsacien a annoncé hier le lancement d'une gamme de tests dédiés au diagnostic du Covid-19. La société va proposer trois nouvelles solutions diagnostiques pour l'infection à Covid-19 basées, d'une part, sur la biologie moléculaire (PCR) et, d'autre part, sur l'immunochromatographie. Biosynex prévoit ainsi le lancement à brève échéance d'un test sérologique rapide de détection dans le sang des anticorps spécifiques du virus responsable du Covid-19. Ce test permet à partir d'une goutte de sang de détecter en 10 minutes les anticorps spécifiques du Covid-19 qui apparaissent environ 10 à 15 jours après la contamination. Cette détection sérologique permet de déterminer rétrospectivement l'exposition au virus de porteurs sains ou de patients ayant présenté des signes mineurs de l'infection au Covid-19. Selon une récente étude parue dans la revue Lancet, la sérologie pourrait également être utilisée en complément de la PCR chez des patients hospitalisés tardivement et chez lesquels la charge virale serait indétectable par méthode PCR.

Technicolor : +15% avec Nanobiotix et 2CRSI (+9%)

AST Groupe : +7% avec Carmila et Balyo

Aubay : +5% avec Voluntis, Teleperformance et IPSOS

Ipsen : +4% avec Tarkett et Ateme

ALD : +3% avec Innate

Atari : +2% suivi de Lagardere et de Synergie

Bastide reprend 1%. Le groupe a prévenu d'un ralentissement de la prescription médicale sur les pathologies chroniques, la médecine de ville étant aujourd'hui mobilisée sur la gestion de l'épidémie. Les équipes commerciales sur le terrain vont être placées en chômage partiel. En revanche, Bastide enregistre une augmentation de la demande de dispositifs et de consommables médicaux de la part des établissements de santé et des particuliers. Le groupe est impliqué également dans le "plan blanc" en fournissant des équipements permettant le retour à domicile anticipé de patients, afin de libérer des places dans les hôpitaux.

VALEURS EN BAISSE

CGG : -13,8% avec le pétrole

Accor : -10% avec Burelle et CNP (-9%)

Elis : -9% avec Natixis, Icade, Valeo et ADP

Bouygues : -8% suivi de FDJ, Scor, SG et Sodexo

Bic (-8%) a décidé, d'une part, de suspendre le programme de rachat d'actions jusqu'à nouvel ordre et, d'autre part, de réduire le dividende proposé pour l'année fiscale 2019 à 2,45 euros par action, contre 3,45 euros initialement proposé.

Renault : -7% avec Eramet, EDF, Wendel, Euronext, Nexans

EssilorLuxottica abandonne 6,5% à 102 euros. Sans surprises, le groupe a suspendu ses perspectives 2020. L'activité a commencé à se détériorer en mars, au fur et à mesure du déplacement de l'impact du virus, initialement centré sur la Chine, vers des régions entières d'Europe et d'Amérique du Nord. Au cours du deuxième trimestre, le groupe s'attend à ce que le chiffre d'affaires poursuive son ralentissement, avec un impact significatif sur la rentabilité. A l'heure actuelle, le groupe n'a pas suffisamment de visibilité pour évaluer l'ampleur de l'impact du COVID-19, du fait de la volatilité de la situation. A ce jour, Essilor a temporairement fermé tous ses sites industriels en France. La continuité de la production est assurée grâce à son réseau mondial d'usines et de laboratoires interconnectés. Ce dispositif inclut les sites de production chinois, dont le fonctionnement est revenu à la normale et qui ont des réserves de capacité. Les activités de vente en ligne sont en croissance et ne connaissent pas de retard de commandes.Les usines de Luxottica ont temporairement suspendu leur activité en Italie et dans d'autres lieux moins déterminants pour la société, tandis qu'elles sont revenues à leurs niveaux normaux en Chine. Les points de vente en Europe et en Amérique du Nord se conforment aux mesures temporaires de confinement mises en place par les autorités locales, tandis que les plateformes de vente en ligne de la société continuent à fonctionner mondialement.

Publicis (-6%) ne donnera aucune guidance sur ses chiffres prévisionnels jusqu'à nouvel ordre" et souligne cependant que les chiffres de revenu au 29 février étaient conformes à son plan de marche 2020.

LVMH : -6% avec Air France KLM, Crédit Agricole et Ingenico

Airbus reperd 5,7%. S&P a confirmé la note crédit d'Airbus à 'A+' mais place la perspective associée sous 'surveillance négative' en raison des retards de livraisons d'appareils anticipés du fait de l'épidémie de coronavirus. "À court terme, nous supposons qu'il n'y aura pas de livraisons ou de paiements de pré-livraison, mais qu'Airbus continuera à produire", affirme Tuomas E. Ekholm, analyste chez S&P Global Ratings. "Cela entraînera une augmentation significative du fonds de roulement qui, en l'absence de livraisons et de paiements préalables, sera financé par les liquidités du bilan du groupe et les lignes de liquidité disponibles. Sur la base des volumes moyens de livraison et de production d'Airbus, nous estimons un déficit de financement de 5 milliards d'euros par mois".

Safran (-5%) a annoncé jeudi soir avoir retiré sa proposition de verser des dividendes au titre de l'exercice 2019, et a aussi abandonné ses objectifs financiers pour 2020. En renonçant au versement du dividende, Safran s'épargnera le décaissement d'un milliard d'euros, a précisé le groupe dans un communiqué. Le groupe d'aéronautique et de défense a aussi annoncé la mise en place d'une ligne de crédit de 3 milliards d'euros pour s'adapter au contexte créé par l'épidémie de coronavirus.

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