Clôture Paris : le CAC40 rechute de 5,94%

Clôture Paris : le CAC40 rechute de 5,94%
marchés financiers, crise 9 août 2007 subprimes

Boursier.com, publié le mercredi 18 mars 2020 à 18h00

LA TENDANCE

La volatilité est restée le maître mot de la séance boursière de ce mercredi, avec une rechute de 5,94% du CAC40 à 3.754 pts. L'AMF a confirmé une interdiction des positions vendeuses pour une durée d'un mois, ce qui n'a pas eu beaucoup d'impact sur les cours. Il faut dire que les marchés obligataires ont été secoués par une brusque remontée des taux longs. Avec une économie à l'arrêt, le pétrole a poursuivi sa chute à 25$ le brent ce soir.
Sur le front économique, la Fed comme la Maison Blanche avaient pourtant annoncé hier soir de nouvelles mesures de soutien massives à l'économie, alors que des analystes projettent désormais une inévitable récession aux Etats-Unis et dans d'autres pays. En Europe, on évoque désormais l'éventuelle modification des traités et la possibilité que la BCE rachète directement les dettes souveraines. Ce qui serait un changement de paradigme radical du rôle de la BCE. Christine Lagarde envisagerait désormais une récession à hauteur de -5% en Europe...
Dans le sillage des places européennes, Wall Street recule à nouveau fortement ce soir, de 5 à 7%, effaçant une bonne partie du rebond de mardi.

ECO ET DEVISES

Les multiples plans de relance annoncés de part et d'autre de l'Atlantique peinent donc pour le moment à convaincre la communauté financière qui redoute plus que jamais une récession historique alors que les mesures de confinements prises aux quatre coins de la planète sont en train de mettre l'activité économique à l'arrêt.
La Fed a pourtant franchi mardi un nouveau pas dans le soutien aux marchés en annonçant qu'elle allait racheter de la dette à court terme d'entreprise, la BCE a réaffirmé de son côté qu'elle restait prête à prendre des mesures de soutien supplémentaires si nécessaire et plusieurs gouvernements, en Espagne et au Royaume-Uni par exemple, ont présenté ces dernières heures d'important plans de soutien à l'économie...

Washington envisagerait de son côté de faire voter au Congrès un plan de soutien massif de 1.250 milliards de dollars, notamment destiné aux secteurs les plus touchés par l'épidémie, comme les compagnies aériennes, qui pourraient bénéficier d'environ 50 Mds$. Parmi les autres options considérées, figure le versement direct de 1.000$ à presque tous les Américains d'âge adulte.

Signe de la nervosité ambiante, le marché obligataire souverain est sur haute tension depuis le début de la semaine, les opérateurs s'inquiétant de l'énorme montant de dette à émettre au cours des prochaines semaines pour financer les divers plans de relance. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans progresse encore ce mercredi après avoir enregistré mardi sa plus forte hausse depuis 1982.
A noter enfin le nouveau décrochage des cours du pétrole avec un WTI qui plonge de 8%, sous les 25 dollars, un niveau plus oublié depuis 2002. L'euro recule ce soir à 1,0840/$ entre banques.

VALEURS EN HAUSSE

DBV : remonte de 27% après sa chute d'hier, suivi de Amoena (+20%)

Transgene : +20% avec Genfit (+19%)

Solocal : +17% suivi de LDC (+14%) et Argan

Tikehau : +13% suivi de Seb, Amundi (+12%)

Orpea : +10% avec Beneteau (+9%) et Crit

Beneteau, qui restait sur 5 séances de baisse marquée, remonte de 9%. Le plaisancier a annoncé qu'en raison de la progression de l'épidémie de Covid-19 et des mesures nécessaires prises par les pouvoirs publics pour protéger la santé de la population, il avait décidé de suspendre temporairement ses activités de construction de bateaux de plaisance et de mobil-homes sur l'ensemble des territoires français et italien. Portzamparc rappelle que le groupe bénéficiera des aides gouvernementales concernant ses salariés et du fait de sa structure de coûts, devrait réussir à limiter l'impact sur sa marge.

Korian : +8% avec Nicox, Recylex, Rubis (+7%)

Archos : +5% avec Wavestone

Nexity : +4% avec Devoteam, Vallourec, Eramet, Interparfums

Sodexo (+0,8%) a annoncé ce mercredi que la crise sanitaire mondiale pourrait avoir un impact de 2 milliards d'euros sur son chiffre d'affaires annuel.

VALEURS EN BAISSE

Airbus (-22%) n'est pas encore dans une situation aussi tendue que son homologue américain Boeing, mais le géant européen continue de tanguer en bourse ! Face à l'épidémie de Covid-19, le groupe aéronautique a été contraint de mettre ses usines françaises et espagnoles à l'arrêt pour quatre jours. Boeing a appelé mardi à une aide de 60 milliards de dollars à destination de l'industrie aéronautique américaine pour que celle-ci puisse faire face à l'impact de l'épidémie de coronavirus. L'avionneur a signalé que 70% de ses revenus allaient habituellement à ses 17.000 fournisseurs et que donc sans une aide importante, toute l'industrie de la construction aéronautique aux Etats-Unis pourrait s'effondrer... Chez les analystes, JP Morgan a dégradé le titre Airbus, qui a été divisé par plus de deux depuis le début de l'année, à 'neutre' tout en coupant son objectif de 95 à 68 euros. Bernstein a, pour sa part, ramené sa cible de 154 à 94 euros mais reste à 'surperformer' sur la valeur...
L'équipementier aéronautique Safran perd dans son sillage 23%.

CNP : -22% avec Virbac (-17%), Ingenico (-15%) et Rexel (-14%)

STM : -14% suivi de EDF, Peugeot, CGG

Total chute de 13% avec TechnipFMC (-10%)

Mersen : -12% avec Thales et Vinci (-11%)

Elis (-11%) rappelle n'avoir aucune échéance de dette significative avant 2023 et disposer de deux lignes de crédit renouvelable confirmées, entièrement non tirées, pour un montant total de 900 millions d'euros. Les objectifs annuels 2020 indiqués le 4 mars dernier seront revus et communiqués dès que la situation permettra une visibilité suffisante...

Eiffage : -10% suivi de Worldline, BNP Paribas, SG et Faurecia

Saint-Gobain : -8% avec Valeo, Kering, Accor, Bouygues, Alstom

Axa perd encore 7%, insensible à la remontée des taux tant les vents contraires sont nombreux avec l'effondrement des marchés. LVMH, Bic, Nexans et Schneider reculent de 7% aussi.

Akka (-3%) : la marge opérationnelle des activités ordinaires s'élève à 8% pour 2019, en ligne avec l'objectif interne. Hors PDS Tech, la marge opérationnelle progresse de 70 points de base à 8,7%. Le bénéfice net du groupe a augmenté de 38% pour atteindre 73,3 ME en 2019. Les perspectives sont en revanche compliquées : le premier semestre devrait être marqué par la prudence des principaux clients du secteur automobile et des fournisseurs du B737Max.

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