Clôture Paris : le CAC40 retombe de plus de 2%

Clôture Paris : le CAC40 retombe de plus de 2%
procès CJR décembre 2016

Boursier.com, publié le jeudi 30 avril 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Le CAC40 a mis fin à une série de 3 séances de hausse qui avaient permis au marché de reprendre plus de 6%. Le CAC40 qui qui a brièvement dépassé les 4.700 points ce matin, un niveau oublié depuis le 11 mars dernier, a rechuté finalement de 2,12% à 4.572 pts en clôture avant un long week-end de trois jours. Il faut dire qu'hier, l'indice parisien s'était quelque peu enflammé en fin de séance, sous l'impulsion des indices américains et de l'idée que Gilead avait peut-être le remède au Covid-19... Ce soir, Wall Street retombe sur des prises de bénéfices, alors que les marchés ont pris connaissance ce jour d'une nouvelle batterie d'indicateurs économiques très défavorables, ce qui accentue la pression sur la cote américaine. La BCE de son côté n'a pas vraiment convaincu les marchés à l'occasion du compte-rendu de son conseil monétaire.

ECO ET DEVISES

Les annonces de la BCE ont même été fraîchement reçues, Christine Lagarde prévenant que le PIB de la Zone euro pourrait chuter de 5% à... 12% cette année. Ainsi, l'Europe pourrait connaître une récession d'une ampleur et d'une vitesse sans précédent.
La BCE a annoncé ce jour de nouvelles mesures de soutien, mais a laissé ses taux inchangés. Elle se dit toutefois prête à accroître ses rachats de dette. La Banque centrale européenne va rémunérer encore mieux les banques qui lui empruntent des liquidités. Elle a confirmé sa volonté d'acheter pour 1.100 milliards d'euros d'actifs cette année et ajoute qu'elle pourrait faire plus si besoin. Le taux d'intérêt des opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO) passe à -1% pour les liquidités consacrées à des prêts aux entreprises et ménages. La BCE lance un nouveau dispositif de prêt aux banques, les 'opérations de refinancement à long terme d'urgence pandémique' ou PELTRO...

Hier, la Fed n'avait pas surpris en maintenant ses taux proches de 0 et en confirmant son engagement, alors qu'était par ailleurs annoncée une forte contraction du PIB américain au premier trimestre.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis pour la semaine close au 25 avril sont restées très élevées, ressortant au nombre de 3,839 millions, contre 3,5 millions de consensus de place et 4,442 millions une semaine auparavant. La moyenne à quatre semaines ressort à plus de 5 millions d'inscriptions ! Près de 30 millions d'Américains ont perdu leurs emplois en six semaines seulement, ce qui donne une vague idée de la violence du choc économique actuel.

Les revenus personnels des ménages américains pour le mois de mars 2020, qui viennent également d'être publiés, sont ressortis en forte baisse de 2%, contre -1,1% de consensus. Les dépenses personnelles des ménages ont chuté de 7,5% par rapport au mois antérieur, contre -4,5% de consensus. L'indice ajusté des prix 'core PCE' en comparaison du mois antérieur a décliné de 0,1%, en ligne avec les attentes.

L'indice manufacturier PMI de Chicago pour le mois d'avril 2020 est ressorti extrêmement faible, à 35,4 contre un consensus de place de 37,9. Il était de 47,8 un mois avant. La lecture du jour traduit donc une nette contraction de l'activité en avril, dans un contexte économique particulièrement tendu compte tenu de la crise sanitaire actuelle.
Du côté du pétrole, le brent remonte encore à 25,50$, tandis que l'euro grimpe aussi à 1,0945/$ entre banques.

VALEURS EN HAUSSE

Valneva (+31%) et le géant américain Pfizer, ont annoncé aujourd'hui leur collaboration pour le développement et la commercialisation du vaccin de Valneva contre la maladie de Lyme, actuellement en essais cliniques de Phase 2 ! Valneva pourra recevoir des paiements d'un montant total de 308 millions de dollars dont un paiement initial de 130 millions de dollars, des paiements d'étape de 35 millions liés à l'avancée du développement du produit et jusqu'à 143 millions de dollars de paiements additionnels liés aux premières étapes de commercialisation du produit.

Balyo : +31% suivi de Immersion (+15%) et Europacorp

Maisons du Monde : 9% avec SES Imagotag

Colas : +6,5% avec Elis

Transgene : +4,5% suivi de Neoen, Ipsen

Tessi : +3,5% avec Devoteam, L'Oreal

Rubis : +2,5% avec Assystem, CGG, SMCP

Tikehau : +2% en compagnie de Coface, Virbac

LafargeHolcim (+2%) a connu un bon début d'année, les performances du premier trimestre étant restées en avance sur les résultats de l'année dernière jusqu'à la mi-mars, date de l'impact de COVID-19 qui s'est propagé au-delà de la Chine dans toutes les régions commerciales. Néanmoins, les résultats du premier trimestre sont restés résistants avec un chiffre d'affaires en repli de 3,3% à 5,293 MCHF et un EBIT récurrent en recul de 2,6% par rapport à la même période de l'année précédente, tous deux à périmètre constant, à 262 MCHF.

VALEURS EN BAISSE

Showrooprivé : -22% sur l'augmentation de capital, suivi de Amoeba

Société générale (-8,5%) a publié ce jeudi une perte nette de 326 millions d'euros au premier trimestre sur fond de correction des marchés financiers. L'établissement, qui a avancé de 6 jours la date de publication de ses résultats trimestriels, indique que ses activités de banque de financement et d'investissement ont accusé une perte nette de 537 millions d'euros sur le trimestre. Le groupe explique que ses activités de marché ont été impactées par "les dislocations de marché exceptionnelles de la fin du trimestre liées au COVID-19". Le produit net bancaire a chuté de 16,5% entre janvier et mars à 5,17 milliards d'euros. Pour 2020, Société générale a confirmé son objectif de baisse des frais généraux, tout en ajoutant que la banque prévoit de réduire ses coûts de 600 à 700 millions d'euros en plus cette année.

Bénéteau (-7%) : le résultat opérationnel courant (ROC) est, comme lors des exercices passés, négatif au terme du 1er semestre. Cette année, il ressort en baisse de 5,3 ME, à -8,7 ME. La perte nette ressort à -12,1 ME. Le groupe a redémarré la production sur trois sites depuis le 27 avril et prévoit la reprise progressive de l'activité sur l'ensemble de l'outil industriel d'ici mi-mai. Pour les divisions Bateau et Habitat, les annulations de commandes enregistrées à ce jour sont annoncées comme " relativement faibles et principalement constituées par des reports sur l'exercice prochain ". Toutefois, le groupe n'a pas suffisamment de visibilité à ce jour pour mesurer l'impact qu'aura eu la suspension de ses activités de production sur les comptes de l'exercice en cours. Beneteau travaille d'ores et déjà sur un nouveau plan stratégique qui repose sur une adaptation forte des produits et de l'organisation industrielle aux marchés futurs, et sur la reformulation du rôle qu'il ambitionne de jouer dans le monde de la plaisance et de l'habitat de loisirs. Une première vision de ce nouveau plan stratégique sera présentée le 9 juillet 2020 lors de la communication du chiffre d'affaires à 9 mois de l'exercice 2019-2020.

Renault : -7% avec BNP, Geci et Amundi

Crédit Agricole : -6% suivi de DBV et Accor

Rexel : -5% avec Publicis, STM, Eurazeo et Bouygues

Saint-Gobain : -4,5% avec Thales, Peugeot, Atos

TF1 (-4%) : Le chiffre d'affaires consolidé du premier trimestre 2020 s'élève à 493,9 ME de 10,8%. Hors effet périmètre, le chiffre d'affaires du groupe TF1 est en baisse de -8,5%. Après une performance en ligne avec nos attentes sur les mois de janvier et février, cette baisse s'explique par l'annulation progressive à compter du mois de mars de nombreuses campagnes publicitaires dans un contexte de crise lié au Covid-19. Le résultat opérationnel courant s'élève à 42 ME en recul de 20,9 ME. L'impact de la crise sur les 15 derniers jours de mars se traduit par une baisse du chiffre d'affaires publicitaire de l'ordre de 35 à 40 ME, générant un manque à gagner en marge brute d'environ 10 ME. Le résultat net part du Groupe s'établit à 24 ME en recul de 16,6 ME.

Natixis : -4% avec Legrand, Chargeurs, Seb

Safran (-3%) : Le chiffre d'affaires du 1er trimestre 2020 de ressort à 5,383 MdsE en données ajustées, en baisse de -398 ME soit -6,9% par rapport à la même période de 2019. L'impact a commencé à se matérialiser en mars sur l'activité de Safran. Le groupe évoque un plan d'adaptation en cours pour faire face à la forte baisse de l'activité ainsi qu'à la perspective d'une reprise progressive.

Suez (-2,5%) évalue l'impact du Covid-19 sur la croissance organique du chiffre d'affaires au premier trimestre à environ -2 points de pourcentage. Le chiffre d'affaires atteint 4,198 Milliards d'Euros en recul de -0,3% (+0,5% en organique). L'EBITDA s'élève 676 ME au 31 mars 2020, en baisse organique de -1,5% et de -2% à changes constants. Les effets de change sont défavorables à hauteur de -19 ME. L'EBIT s'élève à 231 ME, en baisse organique de -14,9% et de -16,2% à changes constants. Les effets de change s'élèvent à -15 ME. L'impact du Covid-19 sur l'EBITDA et l'EBIT au premier trimestre est estimé à environ -60 ME.

Lagardère (-2%) a fait état d'un chiffre d'affaires de 1,361 milliard d'euros au premier trimestre, en repli de 10,4% en données consolidées et de 12,5% en données comparables.

Michelin (-1%) : Au 1er trimestre 2020, dans un contexte de crise liée au COVID-19, les ventes ressortent en baisse de 8,3% à 5,33 milliards d'euros. Pour amortir les effets financiers de la crise économique majeure qui s'annonce, le groupe a mis en oeuvre dès mi-mars le pilotage hebdomadaire de l'équilibre offre / demande pour maîtriser les stocks, une baisse des investissements de 500 millions, une réduction de 330 millions d'euros du dividende proposé au vote des actionnaires, ainsi que le gel du programme de rachat d'actions au-delà des engagements fermes pris pour 2020 et qu'une réduction des coûts de structure. À ce jour, l'évolution de la pandémie et ses impacts économiques restent encore trop incertains pour établir avec fiabilité des prévisions de marché et un scénario de résultat associé, estime Michelin. Néanmoins, dans un contexte de forte baisse des cours de matières premières, le groupe s'attend à un effet net prix-mix /matières premières renforcé qui lui permettra de légèrement atténuer l'impact beaucoup plus prononcé de la baisse des volumes.

Orange (-0,5%) a dévoilé des résultats trimestriels en ligne avec les attentes du marché et explique ne pas voir de "déviation significative" par rapport à ses objectifs financiers annuels. Le chiffre d'affaires progresse de 1% à base comparable à 10,4 milliards d'euros, tiré par une solide croissance de l'Afrique et Moyen Orient et une progression du segment Entreprises, de la France et de l'Europe. Les revenus ont ainsi augmenté de 6,2% dans la région Afrique-Moyen-Orient et de 0,5% en France où l'opérateur dit avoir enregistré un premier trimestre record sur la fibre. L'Ebitdaal ("Ebitda after leases") s'améliore de 0,5% à 2,6 milliards d'euros et l'EBITDAaL des activités télécoms est en hausse de 0,1%.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.