Clôture Paris : le CAC40 revient proche de l'équilibre

Clôture Paris : le CAC40 revient proche de l'équilibre©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 29 octobre 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Le CAC40 a terminé stable à 4.569 pts (-0,03%) ce jeudi, après trois séances de forte baisse et près de 7% de perdus en vue du reconfinement en France qui durera au moins jusqu'au 1er décembre. L'Allemagne a opté de son côté pour un confinement plus limité, pendant un mois, qui implique notamment la fermeture des restaurants, des salles de sports et des théâtres mais les magasins pourront rester ouverts... Cet après-midi, la BCE a tenté de rassurer les marchés : "Le Conseil monétaire est déjà au travail pour 'recalibrer' l'ensemble des instruments à sa disposition pour maintenir des conditions financières favorables et aider à la reprise", a souligné Christine Lagarde. "Nous utiliserons toute la flexibilité dont nous disposons... Nous l'avons déjà fait pour la première vague, nous le ferons pour la seconde !". Autrement dit, la BCE pourrait éventuellement accroître la taille de ses programmes de rachat d'actifs mais également baisser ses taux... De quoi faire nettement reculer l'euro ce soir, vers les 1,16/$ entre banques.

ECO ET DEVISES

Christine Lagarde s'est exprimée devant la presse à la suite de la dernière décision de politique monétaire de la BCE ce jeudi après-midi. La présidente de l'Institution a commencé par indiquer que l'économie perdait plus rapidement de vigueur qu'anticipé et que les perspectives de court terme se sont détériorées. L'activité dans les services a notamment ralenti de manière visible. Des propos qui renforcent les attentes du marché autour de la réunion de décembre, rendez-vous au-cours duquel la BCE devrait accroître ses mesures de soutien à l'économie européenne.
Bien que les mesures de politique fiscale soutiennent les ménages et les entreprises, les consommateurs sont prudents face à la pandémie et à ses conséquences sur l'emploi et les revenus. En outre, la faiblesse des bilans et l'incertitude accrue quant aux perspectives économiques pèsent sur les investissements des entreprises. Du côté de l'évolution des prix, l'inflation globale est freinée par la faiblesse des prix de l'énergie et les faibles pressions sur les prix dans le contexte d'une demande faible et d'un ralentissement important sur les marchés du travail. Dans ces conditions, Christine Lagarde affirme que l'inflation restera négative jusqu'au début de 2021.

Le Conseil est déjà au travail pour 'recalibrer' l'ensemble des instruments à sa disposition pour maintenir des conditions financières favorables et aider à la reprise, souligne la dirigeante. "Nous utiliserons toute la flexibilité dont nous disposons... Nous l'avons déjà fait pour la première vague (de Covid-19), nous le ferons pour la seconde". Autrement dit, la BCE pourrait éventuellement accroître la taille de ses programmes de rachat d'actifs mais également baisser ses taux.
En attendant, la Banque centrale européenne a laissé ses taux inchangés et maintenu l'enveloppe de son programme d'achat d'urgence en cas de pandémie (PEPP) à 1.350 milliards d'euros. Dans le contexte actuel de risques clairement orientés à la baisse, le Conseil évaluera soigneusement les informations reçues, y compris la dynamique de la pandémie, les perspectives de déploiement des vaccins et l'évolution du taux de change. La nouvelle série de projections macroéconomiques établies par les services de l'Eurosystème en décembre permettra une réévaluation approfondie des perspectives économiques et de l'équilibre des risques. Sur la base de cette évaluation actualisée, le Conseil des gouverneurs recalibrera ses instruments, le cas échéant, pour répondre à la situation actuelle et pour faire en sorte que les conditions de financement restent favorables pour soutenir la reprise économique et contrecarrer l'incidence négative de la pandémie sur la trajectoire prévue de l'inflation. Cela favorisera la convergence de l'inflation vers son objectif de manière durable, conformément à son engagement en faveur de la symétrie.

La BCE a ainsi décidé que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,50%. Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas jusqu'à ce qu'il ait constaté que les perspectives d'inflation convergent de manière robuste vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2% sur son horizon de projection, et que cette convergence se reflète de manière cohérente dans la dynamique d'inflation sous-jacente.

Les achats d'actifs réalisés dans le cadre du PEPP contribuent à assouplir l'orientation générale de la politique monétaire, ce qui permet de compenser la baisse de la trajectoire prévue de l'inflation liée à la pandémie. Les achats continueront à être effectués de manière flexible dans le temps, entre les catégories d'actifs et entre les juridictions. Cela permet au conseil des gouverneurs de parer efficacement aux risques qui pèsent sur la transmission harmonieuse de la politique monétaire.

Le Conseil des gouverneurs procédera à des achats nets d'actifs dans le cadre du PEPP au moins jusqu'à la fin juin 2021 et, en tout état de cause, jusqu'à ce qu'il juge que la phase de crise du coronavirus est terminée. Le conseil des gouverneurs réinvestira les paiements du principal des titres arrivant à échéance achetés dans le cadre du PEPP au moins jusqu'à la fin de l'année 2022. En tout état de cause, la future liquidation du portefeuille du PEPP sera gérée de manière à éviter toute interférence avec l'orientation appropriée de la politique monétaire.

Quant aux achats nets réalisés dans le cadre du programme d'achat d'actifs (APP), ils se poursuivront à un rythme mensuel de 20 milliards d'euros, ainsi que les achats réalisés dans le cadre de l'enveloppe temporaire supplémentaire de 120 milliards d'euros jusqu'à la fin de l'année. Le Conseil des gouverneurs continue à s'attendre à ce que les achats effectués dans le cadre de l'APP durent aussi longtemps que nécessaire pour renforcer l'effet accommodant des taux directeurs et prennent fin peu avant qu'il ne commence à relever les taux directeurs de la BCE.
L'euro recule ce soir nettement à 1,1660/$. Le pétrole baisse aussi sur les 37,50$ le brent.

VALEURS EN HAUSSE

Gensight monte de 16% suivi de Showroomprivé (+15%), Navya (+11%) et Genomic (+10%)

TF1 (+8%) : le chiffre d'affaires consolidé des neuf premiers mois de 2020 s'élève à 1.361 ME, en recul de 15,7%. Après un premier semestre impacté par les effets de la crise liée au Covid-19, le troisième trimestre enregistre une hausse des recettes publicitaires +7,5%, par rapport au même trimestre de l'année dernière. Sur 9 mois, le résultat opérationnel courant s'élève à 125,6 ME, en baisse de 58,8 ME. Le résultat opérationnel au 3ème trimestre est de 57,8 ME, en amélioration de 36,4 ME liée d'une part à la hausse du chiffre d'affaires et d'autre part aux économies supplémentaires réalisées notamment sur le coût des programmes, 30,5 ME par rapport à 2019. Sur 9 mois, le résultat net part du Groupe s'établit à 77,1 ME, en recul de 40,7 ME sur un an.

Voluntis : +7% avec Abivax, Boiron, XFab

Orange gagne 6%. L'opérateur télécoms a confirmé ses objectifs annuels et souhaite le retour du dividende à 0,70 euro par action au titre de l'année 2020, "au vu des résultats du troisième trimestre et de la confiance dans l'atteinte de notre objectif de cash-flow organique pour l'année 2020". Sur les trois mois clos fin septembre, Orange a vu son Ebitdaal ("Ebitda after leases"), principal indicateur de sa rentabilité, limiter son repli à 0,4% à 3,58 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires en hausse de 0,8% à 10,6 milliards d'euros.

Innate : +5% avec Immobilière Dassault, Beneteau

Nexity (+5%) affiche à fin septembre 2020 un chiffre d'affaires de 2,737 milliards d'euros, en baisse de seulement - 2% par rapport à 2019. Nexity dispose d'une bonne visibilité avec un carnet de commandes de près de 6 milliards d'euros, un potentiel d'activité de près de 15 milliards d'euros de chiffre d'affaires en promotion, et une position de trésorerie solide, avec 919 millions d'euros de trésorerie et 355 millions d'euros de lignes de crédit bancaires confirmées et non tirées. Sauf mise en place de mesures de confinement conduisant à un arrêt prolongé des chantiers, Nexity se déclare aujourd'hui en mesure de préciser ses perspectives : environ 20.000 réservations de logements neufs attendues cette année, un chiffre d'affaires d'au moins 4,2 milliards d'euros en 2020 et en croissance d'au moins 10% en 2021, une marge opérationnelle courante de l'ordre de 5% en 2020 (point bas) et d'au moins 7% en 2021.

Worldline (+5%) se dit prêt à fonctionner comme une seule et même entreprise avec Ingenico, dès le 2 novembre. La mise en oeuvre des programmes d'intégration et de synergies est désormais possible. En particulier, la nouvelle organisation, prévoit notamment une refonte de l'organigramme opérationnel des Services aux Commerçants et la création d'une Ligne de Services Mondiale dédiée aux Solutions & Services de Terminaux (Terminal Solutions & Services).

Akka : +4,5% suivi de 2CRSI, Bic

FNAC Darty : +3,5% avec Chargeurs, Savencia, Aures et GTT

Spie : +3% suivi de Euronext, Savencia, ADP et Figeac (+2,5%)

Sodexo (+1,4%) est tombé dans le rouge sur l'exercice 2019-2020, crise oblige, accusant une perte nette publiée de 315 millions d'euros, contre un résultat net de 665 ME l'année précédente. Le résultat opérationnel atteint 65 ME, en chute de 91,1% à change constant, pour un chiffre d'affaires de 19,3 MdsE (-11,2% à change constant). Alors que la croissance interne du 1er semestre s'élevait à + 3,2%, celle du 2nd semestre, impactée par la pandémie de Covid-19, baisse de - 27,5%. Avec une croissance interne en retrait de -24,9% au 4e trimestre, la tendance s'améliore après un recul de -36% au 3e trimestre, ajusté des deux premières semaines non impactées par le confinement. La marge d'exploitation pour l'exercice s'établit à 2,9% contre 5,5% sur l'exercice précédent. Le consensus 'Bloomberg' attendait un résultat opérationnel sous-jacent de 471,3 millions d'euros pour des revenus de 19,26 MdsE.

LVMH (+0,4%) et Tiffany ont conclu ce jour un accord modifiant certains termes du contrat de fusion conclu en novembre 2019. Aux termes de cet accord, le prix d'offre a été diminué et est désormais de 131,50 dollars par action et la certitude de réalisation de l'opération a été renforcée. Les autres principes contenus dans le Merger Agreement demeurent inchangés. Cet accord met un terme à l'ensemble des actions judiciaires opposant devant la Cour du Delaware LVMH et Tiffany.

VALEURS EN BAISSE

Mersen (-6%) a réalisé au 3e trimestre 2020 un chiffre d'affaires consolidé de 208 millions d'euros, en recul de 9,8% à périmètre et changes constants. En tenant compte d'un effet de périmètre positif lié à l'intégration d'AGM Italy et GAB Neumann et d'un effet de change négatif principalement lié à la dépréciation du dollar US, ce recul est de -11,2 %. Mersen réalise au cours des 9 premiers mois de l'année 2020 un chiffre d'affaires consolidé de 638 ME, soit un retrait organique de -12,2 % par rapport à 2019 (718 ME à fin septembre 2019). Compte tenu de la situation économique actuelle et des mesures annoncées, le groupe prévoit en 2020 un recul organique des ventes compris entre -12% et -14%. La marge opérationnelle courante serait comprise entre 7% et 8%. Il comptabilisera des coûts non-récurrents à hauteur d'environ 55 ME sans produit d'impôts au niveau du Groupe, dont 30 ME n'ayant pas d'impact cash.

Albioma : -6% avec Cegedim, CGG

Actia : -5% avec Faurecia, Atari

Rallye : -4% suivi de TechnipFMC, Eutelsat,

Casino : -3% avec Stef et Lagardere (-2,5%)

Vallourec : -2% en compagnie de SES, Carrefour, Veolia, Thales, Tarkett

Sanofi (-1%) a une nouvelle fois révisé à la hausse son objectif de bénéfice net par action (BNPA) des activités à la faveur de résultats légèrement meilleurs que prévu au troisième trimestre, soutenus par la division de médecine de spécialités et celle des vaccins. Le groupe pharmaceutique a dit jeudi tabler sur un BNPA des activités en hausse de 7% à 8% à taux de changes constants pour 2020, alors qu'il prévoyait auparavant une progression comprise entre 6% et 7%. Le résultat net des activités a progressé de 9,4% au troisième trimestre à taux de changes constants, à 2,3 milliards d'euros, tandis que le chiffre d'affaires a augmenté de 5,7% à 9,48 milliards d'euros.

Airbus (-0,4%) a dévoilé des résultats supérieurs aux attentes du marché au troisième trimestre et indique viser l'équilibre en termes de "free cash-flow" (avant fusions et acquisitions et financement des client) au quatrième trimestre, dans l'hypothèse de l'absence d'une nouvelle dégradation de l'économie mondiale et du trafic aérien. Cet indicateur a atteint 600 millions d'euros sur juillet-septembre grâce un nombre de livraisons plus élevé qu'au trimestre précédent et un strict contrôle des coûts. L'Ebit ajusté trimestriel s'est établi à 820 ME, en repli de 49%, contre 705,1 ME de consensus, pour des revenus de 11,21 MdsE (-27%). Les recettes d'Airbus ont fléchi de 33%, celles d'Airbus Helicopters de 4%, et celles d'Airbus Defence and Space de 11%. La perte opérationnelle consolidée ressort à 626 ME, en raison notamment d'une provision de 1,2 milliard d'euros relative au plan de restructuration tandis que le déficit net atteint 767 ME contre un profit de 989 ME un an plus tôt. Sur neuf mois, la perte opérationnelle consolidée ressort à 2,1 MdsE, avec un flux de trésorerie avant M&A et financement clients négatif à hauteur de 11,8 MdsE.

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