Clôture Paris : le rebond se poursuit !

Clôture Paris : le rebond se poursuit !
Vue générale du Palais Brongniart, place de la bourse.

Boursier.com, publié le jeudi 26 mars 2020 à 18h00

LA TENDANCE

En net repli de plus de 2% en matinée, le CAC40 a finalement gagné 2,51% à l'issue d'une séance encore très volatile, ce qui porte à plus de 15% le rebond des trois dernières séances et à près de 25% depuis son point bas d'il y a 10 jours !
A Wall Street aussi, la hausse l'emporte pour la troisième séance d'affilée, alors que le gigantesque plan de relance américain en cours de validation au Congrès continue de soutenir les indices. Les données hebdomadaires de l'emploi ont montré l'étendue des dégâts, alors que les Etats-Unis entrent dans une crise sans précédent tandis que d'un point de vue sanitaire, le bilan de la pandémie de Covid-19 continue de s'aggraver rapidement, en particulier à New-York.
Les propos plutôt offensifs du président de la Fed tendent également à doper les marchés. Alors que la Réserve fédérale a déjà sorti l'artillerie lourde, Jerome Powell a déclaré que la Fed ne sera pas "à court de munitions" pour maintenir la stabilité de l'économie...

ECO ET DEVISES

Le Sénat a adopté mercredi soir un plan de soutien à l'économie de 2.000 milliards de dollars pour faire face au coronavirus. Le texte doit désormais être approuvé par la Chambre des représentants, contrôlée par l'opposition démocrate, avant d'être envoyé le cas échéant à Donald Trump pour promulgation. Le vote de la Chambre devrait avoir lieu vendredi.
Dans le détail, ce plan prévoit notamment 500 milliards de dollars pour soutenir les entreprises industrielles les plus affectées via des prêts ou des subventions. Le secteur du transport aérien, frappé de plein fouet par la crise, bénéficiera de 25 Mds$ de subventions aux compagnies transportant des passagers et 8 Mds$ pour le fret aérien et les prestataires de service en aéroport, dont les services de restauration. Les aéroports eux-mêmes bénéficieront de 10 Mds$. En outre, les compagnies aériennes devraient avoir accès à 29 Mds$ de crédit. Par ailleurs, 500 Mds$ seront affectés aux aides directes pour les Américains, qui pourront aller jusqu'à 3.000 dollars par foyer sous forme de chèques envoyés à des millions de ménages.

A ce titre, les données hebdomadaires de l'emploi constituent un premier indicateur des ravages causés par la pandémie sur le marché de l'emploi : Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 21 mars, que les inscriptions au chômage ont atteint le niveau record de 3,283 millions, en hausse de 3 millions par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 282.000. Le consensus Bloomberg était positionné à 1,64 million. Le précédent record datait de 1982 avec 695.000 inscriptions.

Les dirigeants du G20 ont affirmé de leur côté leur détermination à former un front uni contre la pandémie de coronavirus, parlant de "priorité absolue" pour répondre à ses conséquences sanitaires, sociales et économiques.
Lors d'une vidéoconférence, les chefs d'Etat et de gouvernement des 20 premières économies mondiales ont dit vouloir restaurer la confiance, préserver la stabilité financière et relancer la croissance économique.
Ils ont ajouté être déterminés à rétablir le bon fonctionnement des chaînes d'approvisionnement mondiales et demandé à leurs ministres des Finances et aux dirigeants de leurs banques centrales d'assurer une coordination régulière de leurs actions en lien avec les organisations internationales, afin d'élaborer un plan d'action commun face à la pandémie.

En Europe, les indicateurs de sentiment économique continuent de montrer une très forte dégradation comme l'attestent la chute du climat des affaires en France en mars et la forte baisse du moral des ménages allemands à l'approche du mois d'avril. Côté entreprises, les abandons de prévisions financières pour 2020 se multiplient de part et d'autre de l'Atlantique.
Les cours du pétrole consolident après trois séances de progression ce soir : Le cours du brut léger américain WTI cède 3% à 23,7$, tandis que le Brent de mer du Nord rend 2% à 26,70$.
Enfin, sur le marché des changes, le dollar recule pour la 5ème séance consécutive. L'euro repasse même les 1,10/$ entre banques.

VALEURS EN HAUSSE

Eurobio Scientific (+24%) a reçu le marquage CE pour son test propriétaire EBX 041 SARS CoV2, développé spécifiquement pour le diagnostic clinique du COVID-19. Le test est produit en interne par Eurobio, dans ses locaux des Ulis récemment rénovés et suit le processus normatif règlementaire ISO 13481. La capacité de production est de plus de 200 kits de 96 tests, soit près de 20.000 tests par jour, avec une capacité de tripler ce volume selon la demande. Il s'agit d'un test de PCR (basé sur la détection des séquences d'ADN) en temps réel multiplexé directement utilisable sur un grand nombre d'instruments thermocycleurs ouverts, présents dans les laboratoires de diagnostics. Il permet la détection rapide (1h15) après extraction, des gènes d'identification du virus SARS COv2 tel que recommandé par l'organisation Mondiale de la Santé (OMS). Parallèlement, Eurobio Scientific poursuit la distribution du test de son partenaire sud-coréen SEEGENE, dont il est distributeur exclusif en France. Avec près de 60 laboratoires et plateaux techniques installés en France (publics et privés), Eurobio précise que le carnet de commandes (ventes + commandes) de ces tests et instruments liés s'élève à ce jour à environ 5 millions d'euros.

Natixis rebondit de 23% avec le secteur financier. Les autorités européennes envisageraient en effet d'accorder encore plus de souplesse aux établissements financiers pour faire face à la crise sanitaire internationale. Selon un document que s'est procuré 'Bloomberg' hier, une des options à l'étude consisterait à suspendre temporairement une partie des règles comptables connues sous le nom d'IFRS 9, qui ont été introduites en 2018 et ont obligé les banques à comptabiliser des pertes sur les prêts douteux à un stade plus précoce qu'auparavant...La semaine dernière, la Banque centrale européenne avait assuré aux banques qu'elle ferait preuve de souplesse dans l'application des réglementations existantes... Les autorités ont déjà permis aux prêteurs d'utiliser une partie de leurs "coussins financiers" pour assurer leur activité.
Une autre possibilité envisagée serait la prolongation d'une période de transition qui a été convenue avant l'entrée en vigueur de la norme IFRS 9 en 2018. Cela permettrait de limiter la volatilité au niveau du capital des banques et de leur laisser plus de marge de manoeuvre avant que des restrictions automatiques sur les paiements aux actionnaires ne soient déclenchées...
A noter que la BCE n'appliquera pas les limites qu'elle s'est elle-même imposées dans le cadre de son nouveau programme d'achat d'obligations de 750 milliards d'euros. Alors que la Banque centrale avait signalé dans sa décision d'urgence du 18 mars qu'elle "envisagerait" de réviser ces limites, le texte juridique que s'est procuré l'agence Reuters montre que ces dernières ont déjà été supprimées. Les achats d'obligations étaient auparavant plafonnés à 33% de la dette de chaque pays...

Airbus regagne 20%, Poxel (+18%) suivi d'Europcar (+16%)

Lagardere : +14% alors que la pression monte sur la direction en vue de l'AG

Safran : +12% avec 2CRSI et Ingenico (+11%)

Gecina : +10% avec Haulotte, Rexel et Getlink

Capgemini : +9% suivi de Eiffage, Lisi (+8%)

Accor : +8% avec Thales, FNAC Darty, GTT

Ubisoft : +7% avec Bonduelle, Groupe Crit, Synergie

Bic : +6% avec Korian, Legrand

Veolia : +5% en compagnie de Renault, Carrefour, Bouygues, Rubis

Vicat : +4% avec Icade, Edenred

Suez (+3%) : les objectifs 2020 sont suspendus. "Il est clair pour nous que, comme toutes les industries, nous sommes susceptibles d'être significativement impactés en 2020 par les conséquences du confinement de la population. Nous suivons de très près la situation et informerons le marché en temps voulu à mesure que les tendances se préciseront", indique le Conseil d'administration.

Pernod Ricard (+1,8%) a finalisé l'acquisition de la totalité du capital de Monkey 47 qui produit du gin ultra-premium. Son fondateur, Alexander Stein, restera impliqué dans le développement de la marque.

Casino (+1,7%) a dévoilé ses résultats 2019 et suspend ses prévisions financières initiales pour 2020 et au-delà en raison des incertitudes liées au coronavirus. Sur l'exercice écoulé, le groupe stéphanois enregistre un résultat opérationnel courant de 1,292 milliard d'euros, en hausse de 5,5% à changes constants (hors crédits fiscaux). L'EBITDA progresse de 0,6% (à changes constants) à 2,64 MdsE pour un chiffre d'affaires en hausse de 0,9% (+4,2% à changes constants) à 34,645 MdsE.

Aubay (+1,5%) a publié de solides résultats 20198 et décidé de laisser inchangé à 0,60 euro par action son dividende. Les prévisions 2020 sont cependant suspendues et le groupe constate un chiffre d'affaires journalier inférieur de 10% au niveau budgété depuis mi-mars. L'impact est cependant différent selon les pays avec une baisse de l'ordre de 15% en Espagne et en France, de 10% au Bélux, de 5% en Italie. Le Portugal n'est pas impacté à date.

VALEURS EN BAISSE

Klepierre : -8% suivi de Tarkett (-7%), Euronext et Thermador (-7%)

Publicis : -6% avec Imerys (-5%) et Geci

SES : -4,5% avec Manitou, Nicox (-3,5%) et XPO

Guerbet : -3% suivi de DBV, Actia, Innate, Solocal

Colas : -2% avec Alstom, Plastic Omnium

Ipsen (-1,7%) a annoncé aujourd'hui la reprise prochaine du palovarotène par les patients âgés de 14 ans et plus participant actuellement au programme clinique de la fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP). Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a confirmé que la reprise du traitement par les patients âgés de 14 ans et plus ne pose aucun problème de sécurité.

TF1 : -1,5% avec Vilmorin, Chargeurs, Faurecia, Ipsen, Eramet

Bastide (-1%) a dégagé sur la première moitié de son exercice 2019-2020 un résultat opérationnel courant en hausse de +10,1%, à 15,7 ME (dont +0,3 ME lié à l'impact de l'application de la norme IFRS 16). La marge opérationnelle courante ressort à 8,9% (8,6% hors impact des normes comptables).

Engie (stable) : l'agence de notation financière Standard & Poor's a placé mercredi sous surveillance avec implication négative la note de crédit "A-/A-1" à long et court terme du groupe dans un contexte d'épidémie de coronavirus, de réduction des marges de manoeuvre financières, et sur fond de changement de gouvernance du groupe.

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