Clôture Paris : léger repli du CAC 40, le doute persiste

Clôture Paris : léger repli du CAC 40, le doute persiste
Deux traders souriants sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le mardi 12 mai 2020 à 18h00

Le CAC 40 a terminé la journée en très légère baisse ce mardi, échouant sur les 4.500 points. L'indice phare parisien recule de 0,39% en clôture à 4.472 points, dans un climat d'incertitude, entre espoirs de reprise économique et craintes d'une deuxième vague épidémique.

Les investisseurs sont dans l'expectative face au coronavirus et à la crise sanitaire qu'il a engendrée. Ils observent, inquiets, la possibilité d'une "deuxième vague" significative, avec des mesures nouvelles de confinement prises en Corée du Sud et en Chine dans le foyer initial de Wuhan où des nouveaux cas sont apparus pour la première fois depuis 1 mois. Des réflexions en ce sens existent aussi en Allemagne au niveau régional. Des craintes légitimes alors que les principaux pays occidentaux, les plus touchés par le virus, ont tous entamé un déconfinement progressif...

Dans un nouveau point, la Banque de France estime la perte d'activité globale en France pour une semaine-type de confinement en avril autour de 27% contre environ 32% en mars. Selon l'enquête mensuelle de conjoncture menée du 28 avril au 6 mai, les pertes d'activité restent ainsi importantes en avril, mais de moindre ampleur que fin mars à l'exception de certains secteurs comme les services aux ménages.

S'agissant des perspectives pour le mois de mai et le début de sortie du confinement, les chefs d'entreprise interrogés s'attendent dans la plupart des secteurs (à l'exception de la restauration et de l'hébergement) à un redémarrage partiel de leur activité.

Wall Street reste également incertain ce mardi, proche de l'équilibre à mi-parcours. Le baril de brut WTI rebondit de 5% à 25,3$ sur le Nymex, alors que le Brent de la mer du Nord s'accorde 1% vers les 30$. L'once d'or remonte de 1% sur les 1.700$.

Donald Trump est assez survolté ce jour sur Twitter. "Tant que d'autres pays bénéficient des avantages des taux négatifs, les États-Unis devraient également accepter le 'CADEAU'", lance par exemple le président américain, qui apprécierait visiblement que la Fed assouplisse encore sa politique au point d'obtenir des taux négatifs.

A propos du pétrole, le leader américain ajoute : "Les prix du Pétrole Brut augmentent alors que l'Arabie saoudite réduit ses niveaux de production. Nos grandes Compagnies d'Energie, avec des millions d'EMPLOIS, recommencent à bien paraître. Dans le même temps, les prix de l'essence sont à des niveaux historiquement bas (comme une grosse Baisse d'Impôt). Le MEILLEUR des Mondes. 'Transition vers la grandeur'".

"Les Américains sont des GUERRIERS!", lance aussi le locataire de la Maison blanche, visiblement en grande forme. A propos de la pandémie, Trump estime : "Nos tests sont les MEILLEURS au monde, de loin! Les chiffres sont en baisse dans la plupart des régions de notre Pays, qui veut ouvrir et recommencer. Ça se passe, en toute sécurité!"

Sur le front économique ce jour, l'indice des prix à la consommation aux États-Unis pour le mois d'avril 2020 est ressorti en retrait de 0,8% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus de marché. Hors alimentation et énergie, le CPI américain du mois d'avril a baissé pour sa part de 0,4% par rapport au mois précédent, contre un consensus de -0,2%.

La balance budgétaire américaine du mois d'avril sera révélée à 20 heures et devrait ressortir assez catastrophique (consensus... -729,7 milliards de dollars de déficit !).

Selon l'Université Johns Hopkins, le nouveau coronavirus a contaminé désormais 4,21 millions de personnes dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont 1,35 million aux USA, 232 milliers en Russie, 227 milliers en Espagne et 224 milliers au Royaume-Uni. Le virus a fait plus de 287.158 morts dans le monde, dont 81.000 aux Etats-Unis et plus de 32.000 au Royaume-Uni.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui avait prévenu en avril qu'il ne fallait pas s'attendre à un vaccin contre le Covid-19 avant 12 mois au moins, a évoqué ce jour des données potentiellement positives relatives à certains traitements semblant limiter l'effet ou la durée de la maladie. L'OMS entend porter une attention plus particulière aux quatre ou cinq traitements potentiels les plus prometteurs. L'organisation basée à Genève avait initié fin avril, avec le soutien de dirigeants de nombreux pays, un projet destiné à accélérer le développement de tests, traitements et vaccins contre le nouveau coronavirus, et à fournir un accès généralisé à ces produits. Plus de 100 vaccins potentiels sont en développement, alors que plus de 800 essais cliniques tentent d'évaluer des dizaines de traitements potentiels, estime Reuters.

Enfin, sur le front commercial avec la Chine, la détente semble se confirmer, alors que Washington avait auparavant critiqué vivement la gestion chinoise de la crise sanitaire. La Chine a présenté aujourd'hui une liste supplémentaire de 79 produits américains qui pourront bénéficier d'exemptions des droits de douane imposés au plus fort de la guerre commerciale. Le ministère chinois aux Finances a précisé que les dérogations entreraient en vigueur le 19 mai et pour un an. Les exemptions nouvelles concernent notamment des métaux issus des terres rares, des minerais traités d'or et d'argent... USA et Chine avaient signé en janvier un accord commercial de phase 1 prévoyant une baisse des taxes à l'importation et l'achat par Pékin de 200 milliards de dollars de biens et services américains supplémentaires sur deux ans. La crise sanitaire avait cependant attisé de nouveau les tensions, et Trump avait même menacé de résilier l'accord.

VALEURS EN HAUSSE

* Alstom s'adjuge 6,9%, le marché saluant la publication annuelle du groupe ferroviaire. Sur l'exercice clos fin mars, le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 8,2 milliards d'euros, en progression de 1% à données comparables et un résultat d'exploitation ajusté de 630 millions d'euros (+4%), conduisant à une marge de 7,7%. Alstom, qui a renoncé à verser un dividende pour cette année, estime que la crise sanitaire aura un impact négatif sur la performance financière de l'exercice 2020-2021 qu'il n'est pas en mesure d'évaluer à ce stade. Le management a néanmoins maintenu ses objectifs de moyen terme en termes de marge d'exploitation ajustée et de conversion du résultat net en cash-flow libre.

* Iliad (+4,1%) a publié un chiffre d'affaires en hausse de 6,9% sur les trois premiers mois de l'année, à 1,382 MdE, tiré par la poursuite de la bonne dynamique commerciale en Italie (150 millions de chiffre d'affaires sur 3 mois), la hausse du chiffre d'affaires services en France (+4,2%), deux facteurs absorbant la baisse des ventes d'équipements qui contrairement au 1er trimestre 2019 n'ont pas bénéficié d'un nouveau lancement de produit (Freebox Delta). Dans un marché français qui reste très concurrentiel, au 1er trimestre 2020, le chiffre d'affaires enregistre un cinquième trimestre consécutif de croissance, en hausse de 1,7% à 1.233 millions d'euros.

* Delta Plus Group gagne 2,2%. Le groupe a bien commencé 2020 avec un chiffre d'affaires trimestriel de 67,7 millions d'euros, en progression de 14% dont +5,1% en organique. Le fabricant et distributeur d'équipements de protection individuelle a enregistré un niveau élevé de ventes de masques et de combinaisons jetables (qui représentent environ 5% du chiffre d'affaires du groupe), et dans une moindre mesure de certains gants et lunettes de protection. Ces ventes ont conduit, pour plusieurs de ces références de produits, à des ruptures de stocks et à des difficultés de réapprovisionnements durables.

VALEURS EN BAISSE

* CGG recule de 12,4% après la publication de résultats trimestriels négatifs avec une perte nette de 98 M$. L'EBITDAs des activités atteint 123 M$, en hausse de 3%, pour un chiffre d'affaires des activités de 271 M$, en baisse de 4%. Le consensus Factset tablait sur une perte nette de 29 M$ pour des revenus de 265 M$. Dans la crise actuelle, la société explique se concentrer sur la gestion de sa liquidité, la réduction de ses investissements et des coûts cash, l'ajustement "si nécessaire" de son organisation et le maintien en parallèle de ses efforts de R&D. CGG dispose de 624 millions de dollars de trésorerie à fin mars et aucune dette obligataire à rembourser avant avril 2023.

* Engie (-4,3%) a dévoilé des résultats trimestriels en retrait, pénalisés par les premiers effets de la pandémie de Covid-19 et une météo défavorable. Sur les trois premiers mois de l'année, la firme enregistre ainsi un Ebitda de 3,1 milliards d'euros, en baisse de 1,8% en brut (+1,4% en organique) pour un chiffre d'affaires de 16,5 milliards d'euros, en repli de 3,7% en brut et en organique. Le résultat opérationnel courant s'élève à 1,9 MdE, en baisse de 6,6% en brut et de 2,1% en organique. Hors effet négatif des températures en France, le ROC aurait augmenté de 2,1% en organique, précise Engie. Les cash-flow des opérations atteint 0,2 milliard d'euros, en hausse de 0,1 MdE en raison d'effets timing des appels de marge sur produits dérivés, et d'une baisse des impôts payés.

* Safran reste en baisse de 1,5%. Jefferies est passé de 'sous-performer' à 'conserver' avec un objectif ramené de 120 à 75 euros. Safran annonce par ailleurs ce soir le succès de son offre d'obligations à option de conversion et/ou d'échange en actions nouvelles et/ou existantes (OCEANE) à échéance 15 mai 2027 pour un montant nominal d'environ 800 millions d'euros.

* Genfit, gadin du jour, chute de 65,7%. Les espoirs concernant sa principale molécule, l'Elafibranor, dans la Nash, la maladie du "foie gras" sont douchés avec l'échec de sa phase III. Les résultats étaient attendus, ils sont tombés hier soir. L'Elafibranor n'a pas démontré d'effet statistiquement significatif sur le critère principal de résolution de la NASH sans aggravation de la fibrose. L'essai n'a donc pas atteint le critère d'évaluation principal prédéfini de résolution de la NASH sans aggravation de la fibrose dans la population ITT de 1070 patients. Le taux de réponse observé dans le bras composé des 717 patients ayant reçu elafibranor 120mg a été de 19,2%, contre 14,7% dans le bras placebo.

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