Clôture Paris : les 5.400 points n'ont pas tenu...

Clôture Paris : les 5.400 points n'ont pas tenu...©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 31 mai 2018 à 18h00

LA TENDANCE

Après une tentative timide de rebond en matinée, le CAC40 a rechuté ce jeudi après-midi, dans le sillage de Wall Street, terminant sa course en baisse de 0,53%, sous les 5.400 pts, à 5.398 pts en clôture. L'indice parisien enregistre ainsi une septième séance consécutive de recul, pour une perte cumulée de près de 5%... Outre la crise politique qui frappe actuellement l'Italie, les investisseurs se remettent à redouter une guerre commerciale de grande ampleur initiée par les Etats-Unis...

ECO ET DEVISES

Washington vient en effet d'annoncer l'instauration, à partir du 1er juin, de droits de douane sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) en provenance de l'Union européenne, du Canada et du Mexique, estimant que les négociations commerciales avaient progressé, mais pas suffisamment pour justifier une prolongation des exemptions... L'UE devrait de son côté prendre des mesures de rétorsion en réponse à cette décision... En outre, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine restent vives.

En Italie, les chefs de file du Mouvement 5 Etoiles et de la Ligue se sont rencontrés à nouveau à Rome aujourd'hui pour tenter de trouver un ministre de l'Economie afin de former un gouvernement de coalition et ainsi éviter des élections anticipées...

L'inflation a bel et bien accéléré dans la zone euro. Confirmant les données dévoilées en Espagne, en Allemagne et en France notamment, Eurostat indique que les prix à la consommation ont augmenté de 1,9% sur un an en mai, contre une hausse 1,2% le mois précédent. Le consensus tablait sur une hausse à 1,6%. L'inflation annuelle 'core' accélère également, à 1,1%, après +0,7% en avril, et contre +1% attendu par le marché.

Le taux de chômage, corrigé des variations saisonnières, s'est établi à 8,5% en avril dans la zone euro, en baisse par rapport au taux de 8,6% du mois de mars, et au plus bas puis décembre 2008. Le consensus tablait néanmoins sur un repli plus important à 8,4%. Eurostat estime qu'en avril, 17,462 millions d'hommes et de femmes étaient au chômage dans l'UE28, dont 13,880 millions dans la zone euro. Sur un mois, le nombre de chômeurs a diminué de 53.000 dans l'UE28 et de 56.000 dans la zone euro.

La France voit à son tour les prix à la consommation augmenter plus rapidement que prévu en mai. Selon les données provisoires de l'Insee, l'inflation annuelle atteindrait 2% ce mois-ci contre 1,6% en avril et 1,9% de consensus. Cette hausse de l'inflation résulterait d'une vive accélération sur un an des prix de l'énergie et, dans une moindre mesure, des prix des produits alimentaires. De plus, les prix des produits manufacturés reculeraient un peu moins que le mois précédent. Les prix du tabac ralentiraient quant à eux légèrement et l'inflation dans les services serait inchangée, précise l'Insee. Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient également un peu plus fortement qu'en avril (+0,4% après +0,2%). Le consensus tablait sur une progression de 0,3%. Harmonisée aux normes européennes, l'indice des prix à la consommation accélérerait également, à +2,3% après +1,8% en avril, et contre +2,1% attendu. Sur un mois, il augmenterait aussi plus fortement, à +0,4% après +0,2% le mois précédent.

D'après le rapport gouvernemental ce jeudi, les revenus personnels des ménages américains pour le mois d'avril 2018 sont ressortis en augmentation de +0,3%, en ligne avec le consensus. Les dépenses personnelles de consommation ont quant à elles progressé de 0,6% en comparaison du mois précédent, contre +0,4% de consensus. Enfin, l'indice ajusté des prix ('core PCE') a augmenté de 0,2% par rapport au mois précédent, contre +0,1% de consensus (+1,8% en glissement annuel, conforme aux attentes). Le PCE Price Index monte pour sa part de 2%, également en ligne avec le consensus.

Selon le Département au Travail américain ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires US au chômage se sont inscrites au nombre de 221.000 sur la semaine passée, en repli de 13.000 en comparaison de la semaine antérieure. Le consensus tablait sur 224.000 inscriptions.

D'après la dernière étude de la firme Challenger, les destructions d'emplois annoncées en mai 2018 par les entreprises aux États-Unis sont ressorties au nombre de 31.517, contre 36.081 un mois avant.

L'indice manufacturier PMI de Chicago du mois de mai 2018 est ressorti à 62,7, contre un consensus de 58,4 et un niveau de 57,6 en avril.

D'après la National Association of Realtors américaine ce jeudi, les promesses de ventes de logements aux États-Unis pour le mois d'avril 2018 sont ressorties en baisse de -1,3% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +0,4% et +0,6% un mois auparavant. L'indice du mois d'avril atteint ainsi 106,4, contre 107,8 un mois avant.

D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'Energie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont reculé de 4,2 millions de barils lors de la semaine close au 25 mai, à 434,5 millions de barils. Le consensus tablait sur une baisse de 0,4 million de barils. Les stocks d'essence ont eux progressé de 0,5 million de barils, alors que les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont augmenté de 0,6 million de barils.

Sur le marché des changes, l'Euro vaut désormais 11658$. Du côté du pétrole, le baril WTI ressort à 67,5$ et le Brent s'affiche à 77,9$.

VALEURS EN HAUSSE

* Worldline (+3,9%). Le courant acheteur est attisé par un relèvement d'objectif de broker : Bryan Garnier vise à présent 50 euros sur le spécialiste des services de paiement contre 43 euros précédemment, en confirmant son opinion "achat". Le bureau de recherche justifie le coup de pouce sur sa "fair value" par l'intégration de SIX dans ses projections, dont la valorisation, synergies incluses, apporte un bonus additionnel de 7 euros par action à Worldline. Bryan Garnier note par ailleurs que la filiale d'Atos conserve un bilan de grande qualité après cette opération de croissance externe, avec un profil de "consolidateur" du marché européen du paiement toujours de mise.

* Atos (+3,7%) bénéficie aussi du relèvement de l'objectif de cours de Bryan Garnier : de 154 à 163 euros. Le bureau d'analyses pense qu'il est temps pour le groupe présidé par Thierry Breton de profiter de "l'effet SIX" qui a porté ces dernières semaines sa filiale dans le sillage de l'annonce de cette acquisition structurante. En intégrant dans ses projections les synergies qui devraient être dégagées d'ici 2022 par Worldline avec SIX, estimées à 110 ME en termes d'Ebitda, Bryan Garnier relève de 5% son hypothèse de bénéfice par action en 2019 pour Atos et de 6% en 2020.

* Abivax (+3%) après avoir dévoilé de nouvelles données caractérisant le mécanisme d'action de son candidat médicament ABX464 dans le VIH et la colite ulcéreuse, actuellement en phase 2.

* Atari (+2,4%) reste recherché avec le lancement des précommandes de sa console, Atari VCS.

* Sur le CAC40, Safran gagne aussi 1,4% avec Airbus (+0,6%) ou encore Vivendi (+0,4%).

VALEURS EN BAISSE

* Wavestone (-3,7%). L'heure est venu de jouer la prudence estime Portzamparc qui, dans une note publiée ce jeudi, abaisse de "renforcer" à "conserver" sa recommandation sur le dossier malgré un cours cible relevé de 159,7 à 166,5 euros. Pour le broker, la stratégie et son exécution restent excellents, le tout dans un contexte résolument favorable. Mais la valorisation, ainsi que la perspective d'une année de construction à l'international incitent le broker à faire une pause.

* Michelin recule de 2,1% après un rebond de 1,2% hier.

* Pas de rebond pour les bancaires : Société Générale perd 1,6% avec BNP Paribas (-2,2%), Crédit Agricole (-1,2%) ou encore Natixis (-1%).

* Renault cède 1,2% et PSA Groupe recule de 2,1%. Les deux constructeurs se sont-ils entendus pour gonfler pendant des années le prix de certaines pièces détachées ? Tout porterait à le croire selon des documents confidentiels, obtenus par 'Mediapart' et l'EIC (European Investigative Collaborations). Utilisant un logiciel fourni par Accenture, "qui permet de réaliser des hausses de prix de façon presque indétectable", les deux constructeurs français auraient réalisé chacun des profits de plus de 100 millions d'euros par an en augmentant artificiellement le prix de certaines pièces détachées. "À partir de la fin des années 2000, Renault et PSA Peugeot Citroën ont opéré une hausse de 15% des prix des pièces détachées pour lesquelles ils sont en situation de monopole... Renault et PSA ont ainsi soutiré, au niveau mondial, environ 1,5 milliard d'euros aux automobilistes en dix ans", écrit Mediapart. Les deux groupes ont formellement nié ces accusations. Répondant au journal, Renault a indiqué ne s'être "engagé dans aucune coordination, de quelque forme que ce soit, avec PSA" et n'avoir jamais "emprunté une démarche qui puisse relever, de près ou de loin, d'une violation des règles de concurrence". De son côté, PSA "conteste totalement" ces "accusations infondées".

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