Clôture Paris : pas de rebond pour le CAC 40

Clôture Paris : pas de rebond pour le CAC 40
bourse

Boursier.com, publié le vendredi 16 novembre 2018 à 18h00

LA TENDANCE

Au rebond en début de séance, le CAC 40 a reperdu ses gains dans le sillage de Wall Street ce vendredi, terminant sa course à 5.025 points en clôture (-0,17%), après avoir touché un plus bas de 4.986 pts en début d'après-midi. Les investisseurs, qui suivent toujours la crise politique au Royaume-Uni autour du pénible dossier du Brexit, attendent d'en savoir plus sur les négociations commerciales compliquées entre la Chine et les Etats-Unis. Du côté des valeurs à Paris, Vallourec s'écroule de plus de 30% après ses comptes trimestriels. Sur le CAC 40, Vivendi se distingue en revanche à la hausse, grâce à un troisième trimestre plutôt dynamique. Sur l'ensemble de la semaine, l'indice parisien cède 1,6%...

ECO ET DEVISES

Concernant le Brexit, le FMI a rappelé que quitter l'Union européenne sans accord commercial de transition viendrait réduire le PIB de la Grande-Bretagne de 6% environ, par comparaison avec le fait de rester purement et simplement dans l'UE. Une sortie assortie d'un accord commercial réduirait de moitié (à environ 3% donc) les dégâts occasionnés par les barrières commerciales et la réduction de l'investissement étranger et de l'immigration, a ajouté le Fond monétaire international. Avant même le référendum du 23 juin 2016, le fonds avait estimé le coût d'un Brexit entre 1,4% à 5,6% du PIB britannique à court terme, suivant les conditions du départ. Theresa May a donc annoncé mercredi depuis Londres, à l'issue d'une réunion de cinq heures de son cabinet, que "la décision collective du cabinet est que le gouvernement doit approuver le projet d'accord". "C'est un pas décisif qui va nous permettre d'avancer et de finaliser l'accord", a-t-elle ajouté.

L'accord, un texte long de 585 pages, doit maintenant être approuvé par le Parlement, où Mme May espère vaincre les oppositions. Le projet devra notamment obtenir le soutien des députés nord-irlandais du DUP, parti allié aux Conservateurs, qui ont exprimé jusqu'ici leurs réserves. La question de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord a en effet été le principal point d'achoppement dans les négociations, et avait fait échouer in extremis un premier projet d'accord lors d'un sommet européen en octobre. Le texte approuvé mercredi soir prévoit un mécanisme de garantie pour éviter le retour à une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord. Cette clause dite de "sauvegarde" ("backstop") prendra la forme d'un accord douanier temporaire pour l'ensemble du Royaume-Uni, avec des mesures spécifiques pour l'Irlande du Nord, qui restera plus en phase avec les réglementations du marché unique que le reste du Royaume-Uni.

Le taux d'inflation annuel de la zone euro s'est établi à 2,2% en octobre 2018 selon Eurostat, contre 2,1% en septembre 2018 et 1,4% un an avant. Cette lecture finale est conforme à l'estimation préliminaire et ressort en ligne avec les attentes de marché. Le taux d'inflation annuel de l'Union européenne s'est également établi à 2,2% en octobre 2018, contre 2,1% en septembre. Un an avant, il était de +1,7%. D'après l'office statistique de l'Union européenne, l'inflation 'core' finale en zone euro s'est établie quant à elle à +1,1%, en ligne ici encore avec le consensus de place, et conforme à l'évaluation préliminaire précédemment fournie. Les taux annuels les plus faibles d'inflation ont été observés au Danemark (0,7%), au Portugal (0,8%) et en Irlande (1,1%). Les taux les plus élevés ont concerné l'Estonie (4,5%) et la Roumanie (4,2%), ainsi que la Hongrie (3,9%). Par rapport au mois de septembre 2018, l'inflation annuelle a baissé dans huit Etats membres, est restée stable dans cinq et a augmenté dans quatorze autres.

Un responsable de l'administration américaine, cité par l'agence Reuters, a affirmé que la réponse écrite de Pékin aux demandes US de réforme commerciale ne devrait pas déclencher d'avancée décisive dans les négociations entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping plus tard ce mois. La Chine a fourni ce document à l'administration Trump plus tôt cette semaine, après des mois de demandes insistantes de la part des responsables américains. Il s'agissait d'obtenir de la part de Pékin des engagements suffisants pour relancer les négociations commerciales au plus haut niveau... Le fait que Pékin réponde constituait une bonne chose. Néanmoins, selon le responsable cité par Reuters, la liste des points non-négociables pour la Chine ne serait pas acceptable pour les USA. De plus, la liste globale fournie par Pékin doit être prise avec des pincettes, selon le responsable, qui rappelle que la Chine s'était précédemment engagée à des réformes économiques et commerciales sans finalement donner suite.

La production industrielle américaine du mois d'octobre 2018 a progressé de 0,1% en comparaison du mois antérieur, selon la Fed ce vendredi. Le consensus des économistes de la place était de +0,2% sur la période. La croissance de la production pour le mois de septembre a pour sa part été révisée en baisse à +0,2%, contre +0,3% auparavant estimé. La production manufacturière américaine a grimpé de 0,3% au mois d'octobre 2018, par rapport au mois précédent, en ligne avec les attentes de marché.

Le taux d'utilisation des capacités de production US pour le mois d'octobre est ressorti à 78,4%, contre 78,2% de consensus de place et 78,5% un mois auparavant. Le taux d'utilisation des capacités pour le mois de septembre avait précédemment été estimé à 78,1%, avant la révision en hausse du jour.

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, s'exprimant ce jour devant le Congrès bancaire européen, a affirmé que le cycle de croissance était solide malgré un creux temporaire. Le patron de la BCE souligne cependant que la reprise de l'inflation pourrait être plus lente que prévu, selon des commentaires relayés par Reuters. "Si les entreprises commencent à devenir plus incertaines quant aux perspectives de croissance et d'inflation, la compression des marges pourrait s'avérer plus persistante", a dit le dirigeant, cité par l'agence. "Cela affecterait la rapidité de la remontée de l'inflation sous-jacente et donc l'évolution de l'inflation que nous nous attendons à observer au cours des prochains trimestres", a affirmé Draghi, selon lequel les incertitudes ont augmenté concernant les perspectives de moyen terme. Draghi a confirmé anticiper un arrêt en décembre du programme de rachats de 2.600 MdsE d'obligations de la BCE.

Sur le marché des changes, l'Euro vaut désormais 1,1407$. Du côté du pétrole, le baril WTI ressort à 57$ et le Brent s'affiche à 67,3$.

VALEURS EN HAUSSE

* Technicolor reprend 5,6%. D'après les dernières déclarations transmises à l'AMF, le hedge fund américain AQR Capital Management détenait encore 3,08% du capital de Technicolor en position vendeuse le 14 novembre contre 3,16% du capital le 12 novembre, 3,27% du capital le 6 novembre et 3,39% le 31 octobre.

* Bolloré gagne 2,3% après sa publication trimestrielle. A périmètre et taux de change constants, le chiffre d'affaires à fin septembre est en hausse de +8% à 16,496 MdsE. En données publiées, le chiffre d'affaires est en hausse de +35%, compte tenu de 3,558 MdsE de variation de périmètre, principalement liés à l'intégration de Vivendi, et de -458 ME d'effets de changes, liés à l'appréciation de l'euro vis-à-vis de la quasi-totalité des monnaies, et plus particulièrement du dollar américain.

* Vivendi gagne 3,1%. Le groupe a annoncé un troisième trimestre plutôt dynamique, soutenu par la musique, et fait le point sur les avancées relatives justement à UMG. De plus, Vivendi a bouclé l'accord de rachat d'Editis. Credit Suisse en prend bonne note et revalorise légèrement le titre à 24,50 euros (contre 24,2 euros), les dernières informations confortant son conseil à 'surperformance'.

* Publicis monte de 1,5% après avoir enregistré 3 séances consécutives de baisse.

* Sur le CAC40, Dassault Systemes gagne aussi 1,3% avec Sanofi (+1,3%) ou encore Legrand (+0,5%).

VALEURS EN BAISSE

* Vallourec plonge de 32,1% après avoir été réservé à la baisse à l'ouverture. Le marché sanctionne les résultats du troisième trimestre 2018 publiés hier soir, dans lesquels le fabricant de tubes en acier a enregistré une perte nette de 92 ME malgré un chiffre d'affaires stable à 961 ME. La génération de trésorerie est restée très négative avec un endettement net qui a grosse à 2.097 ME à fin septembre 2018 contre 1.934 ME à fin juin. Ce dernier point est celui qui inquiète le plus les analystes. Deux brokers procèdent d'ailleurs à un abaissement de leur objectif de cours sur Vallourec ce jour, de façon à tenir compte de la trajectoire du free cash-flow et des bénéfices. Jefferies ramène sa 'fair value' 4,90 à 4,40 euros en restant à conserver, alors que le broker n'anticipe pas de génération de FCF positive avant 2020. Oddo BHF abaisse de 8 à 6 euros son objectif sur Vallourec mais reste acheteur.

* Plastivaloire (-11,2%) a réalisé au quatrième trimestre de son exercice 2017-2018 un chiffre d'affaires équivalent à celui réalisé sur la même période de l'exercice précédent. Plastivaloire note un ralentissement de la croissance qui s'explique en partie par un contexte conjoncturel moins favorable pour l'activité Automobile (chiffre d'affaires Automobile en recul de -3,7% sur la période), en raison notamment des nouvelles normes anti-pollution qui perturbent les marchés européens majeurs. Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe affiche un chiffre d'affaires de 658,9 ME, en croissance purement organique de +5%, mais légèrement inférieur à l'objectif de 660 à 670 ME. La moindre performance de l'activité automobile, associée à une inflation des matières premières et de l'énergie, aura un impact sur les résultats. Plastivaloire ajuste ainsi son objectif de marge d'EBITDA autour de 10,5% pour l'exercice écoulé, soit une baisse d'environ 1,5 point par rapport à l'objectif qui était compris entre 12% et 12,5%.

* Cette publication n'aide pas CGG qui reperd 3,3% malgré un léger rebond du baril de pétrole à 57,6 dollars le WTI.

* Valeo perd encore 2,1% après avoir déjà cédé 3,5% hier.

* Sur le CAC40, Sodexo cède aussi 1,7% avec Crédit Agricole (-0,7%) ou encore STMicroelectronics (-1,2%).

Vos réactions doivent respecter nos CGU.