Clôture Paris : proche de l'équilibre

Clôture Paris : proche de l'équilibre
Traders devant leurs écrans sur le floor du New York Stock Exchange américain.

Boursier.com, publié le jeudi 16 avril 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Le CAC40, qui a rechuté de près de 4% hier, a cédé plus modestement 0,08% ce jeudi à 4.350 points, passé un rebond matinal qui n'a pas tenu la distance. Les 20% de repris depuis les plus bas atteints en séance courant mars ont visiblement besoin d'être consolidés.
Wall Street aussi reste très hésitant ce soir, après la publication de nouvelles données économiques déprimées.
Le baril de brut WTI tente de reprendre 2% à 20,25$ sur le Nymex, après sa nouvelle chute au plus bas depuis 18 ans hier soir, l'OPEP tablant sur un effondrement brutal et historique de la demande cette année - à 92,8 mbj soit une baisse de près de 7% par rapport à 2019.

ECO ET DEVISES

Alors que le Livre Beige de la Fed publié hier soir a donné un sombre image de l'économie américaine, Donald Trump doit de son côté dévoiler ses plans de réouverture de l'activité... La question des tests demeure cruciale, alors que des leaders d'entreprises insistent sur cette nécessité, et que les démocrates réclament une enveloppe de 30 milliards de dollars pour des diagnostics à grande échelle. La direction des CDC américaines estime qu'une vingtaine d'Etats aux USA seraient prêts à rouvrir le 1er mai.
En attendant, la crise liée à la pandémie de Covid-19 continue à faire des ravages sur le marché de l'emploi aux Etats-Unis. Le Département américain au Travail vient d'annoncer, pour la semaine close au 11 avril, que les inscriptions au chômage ont atteint 5,245 millions, en repli de 1,37 million par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 6,615 millions. Le consensus était positionné à environ 5,5 millions. Sur les quatre dernières semaines, la première puissance mondiale a détruit plus de 22 millions de postes, du jamais vu.
Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes.
La moyenne à quatre semaines ressort à 5,509 millions, en hausse de 1,241 million. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 4 avril s'établit à 11,976 millions, en progression de 4,53 millions sur sept jours, et au plus haut de l'histoire.

Christine Lagarde a confirmé ce jour que les données récentes suggèrent une forte contraction de l'activité dans la zone euro et une détérioration rapide des marchés du travail. La BCE étudiera donc "toutes les options" pour soutenir l'économie face à ce choc sans précédent. Lagarde estime que les décisions récentes ont contribué à améliorer la situation sur le marché des fonds d'investissement... Le comité de la BCE "s'engage à faire tout ce qui est nécessaire dans le cadre de son mandat pour aider la zone euro à traverser cette crise. Il est tout à fait prêt à augmenter la taille de ses programmes d'achat d'actifs et à en ajuster la composition, autant que nécessaire et aussi longtemps que nécessaire. Il explorera toutes les options et toutes les éventualités pour soutenir l'économie à travers ce choc", affirme la présidente de l'Institution européenne dans une déclaration au Comité monétaire et financier international.
"La BCE a également accepté de conclure des accords de swap avec certaines banques centrales de l'UE pour fournir des liquidités en euros et évalue actuellement d'autres demandes d'accords de swap pour la fourniture d'euros conformément à son mandat".

Aux Etats-Unis, la pandémie de coronavirus a entraîné une chute de 8,7% de la consommation des ménages en mars en comparaison de février, alors que le consensus de marché n'était "que" de -7,3%. Il s'agit d'une chute record pour cet indicateur mensuel. Seule petite consolation : en excluant l'automobile et l'essence, les ventes de détail ont décliné de 3,1% sur un mois, un peu moins qu'attendu (-4,5%).

Le Livre Beige de la Fed, publié mercredi soir, a dépeint un sombre tableau économique aux Etats-Unis. La pandémie de coronavirus a entraîné une "forte et brutale contraction de l'activité économique dans toutes les grandes régions des Etats-Unis", a relevé ce rapport, rédigé à partir de données recueillies avant le 6 avril. En outre, "la plupart" des entreprises interrogées "s'attendent à une détérioration des conditions au cours des prochains mois", a ajouté la Banque centrale américaine. Le chômage augmente et les prix sont en baisse, a encore souligné la Fed, dont la prochaine réunion de politique monétaire est prévue les 28 et 29 avril.
Sur les devises, l'euro revient à 1,0830/$ entre banques.

VALEURS EN HAUSSE

Archos : +26% suivi de Genkyotex, Gensight (+15%)

Lagardere : remonte encore de 12,5%. Le titre du spécialiste de l'édition, de la production, de la diffusion et de la distribution de contenus affiche un rebond de plus de 30% depuis le 7 avril dernier, alors que le management est en plein conflit avec Amber Capital. Si le fonds activiste, qui détient 16,42% du capital de Lagardère, est depuis de longues années très critique envers la gouvernance de l'entreprise, il souhaite désormais un renouvellement total du conseil de surveillance lors de la prochaine assemblée générale du groupe prévue le 5 mai prochain. Le fonds, qui revendique la place de premier actionnaire devant le Qatar, veut créer un contre-pouvoir face à Arnaud Lagardere, gérant commandité. Pêle-mêle, Amber réclame, sous forme de résolutions en vue de la prochaine AG, l'abandon de la commandite, une simplification de la structure du groupe, la réduction des coûts de la holding ainsi qu'une révision de la politique de dividende.
Amber Capital affirme ce jeudi qu'ISS (Institutional Shareholders Services), l'agence de conseil américaine en vote très influente, soutient ses arguments : "ISS recommande dans son rapport la révocation de 50% des membres du conseil actuel, y compris le président, et leur remplacement par les candidats proposés par Amber Capital... Nous pensons que les changements nécessaires pour conduire à une véritable transformation du groupe ne peuvent être réalisés que par une refonte complète du conseil de surveillance".
Mais, selon des indiscrétions obtenues par 'Les Echos', "Marc Ladreit de Lacharrière et sans doute Vincent Bolloré, sont en train de voler au secours d'Arnaud Lagardère". Si aucun des deux hommes d'affaires français n'a franchi le seuil des 5% du capital, niveau qui oblige les acquéreurs à révéler leurs positions auprès de l'AMF, "Marc Ladreit de Lacharrière a pris une participation dans Lagardère, de même que, probablement, Vincent Bolloré". Le quotidien économique précise que "l'idée de ces grands noms du capitalisme français, autrefois proches du père d'Arnaud, Jean-Luc Lagardère, serait d'aider un dossier de place à se régler amicalement". Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac) achète des titres via sa Financière alors que Vincent Bolloré serait monté ou envisagerait de monter rapidement au capital de Lagardère via La Financière de l'Odet.

Transgene : +7% avec Groupe Gorgé, Bastide (+6%)

Cegedim : +5% avec DS et Chargeurs

Derichebourg : +4,5% avec AST et Bonduelle

FDJ : +4% avec Elior et Plastic Omnium

TechnipFMC reprend 3,5% avec le baril, suivi de Haulotte, Neoen, Orpea

Atos : +3% avec Capgemini, Alstom

SoiTec : +2,5% avec Michelin et Sanofi

LNA : +2% suivi de Synergi et Infotel

Vinci remonte de 0,7%. Le groupe avait confirmé hier le gain d'un contrat de plusieurs milliards d'euros au Royaume-Uni en groupement avec Balfour Beatty pour le génie civil du projet de ligne à grande vitesse HS2. Le chantier démarrera à l'été 2020 dans le strict respect des mesures sanitaires requises en raison de l'épidémie de Covid-19 et devrait durer 74 mois. Au plus fort de l'activité, le projet emploiera 10.000 personnes.

bioMérieux (+0,5%) : le chiffre d'affaires a atteint 769 millions d'euros, contre 632 millions d'euros au premier trimestre 2019, soit une croissance de 21,5%. La croissance organique, hors effets de change et de périmètre, a atteint 20,8% du fait de la demande exceptionnelle pour les tests de biologie moléculaire nécessaires dans le contexte de l'épidémie de COVID-19. bioMérieux annonce suspendre ses objectifs 2020 publiés le 26 février dernier et qui comprenaient, comme annoncé, "des incertitudes, telles qu'appréciées à la date de publication, liées à l'épidémie de coronavirus COVID-19 et notamment ses conséquences possibles sur l'économie chinoise au premier semestre".

VALEURS EN BAISSE

Mauna Kea retombe de 10% suivi de Publicis (-6%) et de Spie

EDF (-5,7%) estime que sa production nucléaire annuelle sera de l'ordre de 300 TWh en 2020 et comprise entre 330 et 360 chaque année en 2021 et en 2022. EDF avait produit 379,5 térawattheures d'électricité nucléaire en 2019.

Bouygues : -5,5% avec Groupe Open

Vivendi : -5% avec Gecina

Virbac (-4,6%) : au premier trimestre le chiffre d'affaires s'est élevé à 247,7 ME, en nette progression de +13,9% par rapport à la même période de 2019. À parités constantes, la croissance ressort à +14,3%. Le groupe table à ce stade sur un repli de son activité et de sa rentabilité au deuxième trimestre 2020, et très probablement également sur l'année 2020. Pour autant, en raison des incertitudes liées au nombre de pays touchés par les mesures de confinement, à la magnitude des impacts de ces mesures sur l'activité, à la durée de la progression de l'épidémie et donc à la durée des périodes de confinement, il n'est pas possible au groupe, à ce jour, d'évaluer précisément l'ampleur du repli de l'activité sur l'ensemble de l'année. Par voie de conséquence, il est aussi difficile de confirmer à ce stade l'objectif d'un ratio d'EBITA autour de 15% autour de 2022, à taux et périmètre constants.

Groupe ADP perd 4,5%. Depuis le début de l'année, le trafic est en baisse de 10,1% avec un total de 44,5 millions de passagers accueillis et le trafic de Paris Aéroport est en diminution de 20,9% avec un total de 18,8 millions de passagers. Le nombre de passagers en correspondance à Paris Aéroport est en diminution de 19,3%.

Accor perd encore 4% dans un secteur du tourisme en plein marasme

Valeo cède 4%. Goldman Sachs est négatif sur le dossier avec un objectif de cours ramené de 15 à 14 euros.

Edenred : -4% suivi de Crit, IPSOS, Peugeot (-3,5%)

BNP Paribas : -3,5% avec Rexel, M6 et Renault

Atari : -3% avec Sword, JC Decaux et Gl Events

Airbus : -2,5% suivi de Suez, SopraSteria et FNAC Darty

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