Clôture Paris : prudence avant la réunion monétaire de la Fed

Clôture Paris : prudence avant la réunion monétaire de la Fed
Donald Trump et le président de la Fed Jerome Powell à Washington.

Boursier.com, publié le mercredi 10 juin 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Le CAC40 avait franchi à nouveau les 5.100 points dès les premiers échanges mais a rapidement cédé aux prises de bénéfices pour terminer en baisse de 0,82% à 5.053 points. La prudence est donc de mise après la remontée très rapide des indices depuis une dizaine de jours et avant le communiqué monétaire de la Fed (à 20 heures) suivi de la conférence de presse de son patron Jerome Powell. Les projections économiques de la Banque centrale américaine seront également fournies dans la soirée.

En attendant, Wall Street évoluait en ordre dispersé au moment de la clôture des marchés européens avec un Dow Jones en baisse mais un Nasdaq en hausse qui a franchi pour la première fois les 10.000 points.

Cette réunion de la Fed sera déterminante, alors que l'optimisme des marchés reposait en grande partie ces dernières semaines sur le soutien massif des banques centrales, ainsi que sur les espoirs de redémarrage de l'économie avec la levée des mesures de confinement. La Fed ne devrait toutefois pas faire d'annonce majeure ce soir, surtout après les excellents chiffres de l'emploi américain révélés en fin de semaine dernière, mais elle reste particulièrement surveillée et ses indications seront donc scrutées, notamment celles concernant les perspectives économiques et monétaires. Il est quoi qu'il en soit probable que les taux des fonds fédéraux restent quasiment à zéro jusqu'à l'année prochaine. Powell devrait en profiter pour souligner l'action de la Fed et ses leviers.

VALEURS EN HAUSSE

* En tête du CAC40, Worldline gagne 2% à 69 euros. L'assemblée générale a approuvé à une vaste majorité (99,59%) l'émission d'actions que la société pourrait initier dans le cadre de l'offre publique sur les actions et obligations convertibles (OCEANEs) émises ou à émettre par Ingenico, qui sont nécessaires à la réalisation de l'acquisition d'Ingenico.

* Veolia gagne 1,2% à 21,66 euros. Le groupe de services aux collectivités a bénéficié d'une note de Morgan Stanley qui est passée à 'surpondérer' sur la valeur en visant 26 euros. La banque américaine, qui a également relevé son avis sur Suez, met en avant leur combinaison d'activités "relativement résistantes" et leur exposition aux tendances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Elle note également que les deux titres se négocient avec une décote au niveau du PE 2021 "anormalement élevée" par rapport aux valeurs cycliques européennes. Concernant plus précisément Veolia, MS évoque de bons niveaux de croissance, la réduction des coûts et la rotation des actifs comme des points positifs sur le dossier.

* SEB (+7% à 134 euros) a placé ce jour avec succès un emprunt obligataire d'un montant de 500 ME, d'une durée de 5 ans (échéance au 16 juin 2025) et portant intérêt au taux de 1,375%. Le livre d'ordres, de grande qualité, s'est élevé à plus de 1.600 ME.

VALEURS EN BAISSE

* Michelin perd 3,6% à 94 euros. Barclays est repassé de 'surpondérer' à 'pondération en ligne' en ciblant un cours de 105 euros.

* Accor perd 4% à 26,9 euros. Bryan Garnier a dégradé le titre à 'vendre' après le récent rebond de 25% et une action qui approche de sa 'fair value' (abaissée de 47 à 31 euros). Si les dirigeants des principaux groupes hôteliers sont optimistes pour le long terme, tous reconnaissent qu'ils sont confrontés à de nombreuses inconnues à court terme avec malheureusement peu de solutions. Ils sont pratiquement unanimes à estimer que la reprise prendra deux/trois ans, au cours desquels l'industrie changera, mais considèrent que la croissance se fera finalement en termes d'appétit de voyage...

* Total cède 1,8% à 37 euros alors que le baril de pétrole a finalement proche de la stabilité (-0,6% pour le WTI à 38,7 dollars).

* Safran (-0,7%), qui a réduit ses investissements d'environ un tiers pour faire face à la crise, estime qu'il faudra attendre 2023 ou 2024 pour voir l'activité revenir à son niveau de l'an passé. Dans un entretien accordé à 'BFM Business', Philippe Petitcolin a souligné que le chiffre d'affaires de la société a baissé d'environ 50% en mai, comme en avril, "il n'y a pas eu d'amélioration". Le dirigeant a également indiqué que Safran n'avait reçu commande des compagnies aériennes, qui représentent environ 45% des ventes du groupe. Il s'attend toujours à livrer moins de 1.000 moteurs LEAP cette année.

* Air France KLM qui a fortement rebondi ces dernières séances redonne 7,5% ce mercredi à 5,12 euros, alors que les analystes d'AlphaValue ont revalorisé le dossier de 2,91 à 3,67 euros, tout en restant à la 'vente' sur la compagnie aérienne.

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