Clôture Paris : Trump contrarie le CAC40

Clôture Paris : Trump contrarie le CAC40©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 24 mai 2018 à 18h00

LA TENDANCE

Le marché parisien a enchainé jeudi une deuxième séance dans le rouge, pénalisé par les événements géopolitiques et la remontée des tensions commerciales affectant l'automobile. Le CAC40 termine la journée sur un recul de 0,31% à 5.548 points, dans un volume non négligeable de 3,77 milliards d'euros échangés.
Bien orienté toute la matinée, l'indice a brusquement infléchi sa trajectoire haussière dans l'après-midi à la suite de la décision de Donald Trump d'annuler le sommet historique prévu le 12 juin à Singapour avec le leader nord-coréen Kim Jong Un. Le président américain a fustigé la "colère" et "l'hostilité" dont le régime de Pyongyang ferait preuve à l'égard de l'Amérique. A ce coup de tonnerre sur la scène extérieure s'ajoute la décision de l'administration américaine, annoncée hier après la clôture de Wall Street, de lancer le processus d'imposition de droits de douane sur les importations automobiles. Le secteur auto a logiquement fais les frais de cette décision avec Renault et Peugeot dans le viseur des investisseurs.
Plus tôt, Fed avait alimenté l'optimisme en faisant comprendre que le scénario de quatre hausses de taux en 2018 n'était pas privilégié à ce stade. Une majorité de ses membres comptent bien sûr relever "bientôt" le taux des "fed funds", mais elle n'a pas signalé de risque de surchauffe de l'économie américaine, qui l'obligerait à accélérer le rythme de sa normalisation monétaire. Trois hausses donc ! Le scénario le plus agréable pour les actions.
En Europe, les regards sont toujours tournés vers l'Italie, où Giuseppe Conte, chargé de former le prochain gouvernement, s'attelle à la composition de son équipe, qui fait l'objet d'âpres négociations entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite). Sur le front monétaire, l'euro reprend des couleurs alors que, dans le compte-rendu de la dernière réunion du comité monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), l'institution a adopté un ton prudent qui n'a pas surpris les cambistes.

VALEURS EN HAUSSE

*SES-Imagotag (+12,6% à 30,75 euros) : le groupe a présenté hier soir son plan stratégique à 5 ans, 'VUSION 2022', visant à consolider son leadership sur le marché de la digitalisation du commerce physique (Retail IoT) avec un objectif de chiffre d'affaires 2022 de 800 ME.

* Ubisoft reprend la direction de ses sommets ce jeudi en grimpant de 3,5% à 89,50 euros. L'élan haussier est alimenté par l'optimisme de Berenberg : dans une note publiée ce jour, le broker a réitéré son opinion "acheter" sur l'éditeur de jeux vidéo en relevant de 80 à 100 euros son objectif de cours.

* Korian (+0,5% à 29,14 euros) : a acquis CliniDom, établissement d'Hospitalisation à Domicile, basé à Clermont-Ferrand et ayant développé une offre très spécialisée en oncologie.

* Claranova (+2,8% à 0,92 euro) : Le lancement commercial de la plateforme Sprint IoT Factory, issue du partenariat entre myDevices et Sprint, est salué comme il se doit à la Bourse de Paris.

* Euronext termine en nette hausse (+5,4% à 54,40 euros) en fin de matinée, soutenu par une note d'Exane BNP Paribas, qui estime désormais attractive la valorisation relative de l'opérateur boursier.

VALEURS EN BAISSE

* Renault rend 1,7% à 85,49 euros. L'administration Trump a ouvert mercredi soir une enquête sur les importations de voitures, de camions et de pièces détachées aux Etats-Unis, une initiative susceptible de déboucher sur l'imposition de droits de douane. Cette enquête est menée dans le cadre de la section 232 d'une loi de 1962 sur le commerce, celle-là même qui a servi en mars dernier pour justifier l'imposition de droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium...

* PSA Groupe perd aussi 1,1% à 20,51 euros. Le constructeur est sorti du marché américain il y a de longues années mais reste néanmoins exposé via sa filiale Faurecia (-1,1% à 73,60 euros) qui réalise environ 25% de son activité en Amérique du Nord.

* Natixis concède finalement 0,4% à 7,02 euros après avoir évolué une bonne partie de la journée dans le vert. Un coup de pouce de Deutsche Bank a réitéré son opinion "achat" sur l'établissement français en rehaussant de 7,60 à 7,80 euros son objectif.

* SQLI (-4,9% à 32,25 euros) aligne une cinquième séance consécutive dans le rouge. Le titre, qui s'échange sur un plus bas de plus d'un an, ne parvient pas à se stabiliser depuis l'annonce d'une activité trimestrielle marquée par une croissance organique de seulement 0,3%. La confirmation de l'objectif d'un chiffre d'affaires d'au moins 240 ME cette année n'a pas rassuré les opérateurs.

* Crédit Agricole (-2,4% à 12,79 euros) est pénalisé par les inquiétudes sur la situation en Italie. La péninsule est le deuxième marché domestique de la banque verte avec 914 agences et 8.200 collaborateurs. Dans son sillage, sa filiale Amundi, elle-même présente en Italie à travers Pioneer, concède 0,6%.

* Bolloré (-0,9% à 4,35 euros). Les secousses sur les marchés en Italie rejaillissent sur le groupe de Vincent Bolloré. Le conglomérat possède des intérêts directs dans la péninsule avec une participation dans Mediobanca, et indirects à travers Vivendi (-1,5% à 22,51 euros) qui a investi dans Telecom Italia et Mediaset.

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