Clôture Paris : un CAC 40 miné par l'économie et le spectre du Brexit dur

Clôture Paris : un CAC 40 miné par l'économie et le spectre du Brexit dur
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le lundi 25 mars 2019 à 18h00

La cote parisienne termine la journée en léger repli ce lundi, les prises de profits se poursuivant après la correction de fin de semaine dernière. Le CAC 40 fléchit ainsi de 0,18% en clôture à 5.261 pts. Miné vendredi par des indices PMI décevants - en particulier en France et en Allemagne -, le marché parisien n'a pas vraiment été réconforté ce jour par un indice de confiance Ifo des milieux d'affaires allemands pourtant meilleur que prévu (99,6 en mars contre 98,7 de consensus). Il faut dire que la situation est par ailleurs particulièrement tendue au Royaume-Uni, sur fond de rumeurs de départ de Theresa May...

Sur le marché des changes, l'euro se traite à 1,1313$ ce soir. L'indice dollar, reflétant l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, se tasse de 0,1% à 96,56.

Prudence à Wall Street

Wall Street s'affiche incertain ce lundi, toujours prudent après la purge de fin de semaine dernière (-1,9% sur le S&P500 et -2,5% sur le Nasdaq vendredi soir). Les craintes de ralentissement économique prononcé persistent, après des indices mitigés (indice d'activité nationale de la Fed de Chicago ou indice manufacturier de la Fed de Dallas).

Les opérateurs avaient pourtant manifesté un relatif soulagement durant le week-end, le procureur spécial Robert Mueller n'ayant pas trouvé de preuve indiquant que Donald Trump se serait rendu coupable de collusion avec la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016. Le secrétaire à la Justice William Barr a pour sa part précisé que rien ne permettait d'accuser Trump d'obstruction à la justice.

Dans un autre registre, Trump entend accroître la pression sur la Réserve fédérale américaine, dont il critique régulièrement le président, Jerome Powell, accusé d'avoir relevé les taux directeurs trop rapidement depuis sa nomination début 2018. Alors que la Fed vient de décider de faire une pause prolongée dans son cycle haussier, au moins jusqu'à la fin 2019, Donald Trump s'est réjoui, vendredi, et a annoncé dans la foulée qu'il s'apprêtait à proposer la nomination d'un de ses ex-conseillers, Stephen Moore, pour un siège au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (où deux sièges sont actuellement vacants). Stephen Moore, un commentateur économique affilié à un groupe de réflexion conservateur, la Heritage Foundation, faisait partie des conseillers de Donald Trump lors de sa campagne présidentielle.

Sur le front commercial, malgré les tensions évoquées ces derniers jours, les négociations se poursuivent entre Washington et Pékin. Le ministère chinois du commerce a indiqué jeudi que la délégation américaine menée par Robert Lighthizer, le représentant au commerce, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, se rendrait à nouveau en Chine les 28 et 29 mars pour une nouvelle série de pourparlers.

Pétrole sous pression

Les cours du pétrole, qui avaient retrouvé ces derniers jours leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois, ont corrigé en fin de semaine dernière sur fond de craintes sur la croissance mondiale, et demeurent hésitants ce lundi. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI reperd encore 0,1% à 58,9$ le baril sur le Nymex.

Spectre du Brexit dur

La pression redouble sur Theresa May, les appels se multipliant pour que la Première ministre britannique annonce une date de démission. Selon Robert Peston, chef du service politique d'ITV cité par l'agence Reuters, Theresa May aurait indiqué à Boris Johnson, Iain Duncan Smith, Steve Baker, Jacob Rees-Mogg, David Davis et d'autres détracteurs de son plan réunis hier à Chequers, son intention de démissionner s'ils votaient pour son accord 'backstop' compris. Plusieurs ministres ont cependant rejeté ce lundi de telles spéculations, assurant que May tiendrait toujours la barre. Les principaux ministres se sont réunis aujourd'hui autour d'elle pour discuter des futures étapes. May a exclu l'hypothèse d'une sortie sans accord. D'autres ministres ont estimé au contraire qu'un 'no deal' valait mieux qu'un abandon du Brexit, relate le numéro deux du service politique du Daily Telegraph, cité par l'agence Reuters. Selon d'autres informations de l'agence, l'hypothèse de législatives anticipées aurait été évoquée.

Rien n'assure donc pour l'heure que May présente une troisième fois son projet aux députés. "Nous ne demanderons un vote que si nous pensons être en position de l'emporter", a expliqué le porte-parole de May, cité par Reuters. Le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn aurait pour sa part rencontré May ce jour à Westminster et lui aurait affirmé son opposition à un troisième vote. La Première ministre aurait également joint la dirigeante du DUP. Le parti unioniste resterait opposé au texte.

L'hypothèse d'un Brexit sans accord semblerait donc de plus en plus envisageable hélas. Avant-hier, des centaines de milliers de personnes ont d'ailleurs manifesté à Londres pour demander un nouveau référendum sur le Brexit... Pour l'éditorialiste du 'Sun', la seule manière pour May d'obtenir l'adoption de son plan de sortie de l'Union serait d'annoncer sa date de démission. "Nous ne voulons pas d'un 'no deal', mais si cela doit se produire, alors il faut le faire vite", a asséné pour sa part un responsable européen cité par Reuters.

Les dirigeants de l'Union européenne ont rappelons-le accepté la semaine dernière de reporter la sortie du Royaume-Uni du 29 mars au 22 mai ou au 12 avril - selon la ratification ou non de l'accord cette semaine au Parlement britannique. May avait officiellement demandé à l'Union européenne un report de trois mois du Brexit. Les dirigeants européens ont finalement approuvé un report au 22 mai, à la condition que le Parlement britannique approuve cette semaine l'accord. Dans le cas contraire, le Royaume-Uni aurait jusqu'au 12 avril pour proposer un nouveau projet ou quitter l'UE sans accord...

Valeurs en hausse

* GL Events (+1% à 19,18 euros). Après avoir mis la main récemment sur les firmes chinoises ZZX et CIEC, soit un chiffre d'affaires cumulé de 60 ME, le groupe français de prestations événementielles et de gestion d'espaces accélère dans l'empire du milieu en annonçant le rachat de 60% des actions de Shenzhen Sheng Shi Peng Cheng Exhibitions Co. Employant une cinquantaine de collaborateurs, l'entité rachetée par GL Events devrait réaliser un chiffre d'affaires d'environ 10 ME en 2019 avec une marge opérationnelle supérieure à 35%, soit un impact relutif conséquent pour le groupe français.

* TechnipFMC tente un rebond ce lundi à la Bourse de Paris pour revenir sur les 20,3 euros (+0,4%). Le titre a fait l'objet vendredi d'un ajustement d'analyste. Après mise à jour de ses estimations de bpa pour la période 2019-2020, AlphaValue a précisé qu'il ne visait plus que 28,7 euros sur le groupe d'ingénierie pétrolière et gazière, à comparer à un précédent objectif de 33,1 euros. Le bureau de recherche indépendant reste malgré tout à l'achat sur TechnipFMC, en misant sur une forte dynamique sur les prises de commandes en 2019.

* Schneider Electric (+0,8% à 68,3 euros) vient d'entrer en négociations exclusives pour la cession de son activité Pelco, avec Transom Capital Group, société américaine de capital-investissement. Pelco est un spécialiste de la conception, du développement et de la vente de solutions complètes et de services de vidéosurveillance, et fournit notamment des caméras, des logiciels d'enregistrement et de gestion de systèmes. Pelco emploie 478 personnes et son chiffre d'affaires s'est élevé à 169 millions d'euros en 2018. Pelco est actuellement reporté sous l'activité Gestion de l'énergie de Schneider Electric. Ce projet de cession s'intègre dans la revue stratégique annoncée lors de la publication des résultats annuels 2018. La revue porte sur des actifs générant au total un chiffre d'affaires compris entre 1,5 et 2 milliards d'euros, le groupe continuant de concentrer ses activités sur les offres coeur de Gestion de l'énergie et d'Automatismes industriels.

Au-delà des négociations entamées avec Transom Capital Group pour la cession de Pelco, le groupe profite d'un renfort de poids sur le front des analystes : UBS a en effet basculé son avis de "neutre" à "acheter" sur l'équipementier, tout en relevant son objectif de 66 à 79 euros, sur la base d'une vision plus positive sur la division 'Secure Power' (SP) et d'un sentiment favorable sur les perspectives de moyen terme de l'ensemble du périmètre.

* Les Nouveaux Constructeurs bondit de 14,6% à 47 euros. Le résultat net part du groupe en 2018 est un profit de 98,6 ME, soit une marge nette de 11,7% du chiffre d'affaires (83,2 ME en 2017), en hausse de +15,4 ME (+19%) entre les deux exercices. Grâce à son carnet de commandes étoffé, Les Nouveaux Constructeurs dispose d'une bonne visibilité pour les trimestres à venir, dans un contexte de marché où les rythmes commerciaux sont en ralentissement et les coûts de construction en progression sensible.

* Virbac (+0,2% à 134,6 euros). Après avoir analysé à froid la récente publication annuelle, Jefferies a refait ses calculs sur le laboratoire vétérinaire français, qu'il continue de conseiller à 'conserver' mais avec une 'fair value' relevée de 112 à 146 euros.

Valeurs en baisse

* Carrefour perd 2,6% à 16,45 euros. Standard & Poor's a abaissé vendredi la note de crédit à long terme de Carrefour de 'BBB+' à 'BBB', évoquant des résultats annuels plus faibles que prévu et des coûts de restructuration susceptibles de peser sur les marges et la trésorerie. La perspective passe en revanche de 'négative' à 'stable'.

* Valeo fléchit de 1% à 25,93 euros. Moody's a abaissé ses notes d'émetteur de long terme et senior non garantie de l'équipementier automobile à 'Baa3', contre 'Baa2'. La perspective, quant à elle, passe de 'négative' à 'stable'. L'agence justifie cette dégradation des notations de Valeo par la détérioration continue de l'environnement de l'industrie automobile globale, ainsi que par ses implications sur les métriques de crédit de Valeo. La perspective stable signale toutefois que Valeo devrait être capable de maintenir ses marges d'Ebita et alléger le ratio dette / Ebitda à moins de 3,5 (et celui de dette nette sur Ebitda à moins de 2,5) dans les 12-18 mois.

* PSA Groupe (-2,9% à 21,12 euros). PSA aurait approché Fiat Chrysler Automobiles cette année pour défendre l'idée d'un rapprochement entre les deux groupes automobiles, rapportait vendredi le 'Wall Street Journal', en citant des personnes proches du dossier.

* Sanofi (-0,45% à 77,96 euros). La Food and Drug Administration américaine a rejeté la demande d'autorisation pour le Zynquista, un traitement de Sanofi et Lexicon pour le traitement du diabète, en association avec une insuline, a annoncé vendredi le laboratoire français. "Sanofi et Lexicon s'engagent à coopérer étroitement avec la FDA pour définir les prochaines mesures appropriées", ont précisé les deux partenaires.

* Spie cède 2,1% à 15,4 euros. Le titre fait les frais d'une note de JPMorgan Cazenove, qui a dégradé la valeur à 'neutre' après le récent rallye de l'action. "Contrairement à la perception des bears, Spie est une société génératrice de cash et offre un bon rendement des flux de trésorerie disponibles... Cependant, notre thèse d'investissement s'est vérifiée et nous voyons un potentiel de réévaluation plus limité à partir du niveau actuel", explique l'analyste.

* Alten perd 2% à 92 euros. Selon nos informations, Invest Securities a dégradé le dossier à 'neutre' tout en ajustant sa cible de 105 à 102 euros. Alors que le broker se pose depuis quelques semaines la question de l'opportunité de faire une pause sur le titre - puisque le pic de croissance organique du secteur lui semble passé -, les indicateurs PMI très décevants publiés vendredi le poussent à passer à l'acte. L'analyste ne croit pas que la croissance du secteur soit décorrélée de l'environnement macro et craint que le consensus très exigeant en termes de croissance sur Alten ne puisse être revu en baisse.

* CNP Assurances (-1,6% à 19,55 euros) avait conclu le 29 août dernier un protocole d'accord avec Caixa Seguridade concernant leur nouvel accord de distribution exclusif dans le réseau de Caixa Economica Federal au Brésil. La mise en oeuvre de cet accord, qui ne concerne qu'une partie du périmètre de leur partenariat actuel, reste soumise à la réalisation de plusieurs conditions suspensives. La nouvelle direction de Caixa Seguridade a initié des discussions avec CNP Assurances dans l'objectif de convenir d'ajustements ou d'éventuels compléments à ce protocole d'accord.

* Iliad (-1,1% à 86,88 euros). Le groupe a annoncé le lancement de Up2Share, première opération d'actionnariat salarié. Cette opération, proposée à environ 8.100 salariés en France et en Italie, vise à associer les collaborateurs aux objectifs stratégiques et au développement d'Iliad. Le règlement-livraison des actions nouvelles à émettre devrait intervenir le 18 juin 2019. Il est prévu que les dates de la période de souscription/révocation et le prix de souscription des actions soient fixés le 21 mai.

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