Mi-séance Paris : l'interruption du rebond se confirme pour le CAC40

Mi-séance Paris : l'interruption du rebond se confirme pour le CAC40©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 09 avril 2020 à 12h00

LA TENDANCE

La séance avait bien commencé avec un CAC40 progressant de 2% ce matin et franchissant à nouveau les 4.500 points grâce à la belle séance de Wall Street hier soir. Mais signer une quatrième hausse d'affilée s'annonce comme un parcours semé d'embûches tant les rendez-vous majeurs sont nombreux aujourd'hui. Vers la mi-journée, le CAC40 reperd tous ses gains et recule même de 0,7% pour revenir autour de 4.410 points.

La publication aux Etats-Unis du chiffre hebdomadaire des inscriptions au chômage sera scrutée de près. Les données vertigineuses publiées lors des deux dernières semaines vont-elles s'amplifier encore ? Un accord sur la réduction de la production mondiale par l'Opep et ses alliés lors de la réunion prévue dans la journée sera-t-il conclu ? Enfin, l'intervention de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed), donnera-t-elle des éclaircissements sur la réponse apportée à la crise ?

Attention, la séance du jour sera la dernière avant fermeture pour trêve de Pâques et le marché parisien ne rouvrira que mardi 14 avril. En conséquence, on peut imaginer que certains investisseurs pourraient choisir de ne pas prendre le risque de rester investis durant la période alors que les nouvelles sanitaires demeurent aléatoires.

VALEURS EN HAUSSE

* En tête du CAC40, Sodexo bondit de 8,8% à 69 euros après la publication de ses comptes intermédiaires. Le groupe de services et de restauration a fait état sur les six premiers de son exercice d'un résultat net ajusté de 424 millions d'euros, en hausse de +2,8%, pour un chiffre d'affaires de 11,7 milliards d'euros (+3,2%). La firme, qui avait annoncé le mois dernier qu'elle renonçait à ses objectifs annuels jusqu'à ce que "la situation se stabilise", a précisé ce matin que le coronavirus entamera ses revenus de 2,4 à 2,8 milliards d'euros au deuxième semestre.

* Capgemini (+1,3%) a fixé avec succès le 8 avril 2020 les conditions d'un emprunt obligataire de 3,5 milliards d'euros comprenant 4 tranches.

* Chargeurs poursuit sa hausse de 14% à 16 euros. S'appuyant sur son leadership chimique et textile, le groupe a annoncé dès le 23 mars la production, en quantités industrielles, du gel et des masques de protection. Pour le gel hydroalcoolique, conçu sur le site Novacel en Normandie, au sein de la branche Chargeurs Protective Films, la société vise une production cible, en fonction des matières premières accessibles, de 5 tonnes par semaine. Quant aux masques de protection sanitaire, réalisés sur le site de la Lainière de Picardie, la production cible est de plus de 1 million d'unités par semaine. Compte tenu de la forte demande, le groupe a indiqué hier disposer, pour Lainière Santé, d'un carnet de commandes indicatif à moins d'un an de plus de 150 ME.

* Bonduelle (+1%) suspend les objectifs indiqués à l'occasion de la publication des résultats semestriels 2019-2020 qui, tels que mentionnés, n'intégraient pas les effets de la crise sanitaire.

* BNP Paribas reprend 4% à 28 euros. Credit Suisse est repassé à 'surperformance' sur la banque avec un cours cible ramené de 50 à 40 euros.

* Genfit (+1%) a bouclé 2019 avec 277 ME de trésorerie et attend les résultats préliminaires de sa phase III d'ici fin mai.

VALEURS EN BAISSE

* Airbus perd près de 4% à 57,5 euros. Les analystes sont nombreux à faire le point sur le dossier après que l'avionneur eut annoncé la réduction d'un tiers de sa production pour faire face à la crise liée à la pandémie de Covid-19. Dans le détail, le groupe européen a indiqué que sa production d'appareils de la famille de monocouloirs A320, ses avions les plus vendus, reviendra à 40 appareils par mois, celle d'A350 passera à six avions par mois, soit une contraction d'environ 40%, et celle d'A330 passera à deux par mois, là aussi en baisse de plus de 40%.

Pour Citi, cette diminution est "nettement plus" élevée que ce à quoi s'attendait le courtier. Les baisses "anticipées et sévères" ne lèvent néanmoins pas l'incertitude car on ne sait pas encore dans quelle mesure le trafic passagers va diminuer et comment cela va affecter les niveaux de production jusqu'en 2023 et donc la rentabilité d'Airbus. Le broker est à l''achat' sur la valeur avec une cible réduite à 110 euros. Vertical Research Partner, qui tablait sur un repli de la production de 25%, estime que ces nouveaux rythmes devraient se maintenir jusqu'en 2021 car la demande de nouveaux avions devrait rester inférieure aux niveaux de 2019 pendant un certain temps. A 'conserver' sur le dossier, l'analyste a réduit son objectif de 62 à 56 euros.

* Air France KLM (-2% à 5,18 euros) : L'activité passage du Groupe a plongé en mars en raison de la pandémie de Covid-19. Le nombre de passagers a reculé de 56,6%, le trafic a chuté de 50,6% et le coefficient d'occupation s'est inscrit à -20,5pt. Pour avril et mai 2020, le groupe prévoit que plus de 90% de la capacité prévue sera suspendue.

* Mersen (-2%) a annoncé, sur la base d'éléments préliminaires, que le chiffre d'affaires du 1er trimestre 2020 sera de l'ordre de 225 millions d'euros, soit une évolution organique autour de -9%. Le manque de visibilité ne permet pas à ce stade de donner d'objectifs pour l'année 2020. Le groupe anticipe un 2ème trimestre 2020 en net recul par rapport à 2019, notamment en Europe et en Amérique du Nord.

* Biosynex cède 1% à 15,9 euros : Dans une interview publiée par Boursier.com, Larry Abensur, PDG, explique que "La demande est considérable. Nous nous adaptons au fur et à mesure. Mais il est difficile de planifier les choses avec une grande assurance parce que les interférences existent de la part des Etats : blocages, réquisitions. Les approvisionnements et la logistique sont devenus compliqués. Néanmoins, nous sommes confiants dans notre capacité à répondre à la demande. Nous pensons être en mesure de produire 2 millions de tests ce mois-ci à Strasbourg puis 5 millions à partir du mois suivant."

* Seb (-1,6%) estime que la perte de chiffre d'affaires (Grand Public et Professionnel) devrait être de l'ordre de 270 ME sur le 1er trimestre, intégrant : 180 ME, provenant très majoritairement de Chine (comprenant l'impact très pénalisant de Covid-19 et l'effet de l'historique élevé du Chinese New Year de début 2019) soit significativement moins que l'estimation communiquée fin février (250 ME); 90 ME provenant essentiellement de l'Europe et des Amériques, en particulier au mois de mars. Compte tenu de la propagation en cours de l'épidémie, le Groupe anticipe une perte de chiffre d'affaires qui devrait être sensiblement supérieure à ce montant au 2e trimestre. Seb coupe aussi son dividende d'un tiers, à 1,43 Euro par titre.

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