Mi-séance Paris : le CAC 40 en timide hausse sur les 4.900 pts

Mi-séance Paris : le CAC 40 en timide hausse sur les 4.900 pts©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 10 août 2020 à 12h00

L'indice phare parisien, le CAC 40, pointe en légère progression de 0,40% à la mi-journée ce lundi, à 4.909 pts. La tendance demeure toutefois incertaine, après les mesures de Trump et dans l'attente de la reprise des négociations à Washington sur le plan de relance. Les prix du pétrole progressent, le baril de brut WTI prenant 1,5% à 41,8$ et le Brent de la mer du Nord 1% vers les 45$, la compagnie saoudienne Aramco s'étant montrée optimiste concernant la demande asiatique et l'Irak entendant accentuer la réduction de sa production.

Les marchés actions demeurent hésitants ce lundi, après avoir déjà terminé vendredi en ordre dispersé, entre les chiffres supérieurs aux attentes de l'emploi américain (1,76 million de créations de postes pour 10,2% de chômage en juillet) et la montée des tensions sino-américaines. Donald Trump a décidé samedi de contourner le Congrès en signant un plan de relance par décrets. Les mesures permettraient un gel des cotisations salariales et le versement d'une indemnité hebdomadaire de 400 dollars à des dizaines de millions de chômeurs américains. Jusqu'à la fin du mois dernier, ces chômeurs bénéficiaient d'une indemnité de 600 dollars. Ce plan peut toutefois être contesté par les démocrates.

Nancy Pelosi, membre du Parti démocrate et présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, ainsi que le le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, ont indiqué hier leur volonté de reprendre les négociations en vue du nouveau plan tant attendu de soutien à l'économie américaine, qui doit compenser l'impact de la crise du covid-19. Rappelons que le président américain Donald Trump, en l'absence de progrès dans ces discussions, avait signé samedi des décrets apportant une aide supplémentaire aux millions d'Américains au chômage suite à la crise récente. Les mesures ont néanmoins été jugées globalement insuffisantes par le clan démocrate.

Trump a estimé hier que la suspension des cotisations sociales annoncée la veille pourrait bien devenir permanente. La mesure n'aura pas d'impact sur la sécurité sociale. A propos de la reprise éventuelle des pourparlers à Washington, Trump a ajouté que la Maison blanche était prête à échanger si cela n'était pas une perte de temps.

Pelosi et Mnuchin paraissent désormais prêts quant à eux à un accord prolongeant des aides jusqu'à la fin de l'année, avant un nouvel état des lieux en début d'année prochaine - après l'élection de novembre. Mnuchin a engagé les négociateurs à adopter ainsi "une loi sur des choses pour lesquelles nous pouvons nous entendre" (...) "Nous n'avons pas besoin de tout régler d'un coup", a ajouté le responsable sur Fox News. Pelosi a qualifié d'inconstitutionnels les décrets de Trump, qui ne permettraient d'ailleurs pas selon elle d'aider rapidement et directement les Américains. Elle juge donc nécessaire de parvenir à un accord. Dans ce but, les démocrates pourraient revoir la durée des mesures pour en réduire le coût et faire un pas vers l'administration Trump.

Selon l'Université Johns Hopkins, qui fait référence en la matière, les Etats-Unis viennent de franchir le cap des 5 millions de cas confirmés du nouveau coronavirus, à 5,044 millions. Le virus a fait près de 163.000 morts aux USA, contre 101.049 au Brésil et 52.298 au Mexique. Le nombre de cas recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie se chiffre à 19,87 millions, dont 5,044 millions aux Etats-Unis, 3,04 millions au Brésil et 2,22 millions en Inde.

Sur le front économique ce jour aux USA, le rapport JOLTS du Département au Travail sur les ouvertures de postes annoncées pour le mois de juin sera communiqué à 16 heures (consensus 5,288 millions).

L'indice Sentix de confiance des investisseurs en Europe s'est établi à -13,4 contre un consensus de -16.

La cote américaine a consolidé vendredi en clôture, après des chiffres de l'emploi US solides mais globalement attendus... Le DJIA prenait 0,17% à 27.433 pts, alors que le Nasdaq abandonnait 0,87% à 11.011 pts suite aux sommets historiques de la veille.

Valeurs en hausse

Archos (+12,5%). Le groupe d'électronique grand public est parvenu à réduire ses pertes sur la première partie de l'année malgré une activité en net repli à la suite de l'épidémie de Covid-19. Le résultat net consolidé s'est ainsi établi à -1,4 ME contre une perte de 26,6 ME un an plus tôt pour un chiffre d'affaires de 11,2 ME, en baisse de 35%.

Technicolor (+25%) bondit en pleine restructuration financière. Le groupe a annoncé la semaine dernière le lancement d'une augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription des actionnaires d'un montant brut maximum, prime d'émission incluse, de 329.999.999,90 euros. Cette augmentation de capital s'inscrit dans le cadre du plan de sauvegarde financière accélérée approuvé le 5 juillet 2020 par le comité des établissements de crédit et assimilés de la Société et arrêté le 28 juillet 2020 par le Tribunal de Commerce de Paris.

Spie (+4,7%) bénéficie d'une note de Jefferies, qui a rehaussé de 'sous-performer' à 'acheter' sa recommandation sur la valeur. Le courtier cite la forte position de la société pour tirer parti de la demande de services techniques des entreprises après le confinement. La flexibilité de la base de coûts de Spie est considérée comme un soutien pour une "reprise rapide des marges", tout comme la réduction de l'endettement sur l'exercice 2021, qui, selon Jefferies, était auparavant considéré comme un "obstacle" pour l'action. L'objectif est porté de 10 à 19,5 euros.

Suez (+2,7%). Les spéculations restent vives sur le dossier, entre les bruits de couloir relatifs à une éventuelle sortie d'Engie du tour de table et ceux liés à de possibles ventes d'actifs. Selon Bloomberg, le groupe Schwarz serait intéressé par une reprise de l'activité de gestion de déchets en Europe continentale. Une opération qui pourrait rapporter trois milliards d'euros à Suez. Les pourparlers ne seraient toutefois qu'à un stade initial et il n'est pas certain qu'ils débouchent sur un accord formel.

EuropaCorp (+6,4%). A la suite de la réalisation des augmentations de capital réservées au fonds Vine, le Conseil d'administration d'EuropaCorp, réuni le 8 août, a procédé à l'unanimité, sur recommandation du comité des rémunérations et nominations, à la nomination d'Axel Duroux au poste de Directeur Général du Groupe. Il rejoindra EuropaCorp à compter du 1er septembre.

Derichebourg (+0,6%). Plus de 160 salariés de Derichebourg Aéronautics Services, sur un total de près de 1600, ont refusé d'accepter l'accord de performance collective proposé par la direction. L'entreprise sous traitante d'Airbus située à Blagnac près de Toulouse avait évoqué un plan social pour 700 salariés.

Gaussin (+35%) a annoncé la réalisation d'une augmentation de capital d'un montant de 885.032,37 euros, prime d'émission incluse, réservée à Hyperloop Transportation Technologies (HTT) valorisant la société a 250 millions de dollars, au prix de 9,91 euros par action. L'intégralité de la souscription a été réalisée par compensation avec la créance d'Hyperloop dans les livres de Gaussin et la réalisation définitive de cette augmentation de capital a été constatée par le conseil d'administration réuni le 7 août.

Valeurs en baisse

Alstom (-1,5%). Alors que le groupe français a accepté de débourser près de 6 MdsE pour s'offrir la branche ferroviaire de la firme canadienne, les derniers résultats de Bombardier ont jeté un léger froid du côté de Saint-Ouen. Alstom évoque en effet "des évolutions négatives et non prévues" chez Bombardier Transport, "laquelle fait face actuellement à des difficultés, notamment par rapport aux informations disponibles en amont de l'annonce, le 17 février 2020, de l'acquisition envisagée de Bombardier Transport par Alstom". "Alstom tiendra compte des conséquences de ces évolutions financières et opérationnelles lors des discussions à venir avec Bombardier" mais souligne maintenir "sa forte conviction dans le rationnel stratégique de l'acquisition de Bombardier Transport" et sa confiance dans "sa capacité à rétablir à moyen terme la rentabilité et les performances commerciales des activités de Bombardier Transport".

Delfingen (-0,4%) a enregistré au 1er semestre 2020 un chiffre d'affaires de 84 ME, en baisse de 27%. Le chiffre d'affaires à taux de change constants est en baisse de 28% à fin juin 2020, alors que la production automobile mondiale a reculé de 35%. Après des baisses historiques enregistrées en avril et en mai, l'activité a commencé à se redresser en juin. Le redressement s'est confirmé en juillet. Compte tenu de l'incertitude sur les marchés, Delfingen a suspendu ses prévisions de croissance et de profitabilité pour l'année 2020.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.