Mi-séance Paris : le CAC 40 retombe, plombé par les indicateurs PMI

Mi-séance Paris : le CAC 40 retombe, plombé par les indicateurs PMI©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 22 mars 2019 à 12h00

La fin de semaine se révèle assez délicate pour le marché parisien, le CAC 40 abandonnant désormais 0,84% à 5.334 pts, après des indices PMI 'flash' (préliminaires) décevants, en particulier en France et en Allemagne. Ces indicateurs font donc craindre une détérioration économique marquée, et font oublier le bref soulagement relatif aux décisions du Conseil européen à propos du Brexit.

Indicateurs en berne

L'indice Flash Composite IHS Markit de l'activité globale en France s'est replié de 50,4 en février à 48,7 en mars, signalant le retour de la contraction de l'activité dans le secteur privé. Le consensus tablait sur un indice à 50,7. Ce repli de l'activité résulte notamment d'une accélération de la baisse du volume global des nouvelles affaires, entraînée par la plus forte contraction du volume des nouvelles affaires à l'export depuis presque 3 ans. Parallèlement, le taux d'inflation des prix payés a reculé par rapport au mois dernier tandis que la croissance de l'emploi a affiché son plus faible niveau depuis décembre 2016.

L'indice Flash relatif à l'activité de services s'est affaissé à 48,7 en mars (50,2 en février), sur un plus bas de 2 mois (50,6 de consensus), alors que l'indice Flash de l'industrie manufacturière a reculé de 51,5 à 49,8, un plancher de 3 mois (51,4 de consensus).

Les indices PMI flash de la zone euro ne mettent quant à eux pas (encore ?) en évidence de contraction de l'activité dans le secteur privé en mars. L'image est toutefois loin d'être idyllique puisque l'indice PMI IHS Markit Composite se replie de 51,9 en février à 51,3, son 3ème plus faible niveau depuis novembre 2014. Le consensus anticipait un indice à 52. Cette nouvelle détérioration de la croissance globale de la zone euro reflète un renforcement de la contraction dans l'industrie manufacturière. L'Indice PMI pour le secteur manufacturier se replie ainsi à son plus faible niveau depuis avril 2013, à 47,6 (contre 49,3 en février et 49,5 de consensus), affaibli par une accélération de la baisse de la production et des nouvelles commandes.

Le secteur des services a mieux résisté (indice flash à 52,7 contre 52,8 en février), même si le taux d'expansion demeure bien inférieur à celui du printemps dernier et reste faible au regard de sa moyenne sur l'ensemble de l'année 2018.

Bref sursis pour Theresa May

Sur le dossier du Brexit cette fois, les dirigeants de l'Union européenne ont accepté de reporter la sortie du Royaume-Uni du 29 mars au 22 mai ou au 12 avril - selon la ratification ou non de l'accord la semaine prochaine au Parlement britannique.

May avait officiellement demandé à l'Union européenne un report de trois mois du Brexit, afin de disposer d'assez de temps pour convaincre le Parlement, qui avait déjà rejeté par deux fois l'accord de sortie. Les dirigeants européens avaient prévu d'accorder un report au 22 mai (veille des élections européennes) et d'organiser si besoin des discussions la semaine prochaine, après le vote de la Chambre des communes. Ils ont finalement approuvé un report au 22 mai à la condition que le Parlement britannique approuve la semaine prochaine l'accord de retrait. Dans le cas contraire, le Royaume-Uni aurait jusqu'au 12 avril pour proposer un nouveau projet ou quitter l'UE sans accord. Si la Chambre ne ratifie pas l'accord, le Royaume-Uni devra décider au plus tard le 12 avril s'il participe aux élections européennes de la fin mai. S'il décide de participer au scrutin, le gouvernement britannique pourra obtenir un autre report, au maximum au 30 juin...

Donald Tusk, président du conseil européen, résume l'affaire en expliquant que "toutes les options vont rester ouvertes" d'ici au 12 avril. Theresa May s'est dite pour sa part satisfaite des propositions de l'UE, et n'entend pas annuler le Brexit ni demander de report de longue durée.

Wall Street cède aux prises de profits

Avant bourse ce vendredi, le DJIA et le S&P500 corrigent de 0,4% environ, alors que le Nasdaq rend 0,3%... Le S&P et le Nasdaq étaient revenus hier sur leurs plus hauts niveaux en 5 mois. Apple s'était distingué hier sur un gain de 3,7% en clôture, aidé par plusieurs courtiers, à l'approche de sa keynote du 25 mars - qui devrait être l'occasion pour le groupe à la pomme de dévoiler son tant attendu service de streaming vidéo. Le fabricant de puces de mémoire Micron Technology avait dopé pour sa part le secteur hier, après la publication de trimestriels supérieurs aux attentes.

Pétrole sous pression

Les cours du pétrole font une pause depuis hier, après avoir abordé des plus hauts de 4 mois. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a cédé 0,4% hier, et perd encore 0,8% ce vendredi à 59,4$ le baril sur le Nymex, du fait essentiellement du retour des craintes de ralentissement économique prononcé.

Sur le marché des changes, l'euro fléchit de 0,5% à 1,1312$, tandis que l'indice dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, grappille encore 0,1% ce vendredi à 96,6.

Sur le front commercial, malgré les tensions évoquées ces derniers jours, les négociations se poursuivent entre Washington et Pékin. Le ministère chinois du commerce a indiqué jeudi que la délégation américaine menée par Robert Lighthizer, le représentant au commerce, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, se rendrait à nouveau en Chine les 28 et 29 mars pour une nouvelle série de pourparlers. Le vice-Premier ministre Liu He, responsable des négociations côté chinois, se rendra aux Etats-Unis début avril, a précisé Pékin. Les discussions ont patiné ces derniers jours en raison de la volonté de Pékin d'obtenir une levée des droits de douane sur ses exportations dès la signature de l'accord, ce que refuse Washington. L'administration Trump désire en effet s'assurer que la Chine mettra bien en oeuvre les dispositions, notamment concernant le respect de la propriété intellectuelle...

Valeurs en hausse

Réalités (+5,1%). Au 31 décembre 2018, le chiffre d'affaires s'établit à 133,6 ME en progression de +3,6% par rapport à 2017. L'EBITDA atteint un record à 13,9 ME, soit +28,7% par rapport à 2017. Hors impact lié à la dépréciation des coûts engagés sur le projet YelloPark, l'EBITDA 2018 ressortirait à 15,8 ME soit 11,8% du CA IFRS. A fin 2018, le résultat opérationnel s'élève à 11,1 ME contre 8,7 ME en 2017 en forte progression de +27,6%. Le taux de marge opérationnelle progresse et ressort à 8,3%. En revanche, le résultat net diminue de 3,9% pour s'établir à 7,4 ME. Retraité des éléments non récurrents de l'année passée, le résultat net normatif progresse de +6,4%.

AB Science (+3,3%) indique que de nouvelles données précliniques du masitinib dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de maladie de Charcot, seront présentées à la conférence scientifique 2019 de la Muscular Dystrophy Association (Orlando, Floride, Etats-Unis, 13-17 avril 2019). Ces résultats, qui proviennent du laboratoire du Professeur Luis Barbeito (Chef du Laboratoire de Neurodégénérescence, Institut Pasteur de Montevideo, Uruguay), seront annoncés le mardi 16 avril, lors d'une présentation orale sur le thème "Inflammation, mécanismes immunitaires et approches thérapeutique".

Poxel (+1,4%) a présenté un résultat net annuel positif, puisque la biotech a enregistré un bénéfice net de 13,5 millions d'euros en 2018 contre une perte nette de 22,3 ME un an plus tôt. Le résultat opérationnel ressort à 12,5 ME pour un chiffre d'affaires de 74,6 millions d'euros (5,3 ME en 2017). Au 31 décembre 2018, la trésorerie et les équivalents de trésorerie s'élevaient à 66,7 ME. Ce montant comprend le versement initial et l'investissement de Roivant Sciences reçus en février 2018 pour un montant total de 50 millions de dollars, ainsi que l'acquisition de candidats médicaments de DeuteRx pour un paiement initial de 8 M$...

Valeurs en baisse

Eiffage (-1%) a décroché un contrat de plus de 250 millions d'euros pour la construction du parc éolien offshore Moray East au Royaume-Uni. Le groupe, au travers de Smulders, filiale belge d'Eiffage Métal, en groupement avec GeoSea, filiale de DEME, vient de se voir attribuer par Moray Offshore Windfarm East le contrat pour la construction de ce parc éolien Moray East, au nord-est des côtes écossaises.

Esker (-0,2%). Le chiffre d'affaires pour l'exercice 2018 progresse de +14,2% et de +16% à taux de change et périmètre constants pour s'établir à 86,9 ME. Le résultat courant progresse de +14% pour atteindre 11,6 ME en 2018, contre 10,1 ME en 2017. Cette performance s'inscrit pleinement dans la stratégie d'Esker de combiner rentabilité et investissements de croissance à court et moyen termes. A noter aussi la hausse de +31% du résultat net à 8,8 ME et dépasse ainsi pour la première fois de l'histoire d'Esker les 10% du chiffre d'affaires.

Gecina (-0,2%). Edenred a pris à bail des bureaux de son prochain siège international dans Be Issy, un immeuble de Gecina (14-16 boulevard Garibaldi) à Issy-les Moulineaux. Ce nouveau bail prendra effet le 1er décembre 2019. Il complète le bail déjà signé sur cet immeuble avec la société Séqens. Cette transaction porte à 65% le taux de location de cet immeuble.

Ramsay Générale de Santé (-1,9%) a annoncé le lancement d'une augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription de 625 millions d'euros environ dans le cadre du refinancement de l'acquisition de Capio. La parité est d'une action nouvelle pour deux actions existantes. Le prix de souscription se situe à 16,46 euros par action nouvelle. La période de négociation des droits préférentiels de souscription va du 25 mars 2019 au 3 avril 2019 inclus, alors que la période de souscription court du 27 mars au 5 avril 2019 inclus...

Lagardère (-2%) est plombé par une note de Morgan Stanley qui a dégradé la valeur à 'pondération en ligne'. La banque américaine qualifie la "nouvelle société" de "bizarrerie" sans synergies directes entre le secteur du travel retail et celui de l'édition à la suite des cessions effectuées par l'entreprise. En outre, le courtier évoque l'absence de dividende exceptionnel ou de rachat d'actions, le risque d'écart important dans le temps entre les cessions et les achats d'actifs qui pourrait diluer les bénéfices, ou encore la nécessité pour Lagardère de réinvestir les produits de cession de manière appropriée et réussie.

Sequana demeure pour sa part suspendu en bourse. Par jugement du tribunal de commerce de Nanterre en date du 21 mars 2019, il a été décidé de convertir la procédure de sauvegarde ouverte le 15 février 2017 au bénéfice de Sequana en redressement judiciaire. La période d'observation en cours se poursuit jusqu'au 18 mai 2019.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.