Mi-séance Paris : le CAC40 accélère, avant l'emploi américain

Mi-séance Paris : le CAC40 accélère, avant l'emploi américain
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le vendredi 07 juin 2019 à 12h00

Le CAC40, qui avait accumulé un certain retard par rapport à Wall Street, accélère à la mi-séance ce vendredi et s'envole désormais de 1,47% à 5.355 pts. L'optimisme prévaut avant les chiffres de l'emploi américain. Il faut dire qu'une mauvaise statistique ne constituerait qu'un prétexte de plus pour que la Fed baisse ses taux...

Sur le marché des changes, l'euro se traite à 1,127$ actuellement, en léger repli. Les cours de l'or noir rebondissent en cette fin de semaine, à l'image du baril de Brent de la mer du Nord qui gagne 1,5% à 62,6 dollars actuellement à Londres. Un haut responsable saoudien a déclaré qu'il était "sûr" que l'OPEP+ prolongera son accord de coupe de la production au second semestre après avoir eu des entretiens avec la Russie. Celui-ci impose de réduire la production cumulée de l'alliance de 1,2 million de barils par jour, soit plus de 1% de la production mondiale. Les ministres des pays ont exprimé des préoccupations similaires au sujet de l'impact du ralentissement de l'économie mondiale sur les prix du pétrole et ont parlé des avantages de la coopération, croit savoir 'Bloomberg'.

La cote américaine est attendue encore dans le vert avant bourse ce vendredi, selon les indications de pré-séance. Le S&P500 prend ainsi 0,3%. Le Nasdaq affiche un gain comparable. Hier soir, aidée par quelques espoirs commerciaux concernant en particulier les négociations entre les Etats-Unis et le Mexique, la cote américaine avait progressé assez nettement (+0,71% sur le DJIA et +0,53% sur le Nasdaq). Dans l'actualité économique aux Etats-Unis ce jour, les opérateurs suivront surtout le rapport mensuel du Département au Travail concernant la situation de l'emploi pour le mois de mai 2019 (consensus 180.000 créations de postes non-agricoles dont 173.000 dans le privé, taux de chômage attendu à 3,7%).

Rappelons que d'après la dernière étude de la firme Challenger sur le sujet publiée hier, les annonces de licenciements des entreprises aux Etats-Unis pour le mois de mai 2019 sont remontées. Elles concernent en effet un total de 58.577 postes, contre 40.023 en avril. A ce stade de l'année, les employeurs ont annoncé les suppressions de 289.010 postes, ce qui représente une croissance de 39% en comparaison de l'année antérieure. Le rapport d'ADP sur l'emploi privé américain publié plus tôt cette semaine avait par ailleurs refroidi les marchés. Les créations d'emplois dans le secteur privé non-agricole américain pour le mois de mai 2019 étaient ressorties en effet extrêmement faibles, au nombre de 27.000, contre un consensus de place de 175.000 et un niveau révisé - en légère baisse - à 271.000 pour le mois d'avril 2019.

Les marchés misent par ailleurs sur une souplesse durable des banques centrales. Les opérateurs espèrent ainsi plusieurs baisses de taux de la Fed cette année... Sur le front commercial, Donald Trump a constaté des progrès avec le Mexique, sans accord pour l'heure avant la mise en application lundi des tarifs douaniers portant sur les importations de produits mexicains. Sans accord, Trump rappelle que des 'tarifs' au niveau de 5% seront donc mis en place lundi, avec des augmentations mensuelles comme attendu. "Plus hauts seront les Tarifs, plus élevé sera le nombre de compagnies retournant aux USA!", a lancé hier sur Twitter le président américain. Trump a également réitéré sa menace de taxer au moins 300 milliards de dollars supplémentaires d'importations chinoises, tout en affirmant que la Chine désirerait un accord, comme le Mexique...

Lors de la réunion qui s'est tenue hier à Vilnius, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a pris des décisions de politique monétaire conformes aux attentes de marché. Le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,40%. Le Conseil des gouverneurs prévoit désormais que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels au moins jusqu'au premier semestre 2020 et, en tout cas, "aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l'inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2% à moyen terme".

Le Conseil des gouverneurs entend par ailleurs poursuivre les réinvestissements, en totalité, des remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre du programme d'achats d'actifs ('asset purchase programme', APP) pendant une période prolongée après la date à laquelle il commencera à relever les taux d'intérêt directeurs de la BCE et "aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire".

Enfin, s'agissant des modalités de la nouvelle série d'opérations trimestrielles de refinancement à plus long terme ciblées ('targeted longer-term refinancing operations', TLTRO III), le Conseil des gouverneurs a décidé que le taux d'intérêt de chaque opération allait être supérieur de 10 points de base au taux moyen appliqué aux opérations principales de refinancement de l'Eurosystème sur la durée de chaque TLTRO. Pour les banques dont les prêts nets éligibles dépassent une valeur de référence, le taux appliqué aux TLTRO III sera plus bas et pourra être aussi bas que le taux d'intérêt moyen de la facilité de dépôt sur la durée de l'opération, majoré de 10 points de base.

Le patron de la BCE, Mario Draghi, a profité par ailleurs de l'occasion pour fournir au marché les nouvelles prévisions économiques de l'Institution. Du côté de l'activité, la BCE anticipe désormais une hausse du PIB de 1,2% cette année (contre 1,1% en mars) et de 1,4% en 2020 et 2021, contre respectivement 1,6% et 1,5% prévu précédemment. Concernant l'évolution des prix, la BCE voit désormais l'inflation atteindre 1,3% en 2019 (contre 1,2% anticipé précédemment), avant une accélération à 1,4% en 2020 (contre 1,5%) et à 1,6% en 2021. Mario Draghi précise que l'inflation globale va probablement fléchir dans les mois à venir avant de repartir vers la fin de l'année. Les mesures d'inflation sous-jacentes restent relativement modérées mais les tensions sur la main d'oeuvre se manifestent. Le patron de la BCE apparaît toutefois confiant. Les risques pesant sur les perspectives de croissance restent orientés à la baisse du fait de la présence prolongée d'incertitudes liées notamment à la hausse du protectionnisme, au Brexit et à la vulnérabilité des marchés émergents, souligne le patron de la BCE.

En outre, le dirigeant répète que l'Institution est déterminée à agir en cas d'événements défavorables même si à l'heure actuelle il n'y a pas de détérioration nette des indicateurs économiques. Ainsi, un degré élevé de soutien monétaire reste nécessaire pour assurer la convergence durable de l'inflation vers des niveaux inférieurs mais proches de 2% à moyen terme... Draghi affirme par ailleurs que certains membres du Conseil ont évoqué la possibilité de nouvelles baisses de taux, d'une extension de la 'forward guidance' mais aussi l'achat de nouveaux actifs.

Selon les données de l'Office fédéral allemand de la statistique, la production industrielle, ajustée des prix, des variations saisonnières et calendaires, a rechuté de 1,9% en avril après avoir progressé de 0,5% au mois précédent. Le marché tablait sur un repli limité à 0,5%. En glissement annuel, la production affiche un recul de 1,8% contre -0,4% attendu... La production industrielle a rebondi en revanche de 0,4% en avril en France après avoir reculé de 1,1% en mars, annonce l'Insee. Le consensus tablait sur une hausse de 0,3%. En glissement annuel, la production augmente de 1,1% contre +1% attendu par le marché. Dans l'industrie manufacturière, la production est stable après un recul de 1,1 % en mars.

La balance commerciale allemande est ressortie excédentaire de 17 MdsE en avril (18,7 MsdE de consensus), contre 20 MdsE sur la période antérieure. La balance commerciale française s'est affichée déficitaire de 5 MdsE sur le même mois, contre -4,9 MdsE de consensus et -5,5 MdsE pour la période précédente.

Valeurs en hausse

Soitec (+7,3%) bondit, dopé par l'annonce de plusieurs contrats avec Globalfoundries. C'est évidemment une nouvelle preuve de la forte dynamique de Soitec dans le domaine des RF pour les applications mobiles ainsi que dans l'automobile, l'IoT et les centres de données, note Bryan Garnier. Le broker explique qu'il n'est pas surprenant de voir Globalfoundries renforcer sa relation avec Soitec. Globalfoundries remodèle en effet sa stratégie et au cours de l'année écoulée, la fonderie a fermé ou cessé plusieurs lignes d'activités (7nm, 300mm CMOS, ASICs) afin de se concentrer sur les technologies de procédés spéciaux avec un fort engagement dans les plaques SOI. Globalfoundries prévoit de saisir d'importantes opportunités de croissance sur les marchés finaux de Soitec où il y a moins de concurrence de la part de TSMC et de Samsung.

Interparfums (+6,2%) a signé un accord d'une durée de onze ans pour les parfums de la marque Kate Spade New York. Interparfums assurera la création, la production et la distribution de nouvelles lignes de parfums et de produits dérivés. Ces produits seront distribués dans les grands magasins, parfumeries et duty free ainsi que dans les points de vente de la marque Kate Spade New York à partir de l'automne 2020.

Sanofi (+4,4%) a réalisé un très joli coup en choisissant Paul Hudson, actuellement chargé de la division pharmaceutique de Novartis, pour succéder à Olivier Brandicourt au poste de directeur général. Agé de 51 ans, Paul Hudson a passé une décennie chez AstraZeneca avant de rejoindre le groupe suisse en 2016. Il dispose d'une solide réputation dans l'industrie. Sanofi cherchait depuis le 18 mars un successeur à Olivier Brandicourt qui a décidé de prendre sa retraite alors qu'il aurait atteint la limite d'âge fixée à 65 ans en 2021.

Xilam (+6,2%) est entré en négociations exclusives pour l'acquisition de 50,1% du capital et des droits de vote de Cube Creative, société française de production d'animation en images de synthèse et en 3D. En ligne avec sa stratégie d'accélération des productions d'animation en 3D et images de synthèse, Xilam "se dotera par cette opération d'une équipe de talents unique, experte sur ces technologies de pointe, au positionnement et à l'image de marque solidement ancrés dans le marché. Ce projet de rapprochement permettra à Xilam de poursuivre la croissance de ses livraisons de programmes d'animation et de l'accélérer à moyen-terme".

Plastivaloire (+5,9%) bondit, au lendemain de la présentation de ses comptes intermédiaires. Des résultats en retrait, comme attendu, mais également marqués par la confirmation de l'objectif de chiffre d'affaires annuel (730 ME) et une prévision de marge d'Ebitda légèrement rehaussée à au moins 10% (tenant compte des nouvelles normes IFRS).

Airbus (+3,4%) a annoncé 68 commandes brutes sur la période allant de janvier à mai 2019, ainsi que 57 commandes nettes. Le groupe a réalisé par ailleurs 313 livraisons sur la période, dont 128 A320neo, 43 appareils A350 et 3 A380. Sur le seul mois de mai 2019, le groupe a enregistré une commande pour un ACJ320neo et livré 81 appareils sur sa ligne produit à 49 clients.

Ubisoft (+2,9%) soutiendra la sortie de la plateforme de jeux Stadia de Google en proposant un portfolio varié avec notamment les jeux et franchise 'Ghost Recon Breakpoint', 'The Division 2', 'Assassin's Creed Odyssey', 'Just Dance', 'Trials Rising' et 'The Crew 2'. Le titre bénéficie par ailleurs d'avis positifs de courtiers.

Schneider Electric (+1,5%). La Commission indienne de la concurrence a approuvé la combinaison des activités Basse tension et Automatismes industriels de Schneider Electric en Inde avec l'activité Electrical & Automation de Larsen & Toubro. Schneider Electric, Temasek, un fond d'investissement global basé à Singapour et L&T, un conglomérat leader en Inde, travaillent ensemble à la finalisation des derniers aspects légaux et financiers de la transaction. La clôture de l'opération devrait ainsi prendre plusieurs mois.

Thales (+2,1%) a finalisé la cession de son activité de modules de sécurité matériels à usage général (GP HSM, General Purpose Hardware Security Module) à Entrust Datacard, un des leaders des solutions d'identification et des transactions sécurisées. Cette transaction répond à l'engagement pris par Thales vis-à-vis de plusieurs autorités de la concurrence de céder cette activité dans le but de préserver la compétitivité du marché des solutions GP HSM, qui lui a permis de finaliser l'acquisition de Gemalto.

Kering (-1,3%) entend mieux contrôler ses ventes en ligne en limitant la présence de ses marques sur les sites de tiers. Cette stratégie doit favoriser la croissance et la rentabilité des griffes. Le groupe de luxe organise un événement destiné à la communauté financière (analystes et investisseurs) et consacré à la Transformation Digitale du Groupe et de ses Maisons.

BIC (+0,9%). La mise en oeuvre du plan 'BIC 2022 - Invent the Future' prévoit la création d'environ 400 nouveaux emplois à l'échelle mondiale, le Groupe investissant dans de nouvelles compétences pour soutenir son processus de transformation. Elle entrainerait également la suppression d'environ 450 postes, principalement dans des fonctions administratives, dont environ 100 au siège de BIC à Clichy (France).

AXA (+1%) a cédé les actions ordinaires d'EQH au prix net de 20,85 dollars américains par action, correspondant à un produit net total de 834 millions de dollars américains. AXA a consenti aux banques garantes une option permettant l'acquisition de 6.000.000 actions ordinaires d'EQH supplémentaires dans un délai de 30 jours.

Casino (+0,7%) poursuit ses cessions de magasins structurellement déficitaires. Le distributeur a conclu de nouvelles promesses unilatérales d'achat représentant un montant total de 18,3 millions d'euros. Elles portent sur l'hypermarché de Barberey-Saint-Sulpice (10), en vue de la cession du fonds de commerce et des murs à un adhérent Leclerc ; et sur 5 magasins (4 Casino Supermarchés et 1 Leader Price), en vue de leur cession au Groupement Les Mousquetaires.

Eutelsat (+0,7%) a annoncé une émission d'obligations senior non assorties de sûretés à 8 ans pour 600 millions d'euros. L'entreprise a pu tirer parti de l'environnement de marché favorable pour lever du financement à long terme pour une maturité de 8 ans dans des conditions attractives. Cette opération a été très bien accueillie par une base diversifiée d'investisseurs, selon le groupe.

Auplata (+10,7%) a publié les résultats annuels 2018 de sa filiale péruvienne, BGPP, détenue à 100% depuis le 25 février 2019. Malgré la diminution du cours des métaux, le chiffre d'affaires 2018 de BGPP s'établit à 20,7 ME, en progression de +49% par rapport à 2017. Le résultat d'exploitation 2018 s'est établi à 5,8 ME, en hausse de +133%. En comparaison, le chiffre d'affaires 2018 d'Auplata était situé à 1,3 ME seulement pour 18,2 ME de perte d'exploitation.

Valeurs en baisse

Ekinops (-1,1%) a bouclé son augmentation de capital par placement privé annoncée hier soir, via la construction accélérée d'un livre d'ordres. L'opération a permis de réaliser une levée de fonds de 7,5 ME, à travers l'émission de 2 152 916 actions nouvelles, d'une valeur nominale unitaire de 0,50 Euro, au prix de 3,50 Euro prime d'émission incluse. Ces actions nouvelles émises représentent 10% du capital de la société avant l'augmentation de capital.

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