Mi-séance Paris : le CAC40 corrige après 3 séances de rebond

Mi-séance Paris : le CAC40 corrige après 3 séances de rebond
Traders sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 27 mars 2020 à 12h00

LA TENDANCE

Les prises de bénéfices l'emportent cette fois sur le CAC40 qui cède plus de 3,7% en fin de matinée autour de 4.375 points. L'indice parisien souffle après avoir repris 25% depuis son point bas en séance le 16 mars, soit environ 900 points regagnés et même 16% repris depuis mardi ! Hier aussi, à l'ouverture, il avait logiquement cédé aux prises de bénéfices, puis, au fil de la séance, sa capacité de rebond a repris le dessus avant de clôturer à +2,51%.

Hier, les affolantes inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis (3 millions !) avaient paradoxalement dopé le marché selon le principe "bad news is good news", les investisseurs voyant là une justification parfaite à l'amplification des mesures publiques, pourtant déjà plus que massives. Toujours aux Etats-Unis, nouvel épicentre de la pandémie, la Chambre des représentants doit approuver aujourd'hui le plan de soutien de 2.000 milliards de dollars de l'administration Trump, qui a déjà reçu le feu vert du Sénat. Les dirigeants des pays membres du G20 ont par ailleurs affirmé jeudi leur détermination à former un front uni contre le coronavirus, parlant de "priorité absolue" pour laquelle 5.000 milliards de dollars seront injectés pour tenter d'endiguer l'épidémie qui fait planer le spectre d'une récession.

Emmanuel Macron a pour sa part déclaré, la nuit dernière, s'être entretenu avec son homologue américain Donald Trump. "Avec d'autres pays, nous préparons pour les prochains jours une nouvelle initiative importante", a annoncé le chef de l'Etat sans en dire plus...

VALEURS EN HAUSSE

* 3 hausses seulement sur le CAC40 : Sodexo gagne 1,6%, Saint-Gobain 1% et Sanofi 0,5%.

* Sanofi Pasteur, l'entité commerciale globale Vaccins de Sanofi et Translate Bio, une entreprise spécialisée dans le développement de médicaments à ARN messager (ARNm), vont collaborer dans le but de développer un nouveau vaccin à ARNm contre le virus responsable de la COVID-19. Cette collaboration prend appui sur l'accord que les deux entreprises ont conclu en 2018 dans le but de développer des vaccins à ARNm contre différentes maladies infectieuses.

* Bastide reprend 6% à 30,5 euros. Le groupe a prévenu d'un ralentissement de la prescription médicale sur les pathologies chroniques, la médecine de ville étant aujourd'hui mobilisée sur la gestion de l'épidémie. Les équipes commerciales sur le terrain vont être placées en chômage partiel. En revanche, Bastide enregistre une augmentation de la demande de dispositifs et de consommables médicaux de la part des établissements de santé et des particuliers. Le groupe est impliqué également dans le "plan blanc" en fournissant des équipements permettant le retour à domicile anticipé de patients, afin de libérer des places dans les hôpitaux.

* Biosynex (+30% à 9,25 euros) poursuit son bond en avant qui a vu son titre quasiment multiplié par 3 depuis le début de la crise. L'alsacien a annoncé hier le lancement d'une gamme de tests dédiés au diagnostic du Covid-19. La société va proposer trois nouvelles solutions diagnostiques pour l'infection à Covid-19 basées, d'une part, sur la biologie moléculaire (PCR) et, d'autre part, sur l'immunochromatographie. Biosynex prévoit ainsi le lancement à brève échéance d'un test sérologique rapide de détection dans le sang des anticorps spécifiques du virus responsable du Covid-19. Ce test permet à partir d'une goutte de sang de détecter en 10 minutes les anticorps spécifiques du Covid-19 qui apparaissent environ 10 à 15 jours après la contamination. Cette détection sérologique permet de déterminer rétrospectivement l'exposition au virus de porteurs sains ou de patients ayant présenté des signes mineurs de l'infection au Covid-19. Selon une récente étude parue dans la revue Lancet, la sérologie pourrait également être utilisée en complément de la PCR chez des patients hospitalisés tardivement et chez lesquels la charge virale serait indétectable par méthode PCR.

VALEURS EN BAISSE

* Plus forte baisse du CAC40, EssilorLuxottica abandonne 7% à 102 euros. Sans surprises, le groupe a suspendu ses perspectives 2020. L'activité a commencé à se détériorer en mars, au fur et à mesure du déplacement de l'impact du virus, initialement centré sur la Chine, vers des régions entières d'Europe et d'Amérique du Nord. Au cours du deuxième trimestre, le groupe s'attend à ce que le chiffre d'affaires poursuive son ralentissement, avec un impact significatif sur la rentabilité. A l'heure actuelle, le groupe n'a pas suffisamment de visibilité pour évaluer l'ampleur de l'impact du COVID-19, du fait de la volatilité de la situation. A ce jour, Essilor a temporairement fermé tous ses sites industriels en France. La continuité de la production est assurée grâce à son réseau mondial d'usines et de laboratoires interconnectés. Ce dispositif inclut les sites de production chinois, dont le fonctionnement est revenu à la normale et qui ont des réserves de capacité. Les activités de vente en ligne sont en croissance et ne connaissent pas de retard de commandes.Les usines de Luxottica ont temporairement suspendu leur activité en Italie et dans d'autres lieux moins déterminants pour la société, tandis qu'elles sont revenues à leurs niveaux normaux en Chine. Les points de vente en Europe et en Amérique du Nord se conforment aux mesures temporaires de confinement mises en place par les autorités locales, tandis que les plateformes de vente en ligne de la société continuent à fonctionner mondialement.

* Airbus reperd 5% à 68,6 euros. S&P a confirmé la note crédit d'Airbus à 'A+' mais place la perspective associée sous 'surveillance négative' en raison des retards de livraisons d'appareils anticipés du fait de l'épidémie de coronavirus. "À court terme, nous supposons qu'il n'y aura pas de livraisons ou de paiements de pré-livraison, mais qu'Airbus continuera à produire", affirme Tuomas E. Ekholm, analyste chez S&P Global Ratings. "Cela entraînera une augmentation significative du fonds de roulement qui, en l'absence de livraisons et de paiements préalables, sera financé par les liquidités du bilan du groupe et les lignes de liquidité disponibles. Sur la base des volumes moyens de livraison et de production d'Airbus, nous estimons un déficit de financement de 5 milliards d'euros par mois".

* Bic (-7% à 49,3 euros) a décidé, d'une part, de suspendre le programme de rachat d'actions jusqu'à nouvel ordre et, d'autre part, de réduire le dividende proposé pour l'année fiscale 2019 à 2,45 euros par action, contre 3,45 euros initialement proposé.

* Publicis (-1,5%) ne donnera aucune guidance sur ses chiffres prévisionnels jusqu'à nouvel ordre" et souligne cependant que les chiffres de revenu au 29 février étaient conformes à son plan de marche 2020.

* Suez (-1,75% à 9,83 euros) a réalisé le placement d'un emprunt obligataire de 850 millions d'euros à échéance du 2 avril 2027, portant un coupon annuel fixe de 1,25%. Le coût de cette émission est à comparer à un coût moyen de la dette de 3,95% en 2019 pour le groupe Suez. Le montant levé est équivalent à tous les remboursements de dette long terme dus par Suez SA dans les prochains 24 mois.

* Safran (-2,5% à 89,6 euros) a annoncé jeudi soir avoir retiré sa proposition de verser des dividendes au titre de l'exercice 2019, et a aussi abandonné ses objectifs financiers pour 2020. En renonçant au versement du dividende, Safran s'épargnera le décaissement d'un milliard d'euros, a précisé le groupe dans un communiqué. Le groupe d'aéronautique et de défense a aussi annoncé la mise en place d'une ligne de crédit de 3 milliards d'euros pour s'adapter au contexte créé par l'épidémie de coronavirus.

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