Mi-séance Paris : le CAC40 rechute de 5%, inquiétude sur les marchés obligataires

Mi-séance Paris : le CAC40 rechute de 5%, inquiétude sur les marchés obligataires
marchés financiers, crise 9 août 2007 subprimes

Boursier.com, publié le mercredi 18 mars 2020 à 12h00

LA TENDANCE

C'est encore une volatilité exacerbée qui anime les marchés boursiers. D'un côté, l'AMF a confirmé une interdiction des positions vendeuses pour une durée d'un mois. L'Autorité des marchés financiers a donc décidé d'interdire avec effet immédiat toute nouvelle création de position courte nette et toute augmentation d'une position existante. La mesure s'applique à compter du 18 mars à 0 heure au 16 avril à minuit. De quoi limiter la casse et provoquer quelques rebonds techniques ce matin mais sans suffire à faire revenir les acheteurs...

Et c'est maintenant les marchés obligataires qui semblent souffrir d'une chute des achats avec pour conséquence une brusque remontée des taux. Le 10 ans français, encore en territoire négatif la semaine dernière, est remonté ce matin jusqu'à 0,52% sur le marché secondaire. Un cocktail détonnant qui entraîne le CAC40 en baisse de près de plus de 5% autour de 3.770 points en fin de matinée. L'indice parisien se maintient cependant encore au-dessus des plus bas de 3.632 points observés lundi. Avec une économie à l'arrêt, le pétrole continue de corriger. Le baril de Brent recule de plus de 3% sous les 28 dollars, fragilisant encore davantage l'industrie pétrolière.

Sur le front économique, la Fed comme la Maison Blanche ont pour leur part annoncé mardi de nouvelles mesures de soutien à l'économie, alors que des économistes projettent désormais une inévitable récession aux Etats-Unis et dans d'autres pays. Et Donald Trump envisage de distribuer 1.000 Dollars par américain. En Europe, on évoque l'éventuelle modification des traités et la possibilité que la BCE rachète directement les dettes souveraines. Ce qui serait un changement de paradigme radical du rôle de la BCE. Mais sans doute nécessaire pour contenir les taux d'intérêt. L'OMT est le premier mécanisme susceptible d'être utilisé, comme il l'avait été pour la Grèce.

VALEURS EN HAUSSE

* Publicis se démarque sur le CAC40 en reprenant 12% à 24,5 euros. Le titre perd encore 40% depuis 1 mois.

* Bouygues et Orange profitent un peu du statut défensif de l'activité télécom pour remonter de 5%.

* Crédit Agricole remonte de 2% à 6,65 euros même s'il semble bien prématuré de parler d'une bonne nouvelle pour les banques avec la brusque remontée des taux obligataires.

* Beneteau, qui restait sur cinq séances de baisse marquée, remonte de 21% à 6,4 euros. Le plaisancier a annoncé qu'en raison de la progression de l'épidémie de Covid-19 et des mesures nécessaires prises par les pouvoirs publics pour protéger la santé de la population, il avait décidé de suspendre temporairement ses activités de construction de bateaux de plaisance et de mobil-homes sur l'ensemble des territoires français et italien. Portzamparc rappelle que le groupe bénéficiera des aides gouvernementales concernant ses salariés et du fait de sa structure de coûts, devrait réussir à limiter l'impact sur sa marge.

* Akka (+0,6%) : la marge opérationnelle des activités ordinaires s'élève à 8% pour 2019, en ligne avec l'objectif interne. Hors PDS Tech, la marge opérationnelle progresse de 70 points de base à 8,7%. Le bénéfice net du groupe a augmenté de 38% pour atteindre 73,3 ME en 2019. Les perspectives sont en revanche compliquées : le premier semestre devrait être marqué par la prudence des principaux clients du secteur automobile et des fournisseurs du B737Max.

* Sodexo (+8%) a annoncé ce mercredi que la crise sanitaire mondiale pourrait avoir un impact de 2 milliards d'euros sur son chiffre d'affaires annuel.

VALEURS EN BAISSE

* Airbus n'est pas encore dans une situation aussi tendue que son homologue américain Boeing, mais le géant européen continue de tanguer en bourse. L'action abandonne encore plus de 15% à 53 euros, au plus bas depuis 2016. Face à l'épidémie de Covid-19, le groupe aéronautique a été contraint de mettre ses usines françaises et espagnoles à l'arrêt pour quatre jours.

* Boeing a appelé mardi à une aide de 60 milliards de dollars à destination de l'industrie aéronautique américaine pour que celle-ci puisse faire face à l'impact de l'épidémie de coronavirus. L'avionneur a signalé que 70% de ses revenus allaient habituellement à ses 17.000 fournisseurs et que donc sans une aide importante, toute l'industrie de la construction aéronautique aux Etats-Unis pourrait s'effondrer...

* Chez les analystes, JP Morgan a dégradé le titre Airbus, qui a été divisé par plus de deux depuis le début de l'année, à 'neutre' tout en coupant son objectif de 95 à 68 euros. Bernstein a, pour sa part, ramené sa cible de 154 à 94 euros mais reste à 'surperformer' sur la valeur.

* L'équipementier aéronautique Safran perd aussi 18% à 58,3 euros.

* Axa perd encore 8% à 12,5 euros, insensible à la remontée des taux tant les vents contraires sont nombreux avec l'effondrement des marchés.

* Total reperd 6% avec TechnipFMC (-5%)

* Elis (-7%) rappelle n'avoir aucune échéance de dette significative avant 2023 et disposer de deux lignes de crédit renouvelable confirmées, entièrement non tirées, pour un montant total de 900 millions d'euros. Les objectifs annuels 2020 indiqués le 4 mars dernier seront revus et communiqués dès que la situation permettra une visibilité suffisante.

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