Mi-séance Paris : le rebond s'amplifie, retour au-dessus des 4.000 points

Mi-séance Paris : le rebond s'amplifie, retour au-dessus des 4.000 points
Trader sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 20 mars 2020 à 12h00

LA TENDANCE

Hormis le sursaut de 2,68% hier, ce vendredi sera-t-il la première véritable séance de gros rebond de la bourse de Paris ? C'est en tout cas bien parti avec une hausse de près de 6% en milieu de journée, ce qui permet à l'indice parisien de se rapprocher des 4.100 points. Aéronautique, pétrole et banques connaissent les rebonds les plus prononcés aujourd'hui, à la hauteur du massacre que ces valeurs ont connu ces derniers jours.

L'extrême volatilité sur le marché pétrolier se confirme jour après jour. Après une incroyable chute de 24% mercredi, le baril de brut léger américain s'est envolé hier de près de 24%, effaçant ainsi ses pertes de la veille et enregistrant surtout la plus forte hausse quotidienne de son histoire. Les cours du brut restent bien orientés en cette fin de semaine avec un WTI (échéance avril) qui gagne encore 8% à 28 dollars sur le Nymex alors que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison mai avance de 7% à 30,5 dollars à Londres. Malgré ce sursaut, les deux références mondiales affichent encore un passif de plus de 50% par rapport au début de l'année, subissant le double effet de l'effondrement de la demande de pétrole dû à la propagation du coronavirus, et de la fin de l'accord Opep+ qui permettait de soutenir les cours depuis 2016...

Le plongeon des cours menace de nombreux producteurs, dont les prix de revient sont bien supérieurs aux cours actuels, à commencer par les producteurs de pétrole de schiste américains. Face à cette situation, l'administration Trump envisagerait une manoeuvre diplomatique pour amener l'Arabie Saoudite à fermer ses robinets et utilise la menace de sanctions sur la Russie pour les forcer à réduire leur production, a rapporté hier soir le 'Wall Street Journal'.

Sur le marché obligataire, les dernières annonces de la BCE confirment la détente des taux à 10 ans (-0,3% pour le Bund allemand).

VALEURS EN HAUSSE

* Massacré ces dernières semaines en bourse, Airbus s'offre un copieux rebond de 19% à 64 euros après avoir déjà repris plus de 9% hier. Un sursaut qui est toutefois loin d'effacer la chute de plus de 50% de l'action de l'avionneur depuis le premier janvier. Outre la bonne tenue des marchés en cette fin de semaine, le flux acheteur du jour est à relier à une note de Jefferies qui a rehaussé à 'acheter' son opinion sur la valeur malgré un objectif de cours réduit de 120 à 80 euros. Selon le broker, les Etats européens devraient envisager l'achat de nouveaux avions à Airbus afin de soutenir l'ensemble de l'industrie aérienne et aérospatiale. Le courtier propose ainsi que les gouvernements achètent 500 à 600 avions Airbus au cours des trois prochaines années, soit un investissement total pouvant atteindre 34,2 milliards d'euros, ce qui ne serait pas très exigeant si l'opération était menée dans plusieurs pays... L'analyste évoque un "remède dur mais efficace" alors qu'offrir des prêts aux entreprises ne semble pas être une option plus intéressante.

* LVMH rebondit de 7% à 315 euros. Le numéro un mondial du luxe, qui a réalisé l'an passé la plus grosse acquisition de son histoire avec le rachat du joaillier Tiffany pour 16,2 milliards de dollars, pourrait profiter de la chute du groupe américain en bourse pour racheter directement des titres sur le marché. Selon les sources de 'Bloomberg', LVMH a discuté de ses intentions avec le conseil d'administration de Tiffany qui pourrait lui donner le feu vert après la publication des résultats trimestriels du groupe américain vendredi. Tiffany cotait environ 118$ hier à Wall Street avant que Bloomberg ne dévoile cette information, contre un prix de 135$ offert par LVMH fin 2019. Aucune décision finale n'a toutefois été encore prise et LVMH discuterait également d'éventuels obstacles juridiques à cette possible opération. Face à la pandémie de coronavirus, le joaillier a annoncé mardi la fermeture temporaire de plusieurs magasins, dont son magasin phare de la Cinquième Avenue à New York, et la réduction des heures de travail dans d'autres points de vente.

* Total reprend 9% et TechnipFMC 13%.

* Renault (+6% à 16,4 euros) doit réunir dans la journée son conseil d'administration pour faire le point sur la crise provoquée en Europe par l'épidémie de coronavirus.

* Akwel (+7%) a annoncé que ses activités d'une vingtaine de sites en Europe, au Maroc, en Tunisie et en Turquie seront progressivement suspendues ou notablement réduites. Ces baisses ou arrêts d'activité seront mis en place d'ici la fin de la semaine, dans la plupart des cas pour un délai renouvelable de deux semaines.

* STMicroelectronics (+10% à 16,5 euros) a conclu un accord avec les syndicats pour réduire de la production de ses sites en France en raison de la crise sanitaire. La direction du groupe, qui indique que cet accord court jusqu'au 2 avril, a précisé que cette réduction pourrait aller selon les sites jusqu'à 50% des effectifs de production, selon l'agence Reuters. L'accord de réduction de l'activité a été signé par les syndicats CFDT et CFE-CGC, qui représentent plus de la moitié des salariés du groupe. La CGT a voté contre et réclame la fermeture pure et simple des usines.

VALEURS EN BAISSE

* Seule baisse sur le CAC40, Danone perd 2,7% à 59,4 euros après avoir aligné 4 séances précédentes de hausse grâce à son positionnement défensif.

* Compte tenu de l'interruption de toutes les compétitions et entraînements, OL Groupe (-1%), à l'instar d'autres clubs de Ligue 1, informe avoir mis l'ensemble de son personnel sportif en chômage partiel jusqu'à nouvel ordre.

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