Mi-séance Paris : personne ne bouge avant la Fed, le CAC 40 pratiquement stable

Mi-séance Paris : personne ne bouge avant la Fed, le CAC 40 pratiquement stable©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 20 mars 2019 à 12h00

La place parisienne temporise ce mercredi après sa belle série haussière. Le CAC 40 s'affiche en retrait de 0,14% à 5.418 pts après sept jours de bourse en territoire positif. La progression de l'indice phare parisien ressort désormais proche des 15% depuis le début de l'année, ce qui pourrait inciter légitimement le marché à souffler.

Sur le marché des changes, l'euro s'affiche à 1,1352$ (+0,03%). L'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, grappille 0,06% à 96,4. Sur le segment des matières premières, le baril de brut WTI se tasse de 1,1% à 58,6$ sur le Nymex, avant le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie relatif aux stocks pétroliers domestiques.

Les doutes persistent concernant l'issue des négociations commerciales sino-américaines. Selon des sources citées hier par 'Bloomberg', certains responsables américains s'inquiètent de voir la Chine faire marche arrière sur plusieurs concessions, faisant patiner les négociations en cours avec les Etats-Unis. Dans le même temps, le 'Wall Street Journal' se montre plus optimiste, indiquant que les parties en seraient aux "étapes finales" des pourparlers.

Les responsables chinois auraient modifié selon Bloomberg leur position au sujet du respect de la propriété intellectuelle. Ils n'auraient en effet pas reçu d'assurances de la part de l'administration Trump concernant la levée des droits de douane sur leurs exportations, selon deux sources ayant requis l'anonymat. Les négociateurs chinois seraient aussi revenus sur leurs promesses concernant la protection des brevets pharmaceutiques, sans donner de détails sur la protection des liens entre brevets.

En outre, Pékin chercherait à faire inclure dans le texte que les éléments de l'accord devront être compatibles avec les lois chinoises.

Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin se rendront à nouveau à Pékin dans la semaine du 25 mars pour aplanir les derniers différends, selon le 'Wall Street Journal', et un nouveau voyage du vice-premier ministre chinois Liu He à Washington est programmé pour la semaine suivante.

La Fed tient quant à elle depuis hier sa réunion de politique monétaire. Un statu quo est évidemment l'hypothèse la plus probable à l'issue de cette réunion FOMC (probabilité de 98,7% - selon l'outil FedWatch du CME Group - que le taux des fed funds demeure entre 2,25 et 2,50%).

Les opérateurs détailleront évidemment le communiqué monétaire de la Fed ce soir (19h), ainsi que ses prévisions économiques ajustées. La conférence de presse de Jerome Powell (programmée à 19h30) sera également surveillée. Les investisseurs misent désormais sur une pause monétaire durable de la Banque centrale américaine, dans un contexte de moindre croissance économique. Les marchés voudront sans doute en savoir plus à propos du bilan de la Fed, dont la réduction ('resserrement quantitatif') équivaut à une hausse des taux.

Sur le front des taux, certains opérateurs anticipent même un léger assouplissement d'un quart de point (probabilité de 24,6% d'un taux de 2 à 2,25% au 11 décembre selon FedWatch) d'ici la fin de l'année. La probabilité d'un taux demeurant entre 2,25 et 2,50% jusqu'à la fin de l'année est d'environ 71,7%.

Concernant le Brexit cette fois, la Première ministre britannique Theresa May va adresser un courrier à ses partenaires européens pour demander une brève prolongation de l'Article 50 du Traité européen afin de parvenir au Brexit. C'est ce qu'affirme Reuters, citant la BBC et la chaîne Sky. Il s'agirait de donner au parlement un peu de temps pour trouver un terrain d'entente. May a affirmé que si la Chambre des communes n'approuvait pas l'accord de Brexit qu'elle soutient, elle devrait demander une prolongation au-delà du 30 juin, ce qui remettrait en fait en cause le processus de sortie.

VALEURS EN HAUSSE

Innate Pharma (+7,9% à 7,155 euros) affichait au 31 décembre dernier un niveau de trésorerie, équivalents de trésorerie et actifs financiers de 202,7 ME (176,6 ME en 2017). Ce montant inclut l'encaissement de 102,9 ME correspondant à une partie des sommes dues par AstraZeneca au titre des accords signés en octobre 2018. La société donne aussi sa position au 31 janvier 2019 : elle s'élève à 256,6 ME suite aux paiements définitifs reçus de et payés à AstraZeneca dans le cadre des accords signés en octobre 2018. Les produits opérationnels s'élèvent à 94 ME (36,2 ME en 2017) provenant des accords de collaboration et de licence (79,9 ME) et du crédit d'impôt recherche (13,5 ME). Innate Pharma affiche une résultat opérationnel de 5,15 ME, contre une perte de -39 ME un an plus tôt et un bénéfice net de 3,05 ME, contre -41,73 ME en 2017.

Virbac (+4,9% à 137,4 euros) poursuit sur sa lancée de la veille, dans le sillage des derniers résultats financiers. Le groupe est parvenu à bien maîtriser sa rentabilité. Le chiffre d'affaires annuel du groupe s'était élevé à 868,9 ME, en progression par rapport à 2017 de 0,8% à taux de change réels et de 4,5% à taux constants. Le résultat opérationnel courant avant amortissement des actifs issus d'acquisitions s'élève à 88,1 ME, en notable progression par rapport à 2017 (80,3 ME), malgré un fort impact de change négatif de 7,1 ME. À taux de change constants le résultat opérationnel courant avant amortissement des actifs issus d'acquisitions marque une progression de 18,5%. Le résultat net part du groupe s'établit à 20,1 millions, une forte hausse par rapport à l'année précédente (-2,6 ME).

Akka (+2,8% à 62,2 euros). Le résultat opérationnel consolidé 2018, incluant PDS Tech depuis le 1er novembre 2018, progresse de 19,7% et s'établit à 90,1 ME. Les coûts non récurrents s'élèvent à 18,2 ME. Ils sont liés au lancement du plan Clear 2022 et à la finalisation de la transformation de la Business Unit Allemagne. Le coût des stock-options et actions gratuites s'élève à 9,8 ME pour l'exercice. Le résultat net consolidé progresse de 20,4% à 53,1 ME. Il représente 3,5% du chiffre d'affaires contre 3,3% en 2017.

Teleperformance (+3,9% à 166,7 euros). Morgan Stanley a rehaussé à 'surpondérer' sa recommandation sur la valeur Teleperformance en visant 185 euros. Si Teleperformance est confronté à certaines préoccupations à plus long terme, les perspectives à court terme semblent attrayantes, selon le broker, qui s'attend à ce que le groupe réalise une croissance supérieure à la guidance et au consensus cette année. Morgan Stanley estime même que la firme pourrait enregistrer sa meilleure croissance organique depuis une décennie.

Hermès International (+0,8% à 595,2 euros) vient de publier des résultats annuels en progression et globalement en ligne avec les attentes des analystes. Sur l'exercice clos fin décembre, le sellier enregistre un bénéfice net de 1,405 milliard d'euros (+15%) pour un chiffre d'affaires consolidé de 5,966 MdsE, en croissance de +10,4% à taux de change constants et de +7,5% à taux de change courants. Le résultat opérationnel courant progresse de 6% à 2,045 MdsE (34,3% des ventes).

Viel et Cie (+2% à 5,18 euros) a bouclé 2018 sur un chiffre d'affaires consolidé de 798,5 millions d'euros, en hausse de 8,9% à cours de change constants (+5,5% à cours de change variables). Son résultat avant impôt ressort à 72,8 millions d'euros (+23,9%) et son résultat net en hausse de 34,7% à 58,8 millions d'euros. Le résultat net part du groupe progresse de 41% à 43,4 millions d'euros.

VALEURS EN BAISSE

Elior (-6,7% à 12,57 euros). Selon Reuters, qui cite quatre sources proches du dossier, PAI Partners serait favori pour reprendre les activités de restauration de concession du groupe français. La société américaine d'investissement Lone Star et le groupe suisse de restauration embarquée Gategroup seraient également encore en lice. Une dizaine de fonds ainsi que des groupes industriels comme les italiens Autogrill et Cremonini où le français Lagardère avaient été cités initialement parmi les candidats potentiels pour le rachat d'Areas, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 1,8 milliard d'euros soit 27% des ventes totales d'Elior sur l'exercice 2017-2018... Le prix de cession évoqué serait néanmoins en bas de fourchette des estimations d'analystes.

Maisons France Confort (-4% à 36,3 euros). Les comptes annuels sont ressortis un peu courts. Sur 2018, le résultat opérationnel est ressorti à 36 ME, en recul de 14%, soit une marge en retrait d'un point par rapport à l'année précédente à 4,5%, sous les attentes du consensus qui étaient calées sur un Rop de 44,7 ME. Du côté des analystes, Portzamparc et Midcap Partners Louis Capital Markets parlent tout deux d'une "publication décevante" en pointant du doigt la contreperformance de l'activité Rénovation...

Eurofins Scientific (-2,9% à 365,8 euros). Jefferies a dégradé Eurofins à 'conserver' avec un objectif de cours coupé de 520 à 400 euros. Eurofins devra faire preuve cette année d'un savant dosage entre croissance, attention portée aux marges et focus sur le free cash-flow (à travers de moindres investissements) s'il veut répondre aux attentes des investisseurs, juge le broker.

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