Mi-séance Paris : sursaut général du secteur pétrolier

Mi-séance Paris : sursaut général du secteur pétrolier
2 - Venezuela. Seul pays d'Amérique du Sud figurant dans la liste des pays les plus riches en pétrole, Caracas dispose de réserves estimées à 211,2 millions de barils. Sa production a atteint 2,50 millions de barils par jour ...

Boursier.com, publié le jeudi 02 avril 2020 à 12h00

LA TENDANCE

Le CAC40 évolue en légère hausse depuis l'ouverture ce jeudi. Il gagne 0,5% en milieu de journée autour de 4.230 points. Le rebond est beaucoup plus prononcé pour le secteur pétrolier qui réagit à l'entente qui semble se profiler entre la Russie et les autres producteurs pour empêcher que la chute du baril ne se poursuive. Un baril qui n'a pas tardé à réagir dès cette nuit et gagne actuellement 10% à 22,3 dollars le WTI.

C'est l'indicateur de la journée ! Comme la semaine passée, les investisseurs attendent fébrilement 14h30 et la publication des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis. Des données qui porteront une nouvelle fois la trace de la pandémie de Covid-19 et de son énorme impact sur la première économie mondiale. Selon les attentes de Wall Street, le nombre d'Américains demandant des allocations de chômage devrait atteindre le chiffre record de 4,8 millions pour la semaine se terminant le 28 mars, contre le niveau historique de 3,283 millions observé la semaine précédente. Mais les attentes sont encore une fois très disparates puisque certains économistes tablent sur près de 9 millions ! La majorité des spécialistes anticipent néanmoins un niveau compris entre 4 et 5 millions.

VALEURS EN HAUSSE

* Face à la crise, TechnipFMC (+10%) fait part de sa volonté de réduire de 30% ses dépenses d'investissement, à 300 millions de dollars en 2020, soit une réduction de 150 millions de dollars par rapport aux prévisions antérieures de l'entreprise pour l'exercice complet. Le groupe annonce aussi "plus de 100 millions de dollars de réductions de coûts annualisées pour le segment Surface Technologies", principalement pour faire face à la baisse soudaine et marquée de l'activité en Amérique du Nord.

* CGG et Vallourec remontent aussi d'environ 8% et Total de 4% à 36,6 euros.

* Air France (+4% à 5 euros) : La compagnie néerlandaise KLM n'envisage pas de se séparer de sa maison-mère Air France-KLM, a indiqué mercredi son directeur général, alors que les deux compagnies aériennes font face à l'effondrement du trafic lié à la crise du coronavirus.

* Bouygues (+4% à 25,3 euros) a annoncé mercredi soir qu'il renonçait à ses objectifs de résultats 2020, qu'il avait dans un premier temps suspendus le 24 mars dernier. Seuls les résultats de sa filiale Bouygues Telecom, moins affectée par la crise du Covid-19, restent suspendus en attendant une meilleure visibilité. En outre, le conseil d'administration de Bouygues a décidé de renoncer à proposer une distribution de dividende à l'assemblée générale du 23 avril 2020.

* Crédit Agricole (+2% à 6,47 euros) : L'intention de distribuer des dividendes au titre de l'exercice 2019 apparaît aujourd'hui incompatible avec les recommandations de la Banque Centrale Européenne émises le 27 mars qui demandent aux banques sous sa supervision de ne pas verser de dividendes tant que perdure la crise du coronavirus, et ce jusqu'à "au moins début octobre 2020". Or, ce délai est incompatible avec le code du commerce, qui prescrit un paiement du dividende annuel au plus tard le 30 septembre. Dans ces conditions, le Conseil d'administration de Crédit Agricole S.A., consulté par écrit le 1er avril 2020 en application des dispositions légales sur le fonctionnement des organes délibérant durant l'épidémie de Covid-19, a décidé de proposer à l'Assemblée Générale du 13 mai 2020 l'affectation à un compte de réserves de l'intégralité du résultat de l'année 2019.

* Safran s'offre un rebond technique de 5% à 70,3 euros. Le titre de l'équipementier aéronautique et du groupe de Défense reste sur quatre séances de fort repli, dont une chute de plus de 16% sur la seule journée de mercredi. Bernstein, qui a dégradé hier la valeur à 'performance de marché' malgré une cible relevée de 72 à 83 euros, explique que la baisse "sans précédent" du trafic aérien commercial pourrait être encore plus importante que les prévisions actuelles de l'IATA, qui anticipe une chute de 38% en 2020 (exprimée en RPK, revenu par passager-kilomètre). Dans ce contexte, le courtier affirme que le marché secondaire des pièces détachées devrait connaître un déclin encore plus important et repartir plus lentement que le trafic.

* Michelin (+0,4%) a décidé de réduire le dividende proposé au titre de l'exercice 2019 à 2 euros contre 3,85 euros annoncé initialement, avec un versement le 3 juillet 2020.

VALEURS EN BAISSE

* M6 (-2%) a proposé au Conseil de Surveillance de modifier la résolution de la prochaine Assemblée générale des actionnaires relative à l'affectation du résultat. Il souhaite suspendre le versement d'un dividende au titre de l'exercice 2019.

* Dassault Systèmes (-4,5%) : La croissance estimée du chiffre d'affaire du 1er trimestre 2020 est comprise entre 14% et 17%, reflétant la performance de Medidata et la croissance organique du chiffre d'affaires récurrent. Dassault Systemes rappelle que la limite basse de son objectif de croissance initial est de 20%, un chiffre établi avant la crise du COVID, à taux de change constants. Le chiffre d'affaires récurrent est en ligne avec les objectifs initiaux, et représente environ 84% du chiffre d'affaires logiciel au 1er trimestre. La croissance par rapport à la même période de l'année précédente est tirée par des renouvellements robustes et la bonne dynamique de Medidata.

* Veolia Environnement (-2%) a annoncé mercredi qu'il suspendait ses perspectives de résultats pour 2020 et qu'il divisait par deux sa proposition de dividende pour 2019 en raison des baisses d'activité et des incertitudes liées à la pandémie de coronavirus. Avant la crise du Covid-19, le numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets prévoyait une croissance organique "solide" de ses ventes, un Ebitda d'environ 4,1 milliards d'euros et un dividende "en croissance sur la trajectoire" de son plan 2020-2023. Le dividende proposé sera désormais de 0,50 euro par action au titre de l'exercice 2019 au lieu de 1,00 euro annoncé fin février, et après 0,92 euro par titre pour 2018.

* Natixis plonge encore de 11% à 2,2 euros, portant ses pertes sur cinq séances à plus de 40%. Le rebond de 23% du 26 mars semble déjà bien lointain. Natixis a annoncé hier que son Conseil d'administration avait pris la décision de suivre les recommandations formulées par la Banque Centrale Européenne et ne proposera ainsi pas à l'Assemblée générale annuelle d'approuver la distribution d'un dividende par action de 0,31 euro au titre de l'exercice 2019. Par ailleurs, en ligne avec les recommandations actuelles de la BCE, aucun provisionnement de dividende ne sera effectué au cours de l'exercice 2020 d'un point de vue prudentiel. Le Conseil d'administration reconsidérera cette décision après le 1er octobre 2020 afin de procéder à une éventuelle distribution, en fonction de la situation qui prévaudra à ce moment.

Les craintes toujours bien présentes autour de la filiale de gestion d'actifs H2O ainsi que l'exposition relativement importante de Natixis au secteur de l'énergie pèsent également sur la valeur.

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