Mi-séance Paris : timide progression du CAC sur les 5.000 pts

Mi-séance Paris : timide progression du CAC sur les 5.000 pts©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 12 août 2020 à 12h00

Le marché parisien hésite ce mercredi, mais le CAC 40 parvient tout de même à grappiller 0,27% à 5.042 pts. Les opérateurs manquent d'enthousiasme, alors que le nouveau plan de relance se fait attendre aux USA, et que les doutes subsistent concernant le providentiel vaccin covid-19 validé par Moscou.

La cote américaine, qui avait finalement connu hier soir un accès de faiblesse malgré le 'vaccin russe', reprend de l'étoffe avant bourse ce mercredi. Hier, les prises de profits l'avaient finalement emporté (-1,69% sur le Nasdaq et -0,38% sur le DJIA), en l'absence de développement sur le nouveau plan de relance américain. Ce mercredi, en pré-séance, le DJIA remonte de 0,9% et le S&P500 de 0,8%.

Les principales places européennes s'affichent en ordre dispersé, en l'absence, pour l'heure, de compromis au Congrès des Etats-Unis sur des mesures supplémentaires de soutien à l'économie. Les négociations entre la Maison blanche et les démocrates sont pour l'heure au point mort sur le plan de relance, et les opérateurs doivent donc se contenter des décrets de Donald Trump destinés à assurer une aide de court terme aux millions
d'Américains mis au chômage par la crise.

Il faut dire que dans le même temps, l'élection présidentielle de novembre se rapproche aux USA. Le candidat démocrate Joe Biden a choisi d'ailleurs la sénatrice Kamala Harris, détractrice de la politique migratoire de Trump, comme colistière. Élue au Sénat en 2016 et âgée de 55 ans, elle s'était présentée à la primaire démocrate avant de jeter l'éponge et de soutenir Biden.

Sur le front économique ce mercredi, notons que la crise du coronavirus a provoqué une chute de 20,4% de l'économie britannique au deuxième trimestre, plus forte contraction annoncée à ce jour par une économie développée.

La production industrielle, corrigée des variations saisonnières, a augmenté de 9,1% dans la zone euro en juin après avoir bondi de 12,3% le mois précédent. Le marché tablait sur une hausse plus marquée de 10%. En glissement annuel, la production affiche encore un repli de 12,3% contre- 11,6% de consensus.

Aux Etats-Unis, l'indice des prix à la consommation du mois de juillet sera communiqué à 14h30 (consensus +0,3%, +0,2% hors alimentaire et énergie). L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois d'août sera annoncé à 16 heures. Le rapport du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 7 août sera communiqué à 16h30 (consensus -3,4 millions de barils). La balance budgétaire américaine sera annoncée à 20 heures (consensus -138,3 milliards de déficit).

La Bourse de New York a terminé dans le rouge hier mardi, alors que le S&P500 avait abordé pourtant durant la séance ses meilleurs niveaux historiques. L'indice Dow Jones a perdu 0,38%, le S&P500 0,80% et le Nasdaq Composite 1,69%, pénalisé par des prises de bénéfice sur les grandes valeurs technologiques.

Les deux contrats de référence sur le pétrole prennent chacun environ 1,4% ce jour, à 45,1 dollars le baril pour le Brent de mer du Nord et 42,2 dollars pour le brut léger américain. Le billet vert (indice dollar) évolue peu face à un panier de référence.

La volatilité reste forte sur l'or. Le métal se négocie autour des 1.940$ l'once après avoir chuté de 5,7% mardi, soit sa plus forte baisse depuis sept ans. La relique barbare est même tombée sous les 1.870$ en début de journée après avoir aligné les séances haussières au cours des dernières semaines.

Donald Trump a décidé samedi de contourner le Congrès en signant un plan de relance par décrets. Les mesures permettraient un gel des cotisations salariales et le versement d'une indemnité hebdomadaire de 400 dollars à des dizaines de millions de chômeurs américains. Jusqu'à la fin du mois dernier, ces chômeurs bénéficiaient d'une indemnité de 600 dollars. Ce plan peut toutefois être contesté par les démocrates.

Nancy Pelosi et Steven Mnuchin ont indiqué récemment leur volonté de reprendre les négociations en vue du nouveau plan tant attendu de soutien à l'économie américaine, qui doit compenser l'impact de la crise du covid-19. Rappelons que le président américain Donald Trump, en l'absence de progrès dans ces discussions, avait signé samedi des décrets apportant une aide supplémentaire aux millions d'Américains au chômage suite à la crise récente. Les mesures ont néanmoins été jugées globalement insuffisantes par le clan démocrate.

Trump a estimé dimanche que la suspension des cotisations sociales annoncée la veille pourrait bien devenir permanente. La mesure n'aura pas d'impact sur la sécurité sociale. A propos de la reprise éventuelle des pourparlers à Washington, Trump a ajouté que la Maison blanche était prête à échanger si cela n'était pas une perte de temps.

Pelosi et Mnuchin paraissent désireux de trouver un accord prolongeant des aides jusqu'à la fin de l'année, mais l'échéance présidentielle complique la donne. Mnuchin a engagé les négociateurs à adopter ainsi "une loi sur des choses pour lesquelles nous pouvons nous entendre" (...) "Nous n'avons pas besoin de tout régler d'un coup", a ajouté le responsable sur Fox News.

Sur le front sanitaire, le nombre de morts dus au nouveau coronavirus a reculé la semaine dernière aux Etats-Unis après quatre semaines de hausse, constate Reuters, qui évoque une baisse des contaminations dans plusieurs états dont l'Arizona, la Floride et la Californie. Au niveau mondial, plus de 20 millions de cas ont été recensés selon l'Université Johns Hopkins, dont 5,14 millions aux USA, 3,06 millions au Brésil, 2,33 millions en Inde et 895.691 en Russie. Le nombre de morts dans le monde se chiffre à 741.723, dont 164.537 aux Etats-Unis et 101.752 au Brésil. Plus de 53.900 décès sont recensés au Mexique et 46.611 au Royaume-Uni.

Les données sont contrastées selon les pays. Ainsi, l'Allemagne a fait état ce mercredi de la plus forte hausse quotidienne des nouvelles contaminations en trois mois. Selon l'Institut Robert Koch (RKI) pour les maladies infectieuses, le nombre de cas confirmés a augmenté à 218.519, 1.226 cas de plus que la veille. Le nombre de décès reste en revanche faible, avec six morts supplémentaires signalés.

Les autorités néo-zélandaises investiguent pour déterminer si les premiers cas de contamination par le nouveau coronavirus identifiés en plus de trois mois pourraient être liés à des importations de biens. Auckland, plus grande ville du pays, renouait ce jour avec le confinement.

L'Australie a dévoilé ce jour le pire bilan quotidien depuis le début de l'épidémie. L'Etat de Victoria, le plus peuplé du pays, a enregistré 21 décès et 410 nouveaux cas. Un foyer à Melbourne, capitale de l'Etat, a forcé la semaine dernière les autorités à imposer un nouveau couvre-feu. L'Etat de Nouvelle-Galles du Sud a annoncé 428 cas en 24 heures. L'Australie a enregistré au total un peu plus de 22.000 cas et 352 décès.

Un cas de 'recontamination' au nouveau coronavirus a quant à lui été identifié par les autorités de la ville de Jingzhou, dans la province du Hubei, dans le centre de la Chine. Un test a confirmé qu'une femme de 68 ans était à nouveau infectée, après un premier test positif le 8 février suivi d'un rétablissement.

Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part annoncé hier la validation par les autorités locales de santé d'un tout premier vaccin contre le nouveau coronavirus. Le ministère russe de la Santé a donc accordé une autorisation réglementaire pour ce premier vaccin anti-covid-19 développé par l'Institut Gamaleya. Le dirigeant du fonds souverain russe, Kirill Dmitriev, a indiqué que ce vaccin serait commercialisé sous le nom de Spoutnik V sur les marchés internationaux, le nom faisant référence au premier satellite artificiel lancé par l'Union soviétique en 1957. L'autorisation intervient après moins de deux mois d'essais chez l'homme. Elle va permettre une utilisation à grande échelle du vaccin en Russie.

Cependant, les dernières phases d'essais cliniques se poursuivent pour déterminer l'innocuité et l'efficacité du vaccin. Ces essais doivent débuter mercredi, selon Kirill Dmitriev. Vladimir Poutine, lors d'une réunion ministérielle retransmise par la télévision d'Etat, a ajouté : "Je sais qu'il est très efficace, qu'il permet de développer une forte immunité et, je le répète, il a passé tous les tests nécessaires". Poutine espère une production de masse sous peu.

L'Organisation mondiale de la Santé discute quant à elle avec les autorités russes de la procédure en vue d'une éventuelle "préqualification" du vaccin. "Nous sommes en contact étroit avec les autorités russes et des discussions sont en cours au sujet d'une éventuelle préqualification du vaccin", a précisé un porte-parole de l'organisation, cité par Reuters, ajoutant tout de même que cette préqualification inclut un examen et une évaluation de l'ensemble des données d'innocuité et d'efficacité.

Dans l'actualité du conflit sino-américain cette fois, le décret signé par Trump en vue d'interdire TikTok aux Etats-Unis pourrait se traduire par un retrait des boutiques de téléchargement pour smartphones et rendre illégal l'achat d'espaces publicitaires sur TikTok, selon un document de la Maison blanche consulté par l'agence Reuters. Trump a signé la semaine dernière un décret interdisant aux entreprises américaines toute transaction avec les Chinois ByteDance (TikTok) et Tencent (WeChat). Le président américain a donné jusqu'au 15 septembre à TikTok pour vendre ses opérations aux Etats-Unis, sous peine de les interdire.

Valeurs en hausse

Claranova (+10% !) poursuit sa trajectoire de forte croissance et clôture son exercice 2019-2020 (juillet 2019 - juin 2020) avec un chiffre d'affaires consolidé de 409 millions d'euros, en hausse de 56% par rapport à l'exercice précédent, dont 20% de croissance organique. Claranova réalise, au cours du seul quatrième trimestre de l'exercice 2019-2020, un chiffre d'affaires de 101 ME, en hausse de 52%, dont 34% de croissance organique.

Nicox (+2,9%) a conclu un accord de concession de licence exclusif avec ITROM Pharmaceutical Group pour l'enregistrement et la commercialisation de ZERVIATE (solution ophtalmique de cétirizine), 0,24% pour le traitement du prurit oculaire associé aux conjonctivites allergiques dans les Etats Arabes du Golfe comprenant le Royaume d'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et le Qatar.

Advicenne (+5,9%) améliore sa structure financière grâce à la mise en oeuvre de son accord de financement de 20 ME avec la Banque Européenne d'Investissement. Le groupe annonce le tirage de la première tranche de ce prêt, pour un montant de 7,5 ME. Ce tirage met en oeuvre l'accord de prêt avec la Banque Européenne d'Investissement signé en juillet 2019. Ce financement, totalement non-dilutif, est structuré en trois tranches de 7,5 ME, 5 ME et 7,5 ME.

Theranexus (+4,9%) et la Fondation Beyond Batten Disease (BBDF) annoncent la décision de la Food and Drug Administration (FDA) d'accorder le statut de médicament orphelin (ODD) et la désignation de maladie rare pédiatrique (RPDD) au candidat médicament BBDF-101 dans la maladie de Batten, une maladie génétique du système nerveux, rare et mortelle pour laquelle il n'existe aucun traitement.

Valeurs en baisse

GL Events (-2,4%). Les dernières annonces du gouvernement ne sont guère bonnes pour le spécialiste de l'événementiel, dans la mesure où le Premier Ministre, Jean Castex, a indiqué hier maintenir l'interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes jusqu'au 31 octobre. La société va adapter les manifestations déjà prévues afin de recevoir 5.000 personnes par jour et par hall. De plus, toutes les mesures d'accompagnement sanitaires seront mises en place "afin que les événements aient lieu dans des conditions de sécurité optimales". GL Events a par ailleurs rappelé qu'elle organise, accueille et réalise des prestations pour des projets de taille restreinte qui demeurent autorisés (congrès, réunions, séminaires, conférences...).

SII (-2,5%) a réalisé au cours du 1er trimestre de l'exercice 2020/2021 un chiffre d'affaires de 147,4 millions d'euros, en baisse de -9,3%. SII est en repli organique de -7,3%. Pour le groupe, le point bas de l'activité semble avoir été atteint au cours du mois de mai 2020. Toutefois, l'évolution de la situation sanitaire appelle encore à la plus grande prudence. Sous réserve d'une stabilisation de la situation sanitaire, le prochain trimestre devrait afficher une amélioration de la situation en France avec une baisse d'activité moins prononcée qu'au premier trimestre et une poursuite de la croissance à l'international sur un rythme équivalent au 1er trimestre.

HSBC a revalorisé Air Liquide de 135 à 152 euros ('achat'), mais le titre s'affiche quasiment inchangé ce mercredi.

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