Mi-séance Paris : un peu de prudence avant la réunion de la Fed

Mi-séance Paris : un peu de prudence avant la réunion de la Fed
Donald Trump et le président de la Fed Jerome Powell à Washington.

Boursier.com, publié le mercredi 10 juin 2020 à 12h00

LA TENDANCE

Le CAC40 avait franchi à nouveau les 5.100 points dès les premiers échanges mais pointe désormais en baisse de 0,4% à 5.074 points. Le palmarès des valeurs du CAC40 est assez peu animé est traduit l'attentisme des investisseurs après la remontée très rapide des indices depuis une dizaine de jours. Et que dire de Wall Street où le Nasdaq s'est permis de rejoindre de nouveaux sommets historiques ? La cote américaine progresse d'ailleurs encore avant bourse ce mercredi, dans l'attente du communiqué monétaire de la Fed et de la conférence de presse de son patron Jerome Powell.

La Réserve fédérale américaine, qui a déjà fait beaucoup depuis le début de la crise ne devrait rien annoncer de révolutionnaire aujourd'hui, mais ses prévisions et les indications qu'elle donnera sur l'évolution de sa politique sont très attendues sur les marchés. Certains opérateurs commencent à craindre un début de retrait ou en tout cas un arrêt de l'aide massive injectée par la Fed, si l'économie américaine devait finalement se reprendre plus vite que prévu... Soit le scénario de la reprise en "V". Où quand "good news is bad news" pour des marchés dopés aux aides massives. Il est quoi qu'il en soit probable que les taux des fonds fédéraux restent quasiment à zéro jusqu'à l'année prochaine.

Sur le front sanitaire, le Brésil, l'un des pays les plus frappés par le nouveau coronavirus, a repris hier la publication des statistiques publiques sur le virus suite à une décision de la Cour suprême brésilienne. Le Brésil a confirmé plus de 700.000 cas et plus de 37.000 morts. Selon l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur le sujet, le nombre de cas confirmés dans le monde depuis le début de l'épidémie s'élève à 7,25 millions, dont 1,98 million aux Etats-Unis et 739.503 au Brésil, second pays le plus touché de ce point de vue. La Russie compte pour sa part 493.023 cas confirmés et le Royaume-Uni 290.581. La pandémie a fait plus de 411.000 morts dans le monde, dont plus de 112.000 aux USA et près de 41.000 au Royaume-Uni.

VALEURS EN HAUSSE

* Veolia gagne 1,5% à 21,7 euros. Le groupe de services aux collectivités est dopé par une note de Morgan Stanley qui est passée à 'surpondérer' sur la valeur en visant 26 euros. La banque américaine, qui a également relevé son avis sur Suez, met en avant leur combinaison d'activités "relativement résistantes" et leur exposition aux tendances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Elle note également que les deux titres se négocient avec une décote au niveau du PE 2021 "anormalement élevée" par rapport aux valeurs cycliques européennes. Concernant plus précisément Veolia, MS évoque de bons niveaux de croissance, la réduction des coûts et la rotation des actifs comme des points positifs sur le dossier.

* Vetoquinol (+1,7% à 60,8 euros) : La Commission européenne (CE) a approuvé, en vertu du règlement européen sur les concentrations, le projet d'acquisition de la division Santé animale de Bayer par Elanco. Cette décision de la Commission européenne est conditionnée à la cession de plusieurs produits, y compris les familles de produits Profender et Drontal, ainsi que des projets de R&D y afférents, qui seront acquis par le laboratoire Vetoquinol.

* SEB (+3,4% à 129,6 euros) a placé ce jour avec succès un emprunt obligataire d'un montant de 500 ME, d'une durée de 5 ans (échéance au 16 juin 2025) et portant intérêt au taux de 1,375%. Le livre d'ordres, de grande qualité, s'est élevé à plus de 1.600 ME.

* OL Groupe (+1% à 2,30 euros) a pris acte de la décision du juge des référés du Conseil d'Etat de ne pas suspendre la décision d'arrêt du championnat prise par la LFP le 30 avril 2020. "Toutefois, le jugement mentionne, sans équivoque, que cette décision a été prise par le Conseil d'Administration de la LFP, et non par l'Etat, et que ledit Conseil n'était pas en compétence liée des positions exprimées par le Premier ministre le 28 avril, contrairement à ce que la LFP martelait."...

* Worldline gagne 0,4% à 67,9 euros. L'assemblée générale a approuvé à une vaste majorité (99,59%) l'émission d'actions que la société pourrait initier dans le cadre de l'offre publique sur les actions et obligations convertibles (OCEANEs) émises ou à émettre par Ingenico, qui sont nécessaires à la réalisation de l'acquisition d'Ingenico.

VALEURS EN BAISSE

* Total cède 1,3% à 37,2 euros alors que le baril de pétrole continue sa décrue (-2% pour le WTI à 38 dollars).

* Michelin perd 3% à 94,6 euros. Barclays est repassé de 'surpondérer' à 'pondération en ligne' en ciblant un cours de 105 euros.

* Safran (-2%), qui a réduit ses investissements d'environ un tiers pour faire face à la crise, estime qu'il faudra attendre 2023 ou 2024 pour voir l'activité revenir à son niveau de l'an passé. Dans un entretien accordé à 'BFM Business', Philippe Petitcolin a souligné que le chiffre d'affaires de la société a baissé d'environ 50% en mai, comme en avril, "il n'y a pas eu d'amélioration". Le dirigeant a également indiqué que Safran n'avait reçu commande des compagnies aériennes, qui représentent environ 45% des ventes du groupe. Il s'attend toujours à livrer moins de 1.000 moteurs LEAP cette année.

* Accor perd 1,5% à 27,6 euros à la mi-journée à Paris. Bryan Garnier a dégradé le titre à 'vendre' après le récent rebond de 25% et une action qui approche de sa 'fair value' (abaissée de 47 à 31 euros). Si les dirigeants des principaux groupes hôteliers sont optimistes pour le long terme, tous reconnaissent qu'ils sont confrontés à de nombreuses inconnues à court terme avec malheureusement peu de solutions. Ils sont pratiquement unanimes à estimer que la reprise prendra deux/trois ans, au cours desquels l'industrie changera, mais considèrent que la croissance se fera finalement en termes d'appétit de voyage...

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