Ouverture Paris : le CAC40 s'affranchit de Wall Street

Ouverture Paris : le CAC40 s'affranchit de Wall Street
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Boursier.com, publié le jeudi 15 mars 2018 à 09h30

LA TENDANCE

Les investisseurs parisiens font fi des nouvelles mitigées voire inquiétantes en provenance des Etats-Unis où la question de la guerre commerciale avec la Chine prend de l'ampleur, faisant inévitablement peser de réelles craintes sur la croissance économique mondiale et sur l'inflation, en renchérissant les produits importés. Après l'acier et l'aluminium, le président américain a de nombreux produits du sud-est asiatique dans le viseur. Le blocage du rachat de Qualcomm par la société de Singapour Broadcom s'inscrit dans une telle logique d'affrontement. Dans ce contexte, la réunion de la Fed de la semaine prochaine est dans tous les esprits... Le CAC40 qui a, il est vrai, connu une fin de séance difficile hier, s'adjuge ce matin 0,35% à 5.245 points. Il demeure à distance des 5.300 points qu'il a été incapable de franchir lors des dernières séances. Côté valeurs, le début de séance prend une couleur rouge vif pour Bourbon et Virbac...

WALL STREET

Les marchés américains ont subi une deuxième séance baissière, mercredi, après des signes inquiétants d'une escalade dans les mesures protectionnistes prévues par Donald Trump. Après l'acier et l'aluminium, le président américain menace désormais de taxer de nombreux produits chinois, et a bloqué le rachat de Qualcomm par la société de Singapour Broadcom. Avec le limogeage de Rex Tillerson (ex-secrétaire d'Etat) et le remplacement de Gary Cohn (ex-conseiller économique), ce sont autant de signes d'un durcissement de la position du président américain en matière diplomatique et commerciale. A la clôture, le Dow Jones a cédé mercredi 1% à 24.758 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,57% à 2.749 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a lâché 0,19% à 7.496 pts.

ECO ET DEVISES

La Banque de France a revu à son tour jeudi en hausse à 1,9% sa prévision de croissance pour l'économie française pour cette année, soit 0,2 point de plus que dans ses précédentes estimations, sur la lancée de sa forte accélération de 2017.

Les prix à la consommation sont restés stables en France en février après le repli de 0,1% du mois de janvier.

Aux Etats-Unis, les prix à l'import et à l'export, les inscriptions hebdomadaires au chômage, et les indices manufacturiers Empire State de la Fed de New York et de la Fed de Philadelphie sont tous attendus à 13h30, avant à 15h00 l'indice du marché immobilier (15h00).

La parité euro / dollar atteint 1,2381 ce matin. Le baril de Brent se négocie 64,92$ et le WTI 61,04$. L'once d'or se traite 1.328$ (+0,2%).

VALEURS EN HAUSSE

* Airbus (+1,10% à 96,29 Euros) : le patron opérationnel de la division aviation commerciale a mis les pieds dans le plat en expliquant au 'Financial Times' qu'il sera "pratiquement impossible" à Airbus de donner de nouvelles tâches à GKN, dont il est le plus gros client, si Melrose parvient à mener à bien son OPA hostile sur l'équipementier britannique. La raison ? Melrose est un spécialiste du redressement des entreprises et sera trop concentré sur la performance à court terme, selon le dirigeant.

* Veolia (+0,30% à 19,43 Euros) : la société veut procéder au remboursement de ses titres super subordonnés à durée indéterminée en euros et en sterlings émis en janvier 2013, pour des valeurs nominales respectives de 1 MdE et 400 M£. De quoi économiser un coupon de 68 ME par an sans que la notation "Investment Grade" en pâtisse.

* Capgemini (+0,50% à 105,80 Euros) : le conseil d'administration a proposé la reconduction du PDG Paul Hermelin pour quatre ans. Par ailleurs, un siège est prévu pour le patron de la Société Générale, Frédéric Oudéa.

VALEURS EN BAISSE

* Société Générale (-2,45% à 43,95 Euros) : alors que la banque recommençait à séduire les investisseurs avec un plan stratégique ambitieux, l'affaire Didier Valet va saper la confiance du marché, du moins jusqu'au dénouement du dossier Libor aux Etats-Unis. Le directeur général délégué a démissionné à la suite d'une différence d'appréciation dans la gestion d'un dossier juridique spécifique du groupe, antérieur à son mandat de directeur général délégué.

* Bourbon (-8,10% à 6,22 Euros) : il fallait s'y attendre, la société n'a pas pu respecter plusieurs covenants bancaires au 31 décembre 2017, rendant exigible sa dette. Elle va entamer des discussions avec ses créanciers. Le spectre d'une augmentation de capital n'est pas très loin.

* Albioma (-6,40% à 19,66 Euros) : Altamir sort du capital en vendant ses 6,5% par le biais d'un placement privé. L'investisseur était présent depuis 2005 au capital. L'opération a été réalisée à 18,70 euros pièce, une décote conséquente sur les cours actuels.

* Virbac (-10,50% à 111,60 Euros) : exercice 2017 compliqué, encore un ! Le résultat net vire au rouge (-2,6 ME). Cette année, les revenus devraient légèrement progresser, toujours handicapés par une reprise atone aux Etats-Unis. Les marges devraient légèrement s'accroître.

* Mersen (-9% à 35,65 Euros) : Sofina et Ardian ont placé 11,1% du capital à 35 euros, une grosse décote de 10,6%. Mersen a racheté 1% de ses propres actions dans l'opération.

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