Préouverture Paris : quelle feuille de route ?

Préouverture Paris : quelle feuille de route ?
Vue générale du Palais Brongniart, place de la bourse.

Boursier.com, publié le lundi 23 novembre 2020 à 08h30

LA TENDANCE

Après 1.000 pts de repris en l'espace de 15 jours sur le CAC40, la bourse de Paris attaque une nouvelle semaine qui sera marquée par les célébrations de Thanksgiving jeudi aux Etats-Unis dans un contexte de résurgence épidémique inquiétant outre-Atlantique. En revanche, sur le vieux continent, la tendance est à l'amélioration lente après le second pic épidémique qui semble avoir été atteint ces derniers jours, comme en France. Emmanuel Macron devrait donc annoncer demain soir à 20H00 une feuille de route plus souple pour le mois qui vient avec les fêtes de Noël en ligne de mire, ce qui passe par la réouverture des petits commerces non-essentiels... Bars et restaurants devront en revanche sans doute patienter jusqu'à janvier. Quant aux avancées de la recherche, les annonces des laboratoires devraient se poursuivre à bon rythme avec une campagne de vaccination pour les personnes à risque (Ehpad, personnel soignant...) qui pourrait se dérouler en début d'année prochaine. En attendant, le CAC40 reste au contact des 5.500 pts, au plus haut depuis la fin du mois de février dernier.

WALL STREET

La Bourse américaine a terminé la semaine passée en baisse vendredi, partagée entre les espoirs nés des vaccins anti-Covid, et les divisions politiques aux Etats-Unis, qui pourraient freiner la lutte contre la pandémie... Alors que de nombreux Etats ont dû adopter de nouvelles restrictions sanitaires face à la flambée des cas de Covid-19, les opérateurs doutent des chances de voir adopté rapidement un nouveau plan de soutien budgétaire aux Etats-Unis, et voient d'un mauvais oeil l'annonce par l'administration Trump de l'arrêt de l'autorisation de certains programmes d'achat d'actifs de la Réserve fédérale.
A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,75% à 29.263 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,68% à 3.557 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a fléchi de 0,42% à 11.854 pts. Les titres des laboratoires impliqués dans les vaccins contre le coronavirus ont toutefois nettement progressé, dont Pfizer (+1,4%), BioNTech (+9,6%), Moderna (+5,2%) Curevac (+5,9%) et Astrazeneca (+2,3%).
Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones (-0,7%) et le S&P 500 (-0,8%) ont corrigé, après avoir inscrit des records lundi, tandis que le Nasdaq a progressé légèrement, de 0,2% en 5 séances, soutenu par les valeurs de santé et les "technos", qui profitent des mesures de reconfinement sanitaire.

ECO ET DEVISES

Les investisseurs restent partagés entre les bonnes nouvelles sur le front des futurs vaccins anti-Covid-19 et à l'inverse, la dégradation rapide de la situation sanitaire aux Etats-Unis, qui menace de freiner la reprise économique... Les incertitudes politiques pèsent aussi sur le climat général, dans une période de transition tendue entre Donald Trump et Joe Biden, qui prendra ses fonctions de président le 20 janvier prochain. L'adoption rapide par le Congrès d'un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie semble improbable, même si jeudi soir, Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat, a donné son accord pour reprendre les négociations.

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin avait auparavant jeté un pavé dans la mare en annonçant mettre fin, dès le 31 décembre, à l'autorisation accordée à la Fed de recourir à certains de ses programmes d'urgence en soutien à l'économie. Les mesures menacées comprennent notamment les programmes d'achats d'obligations d'entreprises, ainsi que les prêts directs aux entreprises et aux collectivités locales américaines. Dans un courrier adressé au président de la Fed, Jerome Powell, Steven Mnuchin réclame la restitution de 455 milliards de dollars alloués au Trésor dans le cadre du plan de soutien (le "CARES Act") voté en mars. Ces fonds devront être mis à la disposition du Congrès afin d'être réemployés, a dit le secrétaire au Trésor.
Le gouvernement américain sortant s'oppose ainsi clairement à la banque centrale dans la délicate période de transition entre l'administration de Donald Trump et celle que veut mettre en place le président élu, Joe Biden. La Fed a regretté cette décision : dans une interview accordée à Bloomberg. Raphael Bostic, le président de la Fed d'Atlanta et possible secrétaire au Trésor de Joe Biden, a ainsi jugé que "dans l'état dans lequel se trouve l'économie, (...) il est prudent de maintenir ces dispositifs".

Cette décision intervient alors que Donald Trump continue de refuser d'admettre sa défaite à l'élection présidentielle du 3 novembre, malgré l'échec jusqu'ici de ses recours pour fraude. Jeudi soir, les autorités locales de Géorgie ont confirmé qu'après recomptage des bulletins de vote, c'était bien Joe Biden qui était arrivé en tête du scrutin dans cet Etat pivot.
Le président américain élu, qui poursuit ses consultations en vue de la formation de son cabinet, a dénoncé l'"incroyable irresponsabilité" de Donald Trump lors d'une conférence de presse. Joe Biden a aussi affirmé qu'il avait pris sa décision concernant son (ou sa) futur(e) secrétaire au Trésor, un poste pour lesquels les noms de plusieurs responsables ou ex-responsables de la Fed ont été cités, dont Lael Brainard, Janet Yellen, Raphael Bostic ou encore Roger Ferguson.
Joe Biden a précisé qu'il annoncerait le nom du (ou de la) futur(e) ministre des Finances autour de Thanksgiving (le jeudi 26 novembre).

Sur le marché des changes, le dollar l'euro pointe à 1,1875/$. Le pétrole monte sur les 45$ le brent. L'once d'or cote 1.875$.

A SURVEILLER

- PIB préliminaire en France. (08h45)
- Indice flash PMI français des services. (09h15)
- Indice flash PMI manufacturier français. (09h15)
Etats-Unis :
- Indice flash PMI des services. (15h45)
- Indice flash PMI manufacturier. (15h45)
Europe :
- Indice flash PMI manufacturier allemand. (09h30)
- Indice flash PMI allemand des services. (09h30)
- Indice flash PMI européen des services. (10h00)
- Indice flash PMI manufacturier européen. (10h00)
- Indice flash PMI manufacturier britannique. (10h30)
- Indice flash PMI britannique des services. (10h30)

VALEURS A SUIVRE

Danone dévoile une nouvelle organisation de son modèle plus locale avec le passage d'une organisation mondiale par catégories à une organisation locale par zones. Une réorganisation qui se traduira par des réductions d'environ 1.500 à 2.000 postes dans les sièges mondiaux et locaux, avec jusqu'à 25% des effectifs des sièges mondiaux, précise la firme agroalimentaire. A l'occasion de la première session d'une série d'événements à l'attention des investisseurs portant sur ses plans d'adaptation annoncés le 19 octobre dernier, le groupe annonce également élargir son comité exécutif à 6 nouveaux membres pour refléter ces nouvelles zones géographiques.
Avec la nouvelle organisation mise en place, Danone vise des économies d'un total d'un milliard d'euros d'ici à 2023, comprenant de nouvelles sources de productivités industrielles, permettant de réduire de 300 millions d'euros le coût des produits vendus, ainsi qu'une baisse de ses frais généraux et d'administration de 700 millions d'euros, représentant environ 20% des coûts de structure de l'entreprise. Les économies attendues seront réinvesties en partie pour financer de nouvelles opportunités de croissance et contribueront à faire progresser l'agenda de croissance rentable de l'entreprise. Les coûts exceptionnels liés à la mise en place de la nouvelle organisation sont estimés aujourd'hui à environ 1,4 milliard d'euros pour la période 2021-2023.
Danone confirme son ambition de moyen-terme d'une croissance des ventes comprise entre +3% et +5% en données comparables. En tenant compte du plan d'économie d'un milliard d'euros annoncé aujourd'hui, l'entreprise vise aussi désormais une marge opérationnelle courante comprise entre 15% et 20% à moyen-terme, avec le nouvel objectif d'atteindre une marge supérieure à 15% dès 2022.

Danone confirme par ailleurs ses objectifs pour l'année 2020 d'une marge opérationnelle courante de 14% et d'un free-cash-flow de 1,8 milliard d'euros, malgré des conditions d'activité plus difficiles créées par de nouvelles mesures de restriction et de fermeture prises depuis la publication du chiffre d'affaires du troisième trimestre, notamment en Europe.
"Après 12 mois de COVID, nous prévoyons, grâce à ce plan d'adaptation, un retour à la croissance rentable en moins de 12 mois, dès le S2 2021, et un retour de la marge opérationnelle courante à son niveau pré-COVID, à plus de 15%, en 2022. La croissance est une condition sine qua non de notre succès et de notre impact positif. Mais dans ces circonstances nouvelles, je veux insister sur l'importance de la rentabilité de notre modèle. Car cette année a montré que la compétitivité de nos activités, de nos marques, dans nos pays peut être déstabilisée par les à-coups de la conjoncture. Je suis donc profondément convaincu que pour que nous puissions continuer à investir pour le long terme, pour la santé, pour l'agriculture, dans nos écosystèmes, au fond pour remplir notre mission, nous devons rapidement et durablement ajouter une marge de sécurité à l'étiage de rentabilité opérationnelle de nos affaires. Il faut donc nous donner une ambition complémentaire, forte, sur nos marges. Et ne pas attendre la croissance pour cela, mais la construire à partir d'un agenda que nous maîtrisons : notre organisation, nos façons de travailler, notre efficacité, et l'optimisation opérationnelle de notre portefeuille", affirme Emmanuel Faber, PDG de Danone.

Crédit Agricole Italia S.p.A., filiale à 75,6% de Crédit Agricole S.A. (CASA), lance aujourd'hui une offre publique d'achat volontaire entièrement en numéraire pour la totalité des actions ordinaires de Credito Valtellinese S.p.A. (Credito Valtellinese), conformément au communiqué publié aujourd'hui en application de l'article 102 du décret législatif no 58 du 24 février 1998 et de l'article 37 du Règlement Consob no 11971 du 14 mai 1999.
L'offre publique d'achat en numéraire de Crédit Agricole Italia sur Credito Valtellinese est à 10,50 euros par action, représentant une prime de 53,9% par rapport au CMPV 6-mois de Credito Valtellinese et de 21,4% par rapport au dernier1 cours officiel de Credito Valtellinese.

Néovacs a annoncé le tirage d'une tranche d'ORNANE, de valeur nominale de 1 ME, souscrite ce jour par HBR Investment Group, et le tirage de 2 tranches d'OCEANE-BSA, d'une valeur nominale de 1 ME, souscrite ce jour par European High Growth Opportunities Securitization Fund, soit une levée de fonds totale de 3 ME (2,9 ME net). Le produit de ces opérations sera destiné à financer le plan stratégique de la société, soit 50% pour le programme de recherche Kinoïde sur les allergies et 50% pour l'activité d'investissement.

Apax Partners LLP annonce la cession de la participation qu'elle détenait aux côtés de Carlyle dans ECi Software Solutions à Leonard Green and Partners, une société américaine de private equity.
A l'issue de la transaction, Apax Partners LLP réinvestira, via le fonds Apax IX LP, une part minoritaire dans la société.
La transaction, qui devrait être finalisée en décembre 2020, représente pour Altamir un multiple d'environ 4,2x son prix de revient. L'uplift réalisé sur cette cession est de 18% par rapport à la valorisation de la participation au 30 juin.

Nanobiotix a déposé un document d'enregistrement Form F-1 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) dans le cadre de son projet d'introduction en bourse sous la forme d'American Depositary Shares (ADSs) représentant des actions ordinaires aux Etats-Unis. Elle a également en vue un placement concomitant de ses actions ordinaires en Europe, en ce compris la France et d'autres pays.
Tous les titres vendus dans le cadre de cette Offre Globale seront émis par la société.

Nicox SA annonce aujourd'hui le lancement de VYZULTA (solution ophtalmique de latanoprostène bunod), 0,024% en Argentine par son partenaire exclusif mondial Bausch + Lomb. L'approbation réglementaire de mise sur le marché de VYZULTA en Argentine a été obtenue en janvier 2020.
VYZULTA est d'ores et déjà commercialisé aux Etats-Unis et au Canada et a également reçu des approbations de mise sur le marché à Hong Kong, au Mexique, à Taiwan et en Ukraine pour la réduction de la pression intraoculaire (PIO) chez les patients atteints de glaucome à angle ouvert ou d'hypertension oculaire. Bausch + Lomb poursuit des demandes d'approbation dans des territoires où les données cliniques de l'enregistrement américain (New Drug Application, NDA) peuvent être utilisées pour approbation par les autorités réglementaires locales.
Selon les termes de l'accord de concession de licence exclusif avec Bausch + Lomb, Nicox reçoit des redevances nettes croissantes de 6% à 12% sur les ventes mondiales de VYZULTA et des paiements d'étape potentiels pouvant atteindre un montant de 150 millions de dollars.

Teleperformance a annoncé avoir réalisé avec succès un placement obligataire d'un montant de 500 millions d'euros, assorti d'un coupon de 0,25% et venant à échéance en 2027. Il s'agit de la première émission mise en place dans la cadre d'un programme EMTN (Euro Medium Term Note) visé par l'Autorité des marchés financiers. Le produit net de cette émission aura vocation à être affecté aux besoins généraux du groupe ainsi qu'au financement de l'acquisition de Health Advocate qui devrait être finalisée au cours du premier trimestre 2021. Elle permettra aussi à Teleperformance, désormais émetteur obligataire régulier, d'améliorer son coût de financement, d'allonger la maturité de sa dette et de diversifier ses ressources financières.

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