Préouverture Paris : rendez-vous pris

Préouverture Paris : rendez-vous pris©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 14 décembre 2017 à 08h30

LA TENDANCE

Comme prévu, la Réserve fédérale américaine a relevé mercredi soir ses taux directeurs d'un quart de point, dernier geste monétaire de Janet Yellen avant son départ prévu début 2018. Wall Street a réagi une nouvelle fois positivement aux annonces de la banque centrale, qui devrait poursuivre en 2018 son approche prudente et pragmatique en matière de normalisation de sa politique monétaire sous la houlette de Jerome Powell. Le marché US a aussi profité des informations en provenance du Congrès, faisant état d'un compromis entre le Sénat et la Chambre des représentants US sur la réforme fiscale aux Etats-Unis. Mario Draghi, est désormais attendu ce jeudi après-midi sur le rythme de réduction du programme de rachat d'actifs de la banque centrale européenne en 2018... De quoi rendre la tendance prudente ce matin, attendue encore en léger retrait sur le CAC40.

CLOTURE DE WALL STREET

La Fed a relevé ses prévisions de croissance économique pour 2018, mais ne prévoit pas de relever ses taux plus de trois fois, alors que certains craignaient une accélération du rythme des tours de vis. Le dollar a fléchi après les annonces de la Fed, tandis que les taux ont chuté, et que le pétrole a poursuivi sa glissade.
A la clôture, le Dow Jones a atteint son 4ème sommet historique d'affilée, gagnant 0,33% à 24.585 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fini quasi-stable (-0,05%) à 2.662 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a progressé de 0,20% à 6.875 pts. Le Nasdaq n'est plus qu'à 0,5% de son dernier record inscrit le 28 novembre dernier à 6.912 pts.

ECO ET DEVISES

En fin de la séance américaine, les informations en provenance du Congrès ont filtré, faisant état d'un projet de compromis entre le Sénat et la Chambre des représentants sur la réforme fiscale aux Etats-Unis... Ce compromis a fixé l'impôt sur les sociétés à 21% à partir de 2018 (au lieu de 20% souhaité par Donald Trump) contre 35% actuellement, selon l'agence 'Bloomberg'.
Sur le marché des changes, le dollar a fléchi pour la première fois en 8 séances. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence (dont l'euro, le franc suisse et le yen) a cédé 0,7% à 93,43. L'euro a grimpé de 0,74% à 1,1826$, à la veille d'une réunion de la BCE au cours de laquelle son président, Mario Draghi, est attendu sur le rythme de réduction du programme de rachat d'actifs de la banque centrale européenne en 2018...
Mercredi, la Fed a relevé, comme l'attendaient les marchés, son principal taux directeur d'un quart de point, pour le porter dans une fourchette de 1,25% à 1,50%. Il s'agit de la troisième hausse cette année, et de la dernière avant le remplacement de Janet Yellen par Jerome Powell à la tête de l'institution, début février, même si une réunion (sans conférence de presse) se déroulera les 30 et 31 janvier.

Pour la suite des événements, la Fed a relevé ses prévisions de croissance économique aux Etats-Unis à 2,5% en 2017 (contre 2,4% précédemment), à 2,5% en 2018 (contre 2,1%), à 2,1% en 2019 (contre 2%) et à 2% en 2020 (contre 1,8%). En revanche, les prévisions d'inflation demeurent inchangées, avec un taux de 1,5% en 2017, de 1,9% en 2018, de 2% en 2019 et de 2% en 2020. Venant confirmer la faiblesse persistante de l'inflation aux Etats-Unis, l'indice des prix à la consommation, publié mercredi, a progressé de 0,4% en novembre sur un mois, mais de seulement 0,1% hors alimentation et énergie, alors que le consensus des économistes tablait sur +0,2% par rapport à octobre.
Cette modération des prévisions inflationnistes a été interprétée comme un signe que la Fed n'était pas sur le point d'accélérer son cycle de relèvement des taux. Ainsi, les projections pour les taux des "fed funds" montre que la Fed table toujours sur trois nouvelles hausses d'un quart de point l'an prochain, et non sur quatre, comme certains le craignaient.

Malgré la baisse du dollar, le pétrole a poursuivi son recul pour la 2ème séance d'affilée. Le baril de brut léger américain WTI a abandonné 0,95% à 56,60$ pour contrat à terme de janvier sur le Nymex. Le Brent de la mer du Nord, qui avait plongé de plus de 2% mardi, a encore reculé de 1,47% à 62,41$ (contrat à terme de février).
L'or noir a chuté après la publication des stocks hebdomadaires de pétrole des Etats-Unis, qui ont pourtant diminué plus que prévu pour la semaine achevée le 8 décembre. Ils ont reculé de 5,1 millions de barils, là où les économistes attendaient en moyenne une contraction de 3,8 mb.
En revanche, les stocks d'essence ont augmenté plus que prévu, de 5,7 mb (contre +2,5 mb attendu), témoignant d'une demande assez faible de carburant, malgré l'approche des fêtes de fin d'année... En outre, les dernières statistiques ont montré que les efforts de l'Opep pour maîtriser sa production se heurtaient à une hausse plus forte que prévu de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Dans ces conditions, le rapport mensuel de l'Opep, publié mercredi, envisage que le marché mondial, caractérisé par des excédents chroniques, ne se rééquilibrera sans doute pas avant la fin 2018...

VALEURS A SUIVRE

* Gemalto : Il n'aura fallu que deux jours pour que l'offre de rachat de Gemalto par Atos passe du statut d'amicale à hostile... Le spécialiste des cartes à puce et de la sécurité numérique a éconduit hier la SSII et son offre à 46 euros par action. Trop chiche, trop risquée, trop imprécise, a estimé hier soir le conseil d'administration, qui taxe Atos d'opportunisme, alors que Gemalto traverse une passe délicate qui a fait chuter son cours de bourse. Par-dessus tout, le conseil regrette de ne pas avoir été sollicité en amont pour évoquer l'opération, jugeant que l'offre n'est ni amicale, ni coopérative.
Atos a présenté son projet comme amical, dans le sens où il a été soumis fin novembre à Gemalto avant d'être rendu public. Le montant proposé et les modalités du rapprochement n'ont par contre fait l'objet d'aucune concertation. La frontière est parfois ténue entre l'offre amicale et l'offre hostile. Mais cette séparation n'a quasiment plus lieu d'être depuis cette nuit, car Atos a annoncé maintenir son offre à 46 euros, et poursuivre les préparatifs en vue du dépôt d'une OPA formelle. En d'autres termes, le prédateur signale à sa proie qu'il ira au bout de la chasse, avec son consentement ou pas. Pour autant, il propose toujours d'ouvrir des discussions et va répondre point par point à l'argumentaire de Gemalto pour s'opposer à la transaction.

* Airbus : Le groupe aéronautique envisage de réduire la production de l'A380 à six ou sept avions par an mais aucune décision définitive n'a encore été prise, a déclaré jeudi Fabrice Brégier, directeur général délégué de l'avionneur européen. "Nous pensons que nous pouvons produire cet appareil au rythme de six, sept par an de manière industrielle", a dit Fabrice Brégier après l'atterrissage à Singapour du premier A380 de Singapore Airlines doté d'une nouvelle configuration de cabine.

* Dassault Aviation : Le Falcon 5X est mort ! Dassault Aviation a enterré hier son programme de bimoteur, qui aurait dû entrer en service en 2016 mais dont le développement avait pris tant de retard que l'appareil avait réalisé son vol inaugural en juillet dernier avec des moteurs non-définitifs. Dassault Aviation met l'échec sur le compte des réacteurs Silvercrest de Safran, qui n'ont jamais atteint les performances prévues. Malgré les efforts du motoriste, le programme a pris trois ans de retard, qui ont eux-mêmes entraîné de nombreuses annulations de commandes. Après le vol inaugural de juillet, les essais en vol ont confirmé le bon comportement de l'appareil, mais Safran a connu de nouveaux problèmes avec le Silvercrest durant l'automne. Le motoriste a prévenu Dassault d'un nouveau décalage dans la fourniture d'un moteur conforme aux attentes. Le décalage de trop. Au vu de l'ampleur des risques techniques et calendaires du Silvercrest, Dassault Aviation engage le processus de résiliation du contrat Silvercrest conduisant à l'arrêt du programme Falcon 5X et prévoit de lancer des négociations avec Safran, explique l'avionneur dans un communiqué.

* LafargeHolcim : Le cimentier confirme que le Groupe a mis fin aux discussions en cours avec Pretoria Portland Cement Ltd. (PPC), annoncées le 27 octobre 2017 et relatives à une éventuelle transaction en Afrique. PPC est un leader régional dans la production de ciment avec une présence en Afrique du Sud et de l'Est.

* Zodiac Aerospace : Le CA est ressorti en recul de 6,9% en organique au cours du premier trimestre de l'exercice 2017/2018 (septembre à novembre). Le chiffre d'affaires du premier trimestre s'établit à 1,077 MdE, en baisse de 10,4% à données publiées, impacté par un effet lié aux taux de change négatifs de -3,5 points. Il n'y a pas eu d'impact de périmètre.
Le 30 octobre dernier, le Groupe avait indiqué s'attendre à un léger recul de ses ventes, se décomposant en une nouvelle progression des activités Aerosystems, sur un rythme similaire à celui de l'exercice précédent, une stabilisation des activités Cabin, et un recul de l'activité Seats, impactée par les performances opérationnelles passées. Le chiffre d'affaires du premier trimestre s'inscrit dans ce scenario, à l'exception de la branche Cabin, qui connait un démarrage faible en raison notamment de la décision de certains clients sur le marché avions VIP et d'affaires de différer leurs commandes.
Le groupe confirme attendre, pour l'ensemble de l'exercice 2017/2018, un léger recul de ses ventes à périmètre et taux de change constants, qui se décompose en une nouvelle progression des activités Aerosystems, sur un rythme similaire à celui de l'exercice précédent, une stabilisation des activités Cabin sur les 3 prochains trimestres, et un nouveau recul de l'activité Seats, impactée par les performances opérationnelles passées.
Le résultat opérationnel courant "devrait fortement progresser", estime Zodiac. Comme pour le chiffre d'affaires, le résultat opérationnel courant du second semestre devrait être significativement supérieur au premier. La génération de trésorerie opérationnelle devrait rester forte, en particulier grâce aux actions en cours pour réduire les stocks, ce qui devrait permettre une augmentation des investissements de production.
Le 7 décembre, Safran a déposé auprès de l'Autorité des Marchés Financiers un projet d'offre publique d'achat à titre principal, assortie à titre subsidiaire d'une offre publique d'échange, visant les actions de Zodiac Aerospace.

* Figéac Aéro : Le groupe réaffirme ses priorités en termes de génération de cash et de croissance dans le cadre des travaux de clôture des comptes semestriels au 30 septembre 2017. Le Groupe maintient son objectif de génération de free cash-flows positifs et récurrents à la clôture de mars 2019.
L'ensemble des actions mises en oeuvre au sein du Groupe via une gestion très rigoureuse du besoin en fonds de roulement et des investissements commencent à porter leurs fruits. Ainsi, pour le 1er semestre 2017-2018 (clos le 30 septembre 2017), les free cash-flows devraient être de l'ordre de -26 ME, en amélioration par rapport au semestre 2016/17 (-45 ME au 30 septembre 2016). Sur l'ensemble de l'exercice clos le 31 mars 2018, le Groupe anticipe des free cash-flows de l'ordre de -35 ME (-86 ME lors de l'exercice précédent) avec des investissements conformes à l'objectif estimé autour de 65 ME.
En parallèle, les ambitions du Groupe à mars 2020 d'un chiffre d'affaires d'au moins 650 ME restent inchangées, sur la base d'un cours EUR/USD à 1,18 et des cadences actuelles communiquées par les constructeurs.
La publication des résultats semestriels 2017-2018, le 20 décembre 2017 avant Bourse, permettra au management de détailler l'ensemble des actions en cours et des résultats semestriels consolidés du Groupe.

* Manutan : La société est en croissance de 6% sur l'exercice 2016/2017 à change, périmètre et jours constants et de +3,8% en intégrant ces impacts. Cette croissance est soutenue par l'ensemble des marchés sur lesquels le Groupe opère. Le résultat opérationnel courant est en hausse de 9,4% sur l'exercice, il s'établit à 52,7 ME et représente 7,4% du chiffre d'affaires contre 7,1% sur l'exercice précédent.
Le résultat net est en hausse de 14,7% par rapport à l'exercice précédent à 39,1 ME.
Au regard des résultats enregistrés, il sera proposé à l'Assemblée Générale d'approbation des comptes de l'exercice clos au 30 septembre 2017 un montant global de dividendes de 12,6 ME. Le dividende distribué s'établirait à 1,65 Euro par action...

* Groupe Partouche a terminé son exercice 2016-2017 en beauté. Le chiffre d'affaires du quatrième trimestre, correspondant à la période août-octobre, s'est inscrit en progression de +6% à 102,6 ME et à +6,9% hors application de la norme IFRIC 13 (comptabilisation immédiate des crédits du programme de fidélisation clients). Le produit brut de jeux (PBJ) ressort à 172,5 ME, en hausse de +5,2%
Le Groupe a notamment bénéficié du grand succès rencontré par ses casinos récemment transférés, tel le Pleinair de La Ciotat et le Casino 3.14 à Cannes. La hausse de +5,2% du PBJ est portée par l'augmentation de +8,5 ME des revenus des jeux traditionnels, notamment sous leur forme électronique.
Le chiffre d'affaires du secteur hôtelier reste fortement impacté par la fermeture de l'hôtel 3.14 de Cannes (-0,8 ME). La croissance des Autres activités s'explique principalement par l'entrée dans le périmètre du Groupe du Restaurant " Laurent " à Paris (+1,2 ME) et la progression des paris sportifs en Belgique (+1 ME).

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