Assurance-vie : le fonds euro-croissance au cœur de la réforme

Assurance-vie : le fonds euro-croissance au cœur de la réforme©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 03 avril 2018 à 10h30

L'assurance-vie est un sujet sensible. L'Etat souhaite régulièrement renforcer la part d'encours orientée vers les entreprises. Mais toucher aux fonds en euros risquerait de provoquer un tollé. Sachant que ces derniers représentent environ 80% des encours, l'équation n'est donc pas simple à résoudre.

Dans le cadre du projet de loi Pacte, Bercy a donc choisi d'actionner un autre levier : celui des fonds euro-croissance.

Petit rappel

Les fonds euro-croissance ont été créés pour offrir aux épargnants une solution à mi-chemin entre les fonds en euros (à capital garanti) et les unités de compte (plus risquées).

Le principe est simple. L'épargnant ne bénéficie d'une garantie (totale ou partielle) qu'à un horizon convenu au départ (au minimum 8 ans). Cela permet à l'assureur d'investir une partie de l'encours sur des actifs plus risqués et de laisser entrevoir un meilleur rendement.

Reste que ces produits n'ont pas obtenu le succès escompté. Il y a un an, leur encours était seulement de 1,9 milliard d'euros (0,11% du total de l'assurance-vie) et au dernier pointage, Bercy parle de 2,3 milliards d'euros (0,13% du total).

Deux explications peuvent être avancées. La faiblesse des taux n'a pas permis à ces fonds de creuser l'écart avec les fonds en euros. Par ailleurs, le manque de clarté des rendements servis a pu dérouter les épargnants.

Simplifier le cadre

La réforme voulue par Bercy consistera donc à rendre l'euro-croissance plus attractif. Outre des possibilités d'investissement élargies, le ministère des Finances souhaite « l'affichage d'un rendement unifié ».

De fait, les assureurs communiquent aujourd'hui sur les performances globales du fonds en distinguant éventuellement le score de la poche taux (équivalente à un fonds en euros) et celui de la poche risquée.

En revanche, les rendements servis aux épargnants diffèrent d'un cas à l'autre en fonction des paramètres choisis au départ : niveau de garanti (100% ou moins) et durée nécessaire à l'obtention de la garantie (8 ans ou plus).

A l'avenir, les assureurs devront donc être en mesure de servir un rendement unifié aux épargnants (à la manière de ce qui existe pour les fonds en euros). Bien entendu, il ne s'agira que d'un taux de base qui pourra être bonifié en fonction de la durée d'engagement. Ainsi, un épargnant souhaitant une garantie à 10 ans pourra être mieux servi qu'un épargnant choisissant une garantie au bout de 8 ans.

Un objectif encore modeste

Cela suffira-t-il à relancer durablement les euro-croissance ? On peut en douter car le manque de lisibilité n'est certainement pas le seul frein qui a pénalisé ces fonds jusqu'ici.

La garantie permanente offerte par les fonds en euros est par exemple un argument de poids pour les épargnants, même s'ils n'envisagent pas de retirer leurs fonds à court terme. Il ne devrait donc pas y avoir de big bang. D'ailleurs, l'objectif avancé par le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, demeure modeste : 20 milliards d'euros d'encours dans 2 ans.

Certes cela nécessitera de multiplier par 9 les encours actuels. Mais si l'objectif est atteint, les fonds euro-croissance pèseront encore moins de 1,2% de l'encours total de l'assurance-vie.

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