Epargne retraite : l'objectif du gouvernement est ambitieux

Epargne retraite : l'objectif du gouvernement est ambitieux©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 07 mai 2018 à 10h45

Passer de 200 milliards d'euros à 300 milliards d'euros avant la fin du quinquennat. Tel est l'objectif fixé par Bercy dans le cadre de ses projets de réforme de l'épargne retraite (Perp, Perco, Madelin, Article 83). Quand on sait qu'environ 1.700 milliards d'euros sont logés dans des contrats d'assurance-vie et que les Livrets A et LDD pèsent près de 400 milliards d'euros, l'objectif semble raisonnable.

Ceci étant, faire progresser les encours de l'épargne retraite de 50% ne sera pas une mince affaire. Sur les quatre ans qui restent, il faudra que les encours gonflent de 25 milliards d'euros par an. Le texte n'ayant pas encore été présenté, on peut même penser qu'il n'entrera en vigueur que fin 2018 ou début 2019. Il ne restera alors que trois ans pour remplir l'objectif. Autrement dit, l'épargne retraite devra gagner en moyenne 33 milliards d'euros d'encours chaque année.

La moitié des flux

Si l'on regarde les chiffres de l'Insee pour 2016, les Français ont par exemple épargné 191 milliards d'euros. Mais la majeure partie de cette épargne est allée à l'épargne-logement (acquisitions, rénovations). L'épargne à destination des supports financiers a été de 63,7 milliards d'euros (4,6% du revenu disponible brut).

Dans ces conditions, il faudrait que les Français orientent la moitié de leurs flux annuels d'épargne vers les produits de retraite pour que l'objectif du gouvernement soit atteint. Cela paraît difficilement envisageable.

Des transferts ?

Pour arriver à 300 milliards d'euros d'encours, des transferts seront donc nécessaires. Il ne s'agira pas ici de compter sur des flux nouveaux mais sur la réaffectation du stock d'épargne déjà constitué.

Avec un cadre plus favorable à l'épargne retraite, les Français pourraient en effet être incités à liquider certains de leurs placements et à réinvestir les sommes dans des supports comme le Perp ou le Madelin. Les assureurs craignent notamment pour l'assurance-vie que nombre d'épargnants utilisent aujourd'hui pour préparer leur retraite.

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