Gestion de patrimoine : « ne pas négliger la gestion de son passif »

Gestion de patrimoine : « ne pas négliger la gestion de son passif »©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 10 janvier 2018 à 14h10

Lorsque l'on pense gestion de patrimoine, on pense naturellement épargne. La gestion de patrimoine semble prendre tout son sens dans la gestion des actifs que l'on détient, qu'il s'agisse de

patrimoine immobilier, d'actifs professionnels, de placements, de contrats d'assurance-vie, voire de patrimoine culturel comme des œuvres d'art.

A aucun moment il ne viendrait spontanément à l'esprit de l'investisseur que l'élément clé de sa gestion de patrimoine puisse être la Dette, avec un D majuscule. Celle qui permet pourtant d'acquérir ce qu'il n'a pas les moyens d'acheter au comptant.

Le crédit est souvent considéré comme un passage obligé pour acheter sa résidence principale, secondaire, ou faire un investissement locatif. Or sans ce crédit point d'investissement de grande ampleur.

Des barrières psychologiques à dépasser

Plus que le crédit à proprement parler, l'important est le pouvoir d'achat qu'il procure.

Dans ce domaine, l'investisseur se heurte à un frein psychologique et se rassure avec les mauvais chiffres en mettant en avant le taux d'intérêt par exemple qui n'est rien d'autre que la quantification du risque que prend la banque sur un client.

Le frein psychologique réside dans la peur de s'endetter. On y met pêle-mêle la dette des états, le surendettement, le chômage, l'incapacité à rembourser...

L'investisseur justifie souvent son endettement restreint par le coût du crédit en intérêts et l'assurance d'avoir placé un gros apport personnel dans la pierre. Il oublie que cet apport ne lui rapporte plus rien et qu'il gâche les années d'activité pendant lesquelles il peut emprunter sous prétexte de rembourser (trop) rapidement sa dette et de payer peu d'intérêts.

Une avance d'épargne

En réalité, le crédit n'est rien d'autre que de l'épargne à l'envers. C'est une avance d'épargne que l'emprunteur rembourse sur une durée si possible très longue. Les intérêts du crédit représentent la rémunération de la banque, de la même manière que l'épargne aurait été rémunérée si, 20 ans plus tôt, il avait décidé de se constituer une épargne équivalente pour posséder le capital aujourd'hui.

La banque met à la disposition de l'investisseur une somme d'argent conséquente dont il décide seul la destination. C'est donc lui qui choisit quand et quoi il achète, ce qu'il fait du bien acheté (loué ou occupé) et c'est encore lui qui décide de le vendre et d'encaisser la plus-value. Grâce au crédit, il va gérer une somme d'argent qui ne lui appartient pas mais dont il en tire tous les profits.... Et plus la durée de financement est longue, moins la charge mensuelle est importante et plus il peut emprunter.

Emprunter tant qu'on en a la capacité

La logique voudrait donc qu'il emprunte le maximum tant qu'il en a la capacité et l'accepte, sur la durée la plus longue, quitte à ce qu'avant le terme de son prêt il vende une partie de son patrimoine pour payer l'autre.

Avant d'envisager une gestion de son actif, la gestion de patrimoine devrait avant tout programmer et gérer la capacité d'investissement de l'épargnant dans le temps, en prenant en compte les véritables paramètres intéressants du crédit : une bonne gestion de l'actif passe donc par une planification et une gestion du passif, au service exclusif de l'actif et de l'enrichissement le plus rapide possible de l'investisseur.

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