« Plus de peur que de mal pour les investisseurs en 2020 ! »

« Plus de peur que de mal pour les investisseurs en 2020 ! »©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 02 décembre 2020 à 09h28

Guillaume Eyssette, Directeur Associé de Gefinéo.

Quelle année ! Après une chute vertigineuse de près de 40% à la mi-mars, notre indice national, le CAC 40, s'est rapidement repris, pour se stabiliser vers les 5.000 points à l'été. Puis la « deuxième vague » boursière du mois de novembre l'a repositionné à portée de son niveau de début d'année. Mais notre indice boursier n'est peut-être pas le plus représentatif de l'année 2020, nous y reviendrons...

Qu'est-ce qui justifie de telles variations, comment la bourse peut-elle être revenue proche de ses niveaux d'origine alors même que l'économie et les entreprises sont en grande difficulté ? Les marchés se laissent-ils entraîner dans une spéculation circulaire déconnectée de l'économie réelle ?

Soutien massif des banques centrales

Après avoir contemplé l'abîme en mars, dans les premiers jours de confinement généralisé du monde occidental, les investisseurs ont comme toujours anticipé. La forte réaction des Etats et des banques centrales montrait alors que les économies bénéficieraient d'un soutien massif pour passer le cap du virus. Si la date du retour à la normale n'était pas connue on pouvait tout de même l'envisager, d'où le rebond fort et surtout rapide des marchés.

L'espoir des vaccins

Quant à la deuxième vague de hausse du mois de novembre, elle est la conséquence directe des multiples annonces de vaccins prometteurs disponibles rapidement, et des élections présidentielles américaines. Pas si irrationnels, alors, les marchés ?

Il n'en reste pas moins que l'économie réelle a souffert de la pandémie, dont les effets de long terme sur l'activité ne sont pas encore tous connus. Alors dans ce contexte, comment comprendre les marchés américains, qui battent record sur record et surpassent les niveaux de fin 2019 ?

Wall Street au plus haut !

Le S&P 500 n'a jamais été aussi haut, mais c'est un indice en trompe l'œil. L'essentiel de sa hausse est dû à quatre grandes entreprises de la Tech américaine. Hors Facebook, Amazon, Netflix, et Google (4 titres au plus haut désignés par l'acronyme "FANG"), le marché n'aurait pas progressé...

Les 496 autres entreprises ont au global fait du surplace. Si l'on rajoute Microsoft et Apple à nos 4 FANGs, on constate que les entreprises de l'économie traditionnelle ont perdu de la valeur. Et cela semble raisonnable vu la situation et les incertitudes sur les modalités de la reprise. Ce sont aussi ces entreprises de l'économie traditionnelle qui ont été délaissées par les chasseurs de tendances, et sont susceptibles de connaître un puissant rebond lorsqu'une normalisation de l'économie sera à portée de main.

Acheter à prix raisonnable pour le long terme

Alors 2020 démontre-t-elle qu'il faut être actif au quotidien pour acheter ou vendre en fonction des nouvelles ? Bien sûr, il est tentant de « refaire le match » et d'expliquer qu'il était évident qu'il fallait vendre dès février et racheter au plus bas le 19 mars. Sur le papier, la performance serait flatteuse mais les investisseurs réels savent qu'en pratique il est bien illusoire de vouloir identifier le plus bas d'un marché, tout comme le plus haut d'ailleurs.

Pour l'investisseur de long terme, il est toujours préférable de ne pas se laisser dicter sa conduite par les humeurs du marché. C'est en identifiant des entreprises de qualité puis en les achetant lorsque le marché les présente à un prix raisonnable, comme en ce moment pour certains acteurs industriels par exemple, que l'on bâtit une performance durable dans le temps.

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