L'atterrissage du marché immobilier se confirme

L'atterrissage du marché immobilier se confirme©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 21 septembre 2018 à 14h24

Lors d'une conférence de presse ce vendredi, Benoit Catel, Directeur Général du Crédit Foncier, a fait la prévision que les volumes de crédits à l'habitat (neuf, ancien et travaux) vont se tasser à 160 milliards d'euros cette année après le record de 175 milliards en 2017 (-9%). Benoit Catel observe une demande en baisse après le pic de l'an dernier, alors que l'allongement des durées d'emprunt accompagne pour l'instant la hausse des prix de l'immobilier et la dégradation des soutiens publics (baisse du PTZ dans le neuf et suppression de l'APL accession).

La durée moyenne des prêts bancaires est ainsi montée à 223 mois aujourd'hui, se rapprochant du précédent plus haut de 225 mois à la fin 2007. Benoit Catel anticipe des taux d'emprunt globalement stables au troisième trimestre 2018, à 1,43% en moyenne (toutes durées confondues) et rappelle que le retour de l'inflation rend l'endettement immobilier plus intéressant que jamais.

APL accession et PTZ

Le Crédit Foncier observe une forte incidence sur le marché immobilier résidentiel liée au recentrage de certaines aides à l'acquisition, en particulier la quasi disparition de l'APL accession et la baisse de l'enveloppe du PTZ dans les zones B2 et C (60% des PTZ sont distribués dans ces zones périurbaines et rurales). Deux évolutions qui ont directement affecté les primo-accédants avec «un effet couperet» pour les ménages modestes qui ne sont plus finançables.

Rien que sur la fin de l'APL accession, le Crédit Foncier estime à 20.000 le nombre d'opérations qui ne se feront pas en 2018. Au sujet du PTZ, les chiffres parlent d'eux-mêmes : le nombre de PTZ accordés de janvier à août a chuté de 31% avec jusqu'à 55% de baisse pour les maisons individuelles neuves. Le Crédit Foncier pense que le rétrécissement du PTZ causera l'abandon de 10.000 projets cette année.

La maison touchée de plein fouet

Globalement, le secteur de la maison individuelle sera le plus impacté et Patrick Vandromme, président de l'union des constructeurs et aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment (LCA-FFB) a d'ailleurs revu en baisse sa prévision de ventes 2018 entre 115.000 et 120.000 maisons, soit -12% à -15% contre une estimation précédente de -8% à -10%. LCA-FFB plaide toujours pour un rétablissement de l'APL accession et espère aussi une poursuite du PTZ en zones B2 et C après la fin 2019, date butoir pour l'instant fixée par le gouvernement pour ce dispositif qui pourrait pourtant s'avérer encore plus indispensable aux ménages modestes dans la perspective d'une remontée inéluctable des taux d'emprunts d'ici 1 à 2 ans. Patrick Vandromme rappelle au passage que les zones B2 et C couvrent pas moins de 24.000 communes.

Des prix encore en hausse en moyenne nationale

Autre élément jouant sur la solvabilisation des ménages, les prix. Le Crédit Foncier les voit à nouveau augmenter cette année, d'environ +2,5% en moyenne nationale dans l'ancien tandis qu'ils ont désormais dépassé les 4 000 € le dans le neuf collectif. A l'arrivée, le Crédit Foncier pense que le volume de transactions dans l'ancien devrait atterrir cette année à 900.000 unités, soit une baisse de 6% par rapport au record de 959.000 en 2017. Dans le neuf, 411.000 logements seraient construits (-4,3% par rapport à 2017).

a savoir

Au sujet de la disparition prochaine du Crédit Foncier dans le cadre du projet d'intégration de l'établissement financier au sein du groupe BPCE, les dirigeants assurent que l'accession sociale à la propriété va se poursuivre avec un redéploiement des savoir-faire et expertises du Crédit Foncier au sein de BPCE. Un ensemble (BPCE + Crédit Foncier) qui pèse plus d'un quart du financement immobilier en France.

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