La flambée du prix des matériaux promet des factures de travaux salées

La flambée du prix des matériaux promet des factures de travaux salées ©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 28 avril 2021 à 08h00

Les coûts de travaux de rénovation et de construction des Français vont enfler, leurs délais de réalisation aussi. Les prix des matériaux, en particulier ceux du bois d'œuvre, explosent sous la pression de la demande américaine.

Les coûts de travaux de rénovation et de construction des Français vont enfler, leurs délais de réalisation aussi. Les prix des matériaux, en particulier ceux du bois d'œuvre, explosent sous la pression de la demande américaine.

Les Français qui feront appel à des artisans du bâtiment ces prochaines semaines doivent s’attendre à prendre leur mal en patience… et à payer le prix fort pour leurs prestations.

« Conséquences d’une combinaison de plusieurs facteurs : crise sanitaire, arrêt de certaines industries, le prix des matériaux augmente fortement et les délais d’approvisionnement s’allongent » alerte la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) dans un communiqué publié mardi 27 avril, mettant en garde contre une « situation critique » qui devrait peser sur certaines catégories de travaux entrepris par les ménages.

MaPrimeRénov’ : davantage de reste à charge

La Capeb prévient que ceux éligibles à MaPrimeRénov’, l’aide publique pour la rénovation énergétique lancée l'année dernière, devraient ainsi demander aux particuliers un reste à charge plus important, dans la mesure où le calcul de cette prime est souvent établi pour partie en fonction du coût au mètre carré des travaux.

Mais cette inflation sera loin d’être cantonnée à ces seuls travaux. L’écrasante majorité des interventions dans le bâtiment devraient en pâtir, y compris dans la construction neuve.

Flambée à Chicago

« Une augmentation forte » tient pratiquement de l’euphémisme : observée depuis quelques mois, l’inflation des prix des matériaux du bâtiment – et des matières premières en général - se poursuit à un rythme effréné.

Des clous aux planches de bois en passant par le zinc, aucun produit n’y échappe. Les prix flambent à la bourse de Chicago, première place du marché mondial des matières premières. Le cuivre, le minerai de fer ou encore l’aluminium évoluent à leur plus haut niveau depuis près de dix ans tandis que l’acier s’échange à un record historique.

20% à 80% de hausse chez les négociants français

Les prix du bois d’œuvre, en particulier – stables depuis des années - ont littéralement explosé en l’espace de quelques mois. Entre retards de production engendrés par la crise sanitaire et retour en flèche de la demande, en particulier celle des Etats-Unis, qui se sont tournés vers les stocks européens depuis que Donald Trump a surtaxé le bois canadien, les négoces français du bâtiment constatent des hausses de tarifs spectaculaires auprès de leurs producteurs.

Selon les catégories de produits, les augmentations depuis septembre 2020 varient de 20%... à 80% pour le bois massif abouté, comme le rapporte L’Est Républicain dans un reportage consacré à l’entreprise Bois & dérivés, l’un des principaux négociants de l'ex-région Franche-Comté.

Frénésie américaine

Sans compter que cette tendance devrait encore s’accentuer dans les prochaines semaines : après une année 2020 marquée par plusieurs catastrophes naturelles (incendies, ouragans...) et avec une insolente reprise post-covid, la demande américaine pour le bois d'œuvre est telle que ses contrats à terme observent même un phénomène de bulle : ces "futures" ont franchi hier la barre de 1.400$, en hausse de 400$ depuis le début du mois, et alors même qu’ils s’échangeaient moins de 300$ il y a un an.

Si une correction n’est pas à exclure, il semble tout de même évident que les négociants américains devraient continuer à payer le prix fort auprès des Européens pour satisfaire leur demande domestique. Le phénomène devrait entretenir de facto cette inflation et provoquer un risque de pénurie, s'inquiètent les professionnels de la filière.

Enfin, pour les artisans et les particuliers, ces variations de prix sont d’autant plus problématiques qu’elles sont rapides, car elles induisent des différences d’évaluation de coût d’une prestation entre le moment où son devis est établi et celui où les travaux sont terminés. Avec à la clé, d’inextricables potentiels conflits pour des interventions réalisées "à perte" côté artisans ou des chantiers devenus "hors budget" côté particuliers… Ces derniers auront tout intérêt à examiner par deux fois leurs conditions générales de vente avant de s'engager dans des projets dont les coûts sont susceptibles d'enfler en l'espace de quelques semaines.

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