Le marché immobilier commence à faire face à une pénurie de vendeurs !

Le marché immobilier commence à faire face à une pénurie de vendeurs !©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 12 juin 2018 à 15h52

On l'attendait en net ralentissement après les records de transactions observés en 2017 mais il fait finalement de la résistance. Le marché immobilier ancien continue en effet de bénéficier de taux d'emprunt au plus bas, avec même des barèmes historiques obtenus par les primo-accédants sur des durées longues (25 à 30 ans) sur lesquelles les banques font actuellement de gros efforts.

Sur le terrain, le réseau Guy Hoquet (près de 500 agences en France) constate une hausse de +4,2% de ses ventes au premier semestre 2018 (de janvier à mi-juin) par rapport à la même période de 2017. Le prix au m² s'accompagne lui aussi d'une augmentation mais dans des proportions moindres que l'an dernier : +1,2% au niveau national, avec une fourchette allant de +0,7% en province à +6,8% à Paris.

Forte hausse des volumes en province

Guy Hoquet observe même des volumes de transaction en hausse de 8% en province où les prix sont plus sages. A Paris, les ventes sont en baisse dans un marché déséquilibré par le manque de biens à la vente. Le directeur général de Guy Hoquet, Fabrice Abraham, souligne en effet que Paris compte une écrasante majorité de secundo-accédants qui préfèrent acheter avant de vendre. Un phénomène qui entretient donc l'assèchement de l'offre dans une ville où on ne construit quasiment pas, avec un parc qui tend même à se réduire compte tenu des appartements achetés par la mairie pour les transformer en logements sociaux. Sans oublier l'explosion des logements réorientés plus ou moins légalement en locations touristiques de courte durée.

En route pour les 10 000 €

La conséquence, c'est aussi des prix qui continuent leur ascension à Paris et des délais de vente qui se raccourcissent (à peine deux mois en moyenne). Le réseau Guy Hoquet calcule désormais un prix moyen de 9 510 € le m², en hausse de près de 7% sur un an. « Les prix parisiens ne peuvent pas baisser dans ces conditions et s'orienteront vers les 10 000 € le m² d'ici la fin de l'année », confie Fabrice Abraham. Dans les agences Guy Hoquet, les récents mandats tendent d'ailleurs déjà vers cette barre symbolique des 10 000 €.

Ralentissement en perspective

Le manque de biens à vendre touche aussi les autres grandes villes de province. « La pénurie de biens à la vente se confirme partout dans des proportions jamais vues auparavant et le phénomène s'accélère », affirme Fabrice Abraham. Dans les chiffres, cela se traduit par une baisse de -12,5% des mandats de ventes enregistrés par Guy Hoquet au premier semestre 2018 par rapport au premier semestre 2017. Pour expliquer ce phénomène, il faut se pencher sur la typologie des acquéreurs : des primo-accédants à 42% et des investisseurs à 16% (pour le réseau Guy Hoquet). La majorité des ventes (58%) se fait donc avec des catégories, les primo-accédants et les investisseurs, qui n'ont rien à vendre. Dans ces conditions, le dirigeant de Guy Hoquet s'attend à un deuxième semestre plus difficile et moins dynamique. Attention aussi à une éventuelle remontée des taux d'ici la fin de l'année ou début 2019...

Lyon rattrape Bordeaux

Parmi les autres faits marquant de cette première moitié d'année, Bordeaux reprend son souffle et Lyon accélère. Après avoir vu ses prix exploser avec des variations à deux chiffres ces dernières années, Bordeaux semble en effet se heurter au plafond de verre des 4 000 € le m². Guy Hoquet mesure actuellement une stabilisation des prix sur ce niveau. A l'inverse, Lyon continue à combler son retard en se rapprochant des 4 000 € le m² (+8% sur un an d'après Guy Hoquet).

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