Le marché immobilier n'a pas encore été rattrapé par la crise économique

Le marché immobilier n'a pas encore été rattrapé par la crise économique©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 10 décembre 2020 à 15h08

Mais l'essoufflement parisien qui s'accompagne d'un fort ralentissement des prix pourrait influencer le reste du territoire dans les prochains mois...

Mais l'essoufflement parisien qui s'accompagne d'un fort ralentissement des prix pourrait influencer le reste du territoire dans les prochains mois...

Le Conseil supérieur du notariat a fait ce matin un bilan immobilier provisoire de l'année 2020 qui montre une forte résilience du marché français même si les notaires se montrent prudents pour les prochains mois.

Un repli limité des transactions malgré les confinements

Malgré un arrêt quasi-total de l'activité pendant deux mois lors du premier confinement au printemps, les notaires estiment que les volumes de transactions ne devraient reculer que d'environ 8% cette année pour atterrir entre 980.000 et 990.000 logements existants. Les notaires soulignent que les promesses de ventes restent actuellement à un bon niveau malgré le confinement de novembre, si bien que les volumes devraient se maintenir pendant les trois premiers mois de l'année.

Rattrapage du prix des maisons

Cette solidité de l'immobilier français, « un marché d'utilisateurs sain et solide » insistent les notaires, se retrouve bien sûr dans l'évolution des prix qui n'ont fait que ralentir leur progression jusqu'à présent. Les projections du Conseil supérieur du notariat indiquent des évolutions pour 2020 d'environ +6% pour la France métropolitaine avec une progression un peu plus prononcée pour les maisons que pour les appartements, en particulier en Ile-de-France où la crise sanitaire semble avoir accéléré les aspirations à s'éloigner de la Capitale pour disposer d'un jardin. Elodie Frémont, notaire à Paris, a ainsi vu passer pas mal de ventes d'appartements dans le centre de Paris à l'initiative de familles préférant une maison avec jardin en banlieue.

Lyon, Rennes et Nantes en forte hausse

Globalement, toutes les grandes villes de France sont en hausse cette année. Pour les appartements, Lyon est devenue la deuxième grande ville la plus chère après Paris, en devançant désormais Nice et Bordeaux où l'atterrissage des prix se confirme. En province, c'est principalement la façade Ouest qui affiche « une santé impressionnante » pour reprendre l'expression du président de l'Institut notarial de droit immobilier, Frédéric Violeau. Rennes et Nantes voient en effet les prix des appartements bondir de plus de 10% cette année après déjà de fortes progressions en 2019. Pour la première fois, la hausse de prix des appartements est même supérieure en province qu'en Ile-de-France.

L'envie de verdure

Pour revenir aux conséquences de la crise sanitaire sur les transactions, Frédéric Violeau ne constate pas « d'exode urbain » à l'échelle nationale. Dans le détail, les notaires observent quand même au troisième trimestre une baisse sensible de la proportion des acquéreurs locaux de maisons anciennes dans les régions proches de Paris comme la Normandie, le Centre-Val de Loire ou la Bourgogne Franche-Comté. On l'aura compris, cette baisse de la proportion d'acquéreurs locaux trouve son origine dans l'augmentation de la part des acheteurs venant d'Ile-de-France (ils étaient jusqu'à 27% dans l'Yonne et 22% dans l'Eure).

Prudence pour 2021

Frédéric Violeau admet d'ailleurs que cet essoufflement parisien qui s'accompagne d'un fort ralentissement des prix pourrait influencer le reste du territoire dans les prochains mois. Les notaires se déclarent donc prudents sur les perspectives 2021, sachant que le deuxième trimestre portera certainement le pic des retombées de la crise économique. Et de souligner que le marché immobilier ne pourra pas rester éternellement insensible à cette crise économique. Tout dépendra donc de son ampleur et de sa durée...

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