Les maisons restent recherchées en Ile-de-France

Les maisons restent recherchées en Ile-de-France©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 01 juin 2021 à 14h25

Après trois confinements, les franciliens jettent plus que jamais leur dévolu sur les pavillons et les propriétés de banlieue. La grande couronne est la grande gagnante de ces nouvelles aspirations immobilières.

Après trois confinements, les franciliens jettent plus que jamais leur dévolu sur les pavillons et les propriétés de banlieue. La grande couronne est la grande gagnante de ces nouvelles aspirations immobilières.

Un an après le premier confinement, la tendance perdure bel et bien. A l’affût du moindre coin de verdure et de mètre carré supplémentaire, les Parisiens ont délaissé leur ville de cœur pour acheter en banlieue. Selon les derniers chiffres des notaires du Grand Paris, dévoilés le 27 mai, le nombre de ventes dans la capitale a chuté de 14% entre avril 2020 et mars 2021. Il faut remonter à 2013 pour constater un tel fléchissement. A l’inverse, les maisons sont les grandes gagnantes de ce renouveau du marché immobilier francilien.

La grande couronne porte le marché

Habituellement « le parent pauvre d’Île-de-France », la maison en grande couronne est désormais « le marché le plus dynamique de la région, ce qui est inhabituel », constatent les notaires. Les ventes y ont bondi de 8%, le plus fort volume enregistré sur cette période, l’Essonne (91) en tête (+15%). « On n’est pas face à un tsunami mais bien à une vague de fond », évoque Thierry Delesalle, l’un des porte-paroles des notaires du Grand Paris. « Les envies d’espace vont perdurer grâce au télétravail qui se pérennise. Ces changements d’habitude professionnelle influent sur le désir immobilier. La pièce bureau devient indispensable ».

Les pavillons en petite couronne sont aussi très demandés, mais il y a un gros manque d’offres. « Quand on a une maison en petite couronne, on la garde ! », schématise Thierry Delesalle. Les ventes y ont donc reculé, et même fortement dans les Hauts-de-Seine (-10%). Seule la Seine-Saint-Denis profite de cette tendance (+6% entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021), les prix y étant encore relativement abordable pour un département si proche de Paris (304.000 euros le prix de vente médian).

Des appartements plus grands proches Paris

En petite couronne, les acheteurs se sont rabattus sur les appartements. « C’est un marché de report, notamment parce qu’ils veulent plus grand et un espace extérieur », constate Charles Flobert, notaire à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).

Paris, elle, fait grise mine. Les ventes des appartements ont chuté de 14% sur 12 mois. A la sortie du premier confinement, les Parisiens ont eu besoin d’air et d’espace et sont donc allés voir ailleurs ! Conséquence inédite, pour autant caractéristique de ces nouvelles aspirations immobilières, le 13e arrondissement est, pour la première fois, devenu le moins cher de la capitale (9.420€/m² en moyenne). « Habituellement, c’est le 19e ou le 20e. Cela est certainement dû aux appartements situés dans les immeubles de grande hauteur du quartier chinois, qui n’ont plus du tout la cote », analyse Charles Flobert.

Forte hausse des prix

La demande vient évidemment soutenir les prix. Alors que la pierre dans la capitale se stabilise à 10.650 €/m² en moyenne (+1,7% sur un an), les prix des maisons ont augmenté de 7,1% (petite et grande couronne confondues), davantage encore que les appartements (+5%), ce qui est inédit. « L’hypothèse d’une hausse totale de 10% sur les maisons d’ici à la fin de l’année n’est pas du tout exclue », prévoit Frédéric Labour, notaire à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).

En petite couronne, le prix médian des maisons s’élève désormais à 411.200€ (+7,4% sur un an), les Hauts-de-Seine toujours en tête (693.100€). Dans certaines communes, la hausse des prix est même à deux chiffres, telles Antony (+13,6%), Drancy ou encore Sucy-en-Brie (+10,2%).

En grande couronne, les maisons sont également victimes de leur succès, avec +6,9% de hausse entre avril 2020 et mars 2021. Les Yvelines caracole toujours en tête des départements les plus chers (418.600€ de prix médian, +7,8%), suivi par l’Essonne (312.900€, +6,7%), le Val-d’Oise (304.200€, +7%) et la Seine-et-Marne (257.200€, +6%).

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