Les taux d'emprunt immobiliers ont plutôt tendance à remonter

Les taux d'emprunt immobiliers ont plutôt tendance à remonter ©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 07 avril 2020 à 15h53

Peu d'établissements ont cependant mis à jour leurs grilles de taux en avril, leur objectif principal étant de faire avancer les dossiers de prêts en cours...

Difficile d'évaluer l'évolution des taux d'emprunt immobiliers en ce mois d'avril pour la simple raison que la plupart des banques n'accordent plus de nouveaux prêts à l'habitat depuis les conséquences du confinement. Peu d'établissements ont donc mis à jour leurs grilles de taux pour avril et les rares qui l'on fait ont augmenté significativement leurs barèmes. La tendance est donc à la hausse mais elle est tronquée par le peu de nouveaux barèmes.

Des hausses significatives

« Notre baromètre étant alimenté par un nombre moins important de grilles, celui-ci s'avère globalement en nette augmentation avec une hausse des taux allant jusqu'à 30 points de base », explique ainsi le courtier Emprunt Direct.

« En avril, une quinzaine de banques ont remonté leurs taux de crédit immobilier dans des proportions assez significatives. Pour autant l'activité est actuellement sur pause et l'objectif principal des banques est de faire avancer les dossiers de prêts en cours. Les nouvelles demandes de crédit ont reculé de 72 % durant les 3 semaines de confinement par rapport à la même période en 2019, même s'il est toujours possible d'obtenir un crédit immobilier, avec beaucoup de patience », commente le courtier Vousfinancer.

Les banques ont d'autres priorités

Alors que le marché immobilier reste paralysé par toutes les contraintes liées au confinement, les banques se concentrent sur les dossiers de financement en cours et sur les demandes de report ou de modulations des mensualités. Les banques doivent aussi traiter en priorité les demandes du prêt garanti par l'État aux entreprises, très nombreuses et chronophages.

Moindre pression concurrentielle

« La hausse des taux constatée ce mois-ci s'explique par une moindre pression concurrentielle sur le front du crédit immobilier, segment délaissé par une majeure partie de banques en ce temps de crise majeure. Alors que la période est traditionnellement marquée par l'entrée dans le premier temps fort habitat de l'année et par une relative concurrence dans l'acquisition client, la crise du Covid-19 a clairement bousculé le secteur bancaire, qui doit répondre à divers besoins liés à au choc sanitaire, dont le financement des entreprises », résume Alban Lacondemine, président fondateur d'Emprunt Direct.

« Les banques anticipent une hausse des conditions de refinancement dans les mois à venir et souhaitent reconstituer leurs marges à un moment où il y a moins de concurrence car elles sont actuellement peu nombreuses à accepter encore de traiter les nouvelles demandes de prêt », analyse Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer.

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