Les tensions sur le marché immobilier créent des situations inédites en zones tendues !

Les tensions sur le marché immobilier créent des situations inédites en zones tendues ! ©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 06 juillet 2018 à 09h20

Alors que les professionnels de l'immobilier privilégient toujours un atterrissage du marché ancien cette année après le record de transactions de l'année 2017, l'observatoire du Moral Immobilier publié par Logic-Immo.com au mois de juillet témoigne d'un niveau encore très élevé d'intentions d'achat avec 3,5 millions de candidats. Le nombre de vendeurs, quant à lui, se limite à 2 millions d'intentionnistes.

Perception des prix

Ces chiffres mettent en évidence un déséquilibre croissant entre l'offre et la demande et ils sont désormais 41%, sur un échantillon de plus de 1 200 futurs acquéreursinterrogés, à s'attendre à une hausse des prix dans les 6 prochains mois. Ce déséquilibre n'affecte pourtant guère l'optimisme des acquéreurs immobiliers puisque 73% estiment que c'est encore le moment d'acheter alors qu'ils étaient 71% à le penser un an plus tôt.

Ces acheteurs qui jouent de leur droit de rétractation

Preuve que le marché immobilier ancien tourne encore à plein régime, en particulier bien sûr dans les grandes agglomérations, Stéphane Moquet, Délégué Général du réseau d'agences ORPI, évoque un phénomène nouveau depuis 6 à 8 mois : les acquéreurs qui jouent de leur droit de rétractation. « La pénurie de biens à vendre crée en effet une situation d'urgence chez l'acquéreur qui parfois s'engage rapidement en signant un compromis ou une promesse de vente pour ne pas rater un bien, mais se rétracte ensuite pendant le délai de rétractation légal de 10 jours qui lui sert alors de délai de réflexion », explique Stéphane Moquet, en avançant un taux de rétractation allant jusqu'à 20% dans certaines agences ORPI.

Attentisme des vendeurs

Cette pénurie de biens à vendre dans les zones tendues est aussi à mettre en parallèle de l'attentisme des vendeurs qui ne se précipitent pas et attendent le plus souvent de trouver le logement qu'ils convoitent avant de mettre le leur en vente. Un cercle vicieux en quelque sorte qu'on observe tout particulièrement à Paris qui est un marché de secundo-accédants. « Beaucoup d'acheteurs désirent acheter un appartement plus grand mais, compte tenu d'une offre restreinte, ils attendent de trouver leur bonheur avant de mettre leur logement en vente », explique ainsi Geoffroy Damour, Directeur associé de l'agence immobilière FGDI Pereire, située dans le 17e arrondissement de Paris.

Augmentation des prix du neuf

Concernant l'immobilier collectif neuf, Denis Collot, Directeur Commercial et Marketing France chez Eiffage Immobilier, parle d'un fort dynamisme des ventes dans les centre urbains régionaux comme Bordeaux, Marseille, Lyon et en première couronne pour l'Ile-de-France. A l'inverse, le marché de la primo-accession, dans les agglomérations régionales et en seconde couronne francilienne, voit ses rythmes de vente baisser. Ce marché paraît en effet beaucoup plus sensible aux hausses de prix qui se sont poursuivies. Denis Collot admet d'ailleurs rester vigilant face à ces hausse de prix qui ont atteint des niveaux record comme ce programme commercialisé avec succès par Eiffage dans la partie Sud de Boulogne-Billancourt (92) à plus de 10 000 euros le m².

Moins d'aides pour les maisons

Pour ce qui est des maisons individuelles, le secteur le plus affecté par la réduction des aides à l'accession avec la baisse de l'enveloppe du PTZ en zones détendues et la fin de l'APL accession, Sofiane Bouaissi, Directeur des ventes du constructeur Maisons Pierre, constate une baisse du panier moyen accordé à la construction de l'ordre de 10%, le poste affecté au terrain étant généralement incompressible à moins de changer de localité.

Nouveaux records pour les taux d'emprunt

Comme dans les autres cas, les clients de Maisons Pierre parviennent encore le plus souvent à accéder à la propriété grâce aux taux d'emprunt qui restent très bas et sont même revenus à leurs niveaux historiques de la fin 2016. Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux, parle même de nouveaux records dans les zones non tendues où les banques sont les plus en retard sur leurs objectifs commerciaux de production de crédits. Preuve en est avec ce taux incroyablement bas de 1,62% sur 25 ans négocié par Meilleurtaux pour une acquéreuse de 45 ans près de Toulouse, sans apport et avec des revenus modestes de 1 200 €/mois.

a retenir

Le Délégué Général du réseau d'agences ORPI, Stéphane Moquet, s'attend encore à une très bonne 2018 dans l'immobilier existant avec un volume supérieur à 900 000 transactions après le record de 960 000 en 2017.

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