"Location saisonnière : un impact sur le marché immobilier dans son ensemble"

"Location saisonnière : un impact sur le marché immobilier dans son ensemble" ©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 21 mars 2018 à 09h25

Indissociable du quotidien des Français, le logement accompagne leurs désirs et besoins et évolue, en temps réel, au fil des tendances et bouleversements de la société. A ce titre, il est donc un indicateur fort de ce que sera la société de demain. L'envie de changer d'air et de s'évader est à son plus haut, comme en atteste le nombre record de 64% de Français (Baromètre Opodo) qui sont partis en vacances en 2017. Pour autant, le budget des ménages n'est pas extensible à loisir.

Evolutions sociétales

Ainsi, ces derniers redoublent d'imagination pour assouvir leurs envies, en ayant recours à des moyens de transport plus économiques (compagnies low-cost, co-voiturages,...) par exemple. En véritable allié de vie, le logement ne fait pas exception et subit également des ajustements.

Après une « uberisation » des hôtels via l'émergence de plateformes de comparateur de prix, c'est, depuis de nombreuses années déjà, le marché de la location saisonnière dans son entièreté qui se voit bouleversé.

Des avantages...

D'abord marginale et proposée sous le format du « lit chez l'habitant » via le couchsurfing, la tendance de la location saisonnière réalisée entre particuliers s'est étendue et définitivement démocratisée. Revêtant de nombreux avantages au premier abord (économique, pratique et dépaysant pour le locataire de par la sensation de vivre pleinement comme un habitant de la ville visitée, apport d'un complément de revenu et entretien de son bien en cas d'absence pour le propriétaire), la location d'un logement entre particuliers n'est pas sans conséquences négatives.

...mais aussi des inconvénients

Impactant directement la vie d'un immeuble, cette pratique génère, par exemple, bon nombre de désagréments pour le voisinage (nuisances sonores, dégradations des parties communes...) qui doit subir au quotidien ces locataires d'une nuit, bien souvent moins respectueux que les locataires d'une vie.

En tant qu'expert de l'immobilier, je suis aux premières loges pour observer une incidence marquante de ce phénomène, un véritable fléau : l'assèchement, parfois drastique, du parc locatif dans les villes les plus attractives.

Baisse des locations de longue durée

Avec ce mode plus rémunérateur que la location de longue durée et offrant la possibilité d'occuper leur logement dès qu'ils en ont besoin, certains propriétaires se détournent purement et simplement du bail de location pour ne proposer leur bien qu'à la nuitée ou à la saison. Sur 4 ans, nous notons au sein du réseau Guy Hoquet une baisse des locations de longue durée d'environ 30% sur les zones tendues que sont Paris, Bordeaux et Lyon. L'accès au logement devient ainsi très difficile pour les locataires.

Nouvelles règles

Si la législation impose désormais aux propriétaires l'obtention auprès de la mairie d'un numéro d'enregistrement pour leur bien ainsi qu'un seuil limite de 120 nuits par an, tous ne s'y conforment pas... Et le retour de l'encadrement des loyers, comme stipulé au sein de la proposition de loi ELAN, ne me fait que redouter l'amplification de l'assèchement du parc locatif, les propriétaires étant désireux de tirer le meilleur parti possible de leur logement.

Quelles solutions ?

Si le renforcement de la règlementation, avec l'annonce récente de condamnations pécunières pour les plateformes de location ponctuelle proposant des annonces illégales, va dans le bon sens, elle doit s'accompagner d'une augmentation du nombre de contrôles et donc des effectifs des équipes qui en ont leur charge. Sans moyens supplémentaires, l'effet sera restreint voire inexistant.

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