Baisse des cotisations et CSG : le gain sur les salaires risque d'être minime début 2018 !

Baisse des cotisations et CSG : le gain sur les salaires risque d'être minime début 2018 ! ©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 23 août 2017 à 10h41

Le gouvernement a décidément du mal avec le calendrier de ses réformes. Après les tergiversations sur la mise en place de l'exonération de la taxe d'habitation ou sur l'Impôt sur la fortune immobilière, c'est à la baisse de cotisations salariales de connaître un nouveau rebondissement. Grande promesse de campagne sur le thème de redonner du pouvoir d'achat aux actifs dès le 1er janvier 2018, le transfert des cotisations salariales vers la CSG va finalement se faire en deux temps.

Transfert de charges

Le principe de ce transfert est de supprimer les cotisations salariales sur l'assurance maladie (0,75%) et l'assurance chômage (2,4%) en contrepartie d'une augmentation de la CSG de 1,7 point. Or, la hausse de la CSG est bel et bien confirmée pour le 1er janvier 2018 mais les baisses de charges sont maintenant annoncées en deux temps avec un premier allègement partiel le 1er janvier et un second à l'automne 2018.

Autrement dit, le gain sur les fiches de paie risque d'être minime début 2018 avec un plein effet à l'automne. Ce transfert de charges sera principalement efficace pour les bas salaires, avec par exemple environ 250 euros de gains annuels pour les salariés au SMIC, mais beaucoup moins pour les foyers imposés dans les tranches les plus hautes (voir notre analyse).

Précisions à la rentrée

Des discussions doivent encore avoir lieu cet automne pour définir les modalités d'une compensation de la hausse de la CSG pour les fonctionnaires. L'intégralité des mesures 2018 ainsi que leur calendrier seront détaillés au moment de la présentation des projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale.

Globalement, lorsque cette réforme sera complète, les salariés économiseront 1,48 point de salaire brut (sachant que la CSG ne porte que sur 98,25% du salaire). Ce calcul sera bien celui qui apparaîtra immédiatement sur les feuilles de paie, avec par exemple un surplus de salaire net mensuel d'environ 44,50 euros pour une rémunération brute de 3 000 euros.

A qui perd gagne

Mais à côté de ce que les ménages modestes vont gagner avec ce transfert de charges, ils risquent aussi d'en reperdre une partie en prélèvements sur leur épargne comme les livrets bancaires, l'assurance-vie  ou les PEL. En effet, la CSG frappant aussi la plupart des revenus de l'épargne, la fiscalité du patrimoine va s'alourdir en 2018, en dehors des bénéfices que la flat tax va apporter avec un taux de prélèvement unique d'environ 30% sur les revenus de l'épargne.

Ne pas oublier l'impact de l'IR

Il ne faut pas oublier non plus que le revenu supplémentaire généré par l'allègement des cotisations salariales sera soumis à l'impôt avec un gain net forcément moindre à l'arrivée.

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