Impôts : Emmanuel Macron compte-t-il modifier le barème ?

Impôts : Emmanuel Macron compte-t-il modifier le barème ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 11 décembre 2018 à 14h24

Au vu de ses déclarations sur la nécessité d'accroître la contribution des plus fortunés, une révision des plus hautes tranches n'est pas à exclure...

« J'ai besoin que (...) nos concitoyens les plus fortunés aident la Nation à réussir ». Cette petite phrase d'Emmanuel Macron n'est pas forcément celle qui a le plus retenu l'attention lundi soir. Elle est pourtant loin d'être anecdotique puisqu'elle signifie que l'Etat compte faire appel aux plus aisés.

Le président de la République a souligné sa volonté de lutter contre l'évasion fiscale. Mais le gouvernement ne va-t-il pas dans le même temps chercher à accroître l'imposition des ménages les plus aisés ? Outre l'effet sur les recettes fiscales, cela constituerait en effet un signal fort sur le plan politique.

Quels leviers ?

D'une façon générale, on peut distinguer trois grands types d'impôts : l'impôt sur les revenus (revenus du travail, revenus du capital...), l'impôt sur le patrimoine (ISF, IFI, taxe foncière...) et l'impôt sur la consommation (TVA notamment).

Agir sur la consommation serait complexe. Il serait en effet difficile (voire impossible) de moduler les taux de taxation en fonction de l'aisance du consommateur.

Taxer davantage la possession de patrimoine ne semble pas non plus l'axe privilégié par le président de la République qui a dit ne pas être favorable à un retour de l'ISF.

Le seul levier disponible reste donc la piste de l'imposition des revenus.

Barème ou contribution ?

Modifier le barème apparaît en effet comme la solution la plus simple à mettre en place lorsqu'il s'agit de cibler les ménages aisés ou très aisés.

Pour mémoire, en 2019, les revenus seront taxés à 30% au-dessus de 27.520 euros, à 41% au-dessus de 79.780 euros et à 45% au-delà de 156.244 euros (pour une part fiscale).

Le gouvernement envisage-t-il de moduler les seuils ou les taux ? Pourrait-il ajouter des tranches intermédiaires ? Pour l'heure, aucun de ces pistes n'est à exclure. Rappelons par exemple que par le passé les taux les plus élevés ont dépassé les 50% (avec il est vrai des abattements différents).

L'exécutif pourrait aussi choisir de s'intéresser à la contribution sur les hauts revenus (CEHR) qui est actuellement de 3% entre 250.000 et 500.000 euros puis de 4% au-delà de 500.000 euros (pour un célibataire).

Un risque de concentration accrue ?

Bien entendu, une taxation accrue des ménages aux plus hauts revenus serait vue par beaucoup comme une mesure de justice sociale. Mais ses opposants ne manqueraient pas de dénoncer une concentration encore plus flagrante de la charge de l'impôt puisqu'à l'heure actuelle 70% de l'impôt est supporté par 10% de la population.

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