Le point sur la déduction fiscale des moins-values sur actions

Le point sur la déduction fiscale des moins-values sur actions©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 12 mars 2018 à 10h50

La vente d'actions n'est pas toujours synonyme de plus-value. Le détenteur peut aussi se retrouver en situation de moins-value. Or, les moins-values constatées sont déductibles des gains obtenus par ailleurs.

Le principe général est simple à comprendre. Mais dans la pratique, l'imputation de ces moins-values peut se révéler assez complexe. La loi de finances 2018 apporte d'ailleurs quelques précisions à ce sujet.

Dans sa nouvelle rédaction l'article 150-O D du code général des impôts indique que « les moins-values subies au cours d'une année sont imputées exclusivement sur les plus-values de même nature, retenues pour leur montant brut avant application, le cas échéant, des abattements mentionnés aux 1 ter ou 1 quater du présent article ou à l'article 150-0 D ter, imposables au titre de la même année ».

Imputation sur la plus-value brute

Premier point à retenir, les moins-values se déduise des plus-values brutes. Ici, rien ne change par rapport au cadre en vigueur auparavant. Le principe a été posé par le Conseil d'Etat fin 2015. Certaines plus-values anciennes peuvent en effet bénéficier d'un abattement pour durée de détention. L'imputation des moins-values doit donc se faire avant abattement, ce dernier étant opéré sur le gain net.

Rappelons à ce sujet qu'avec l'imposition au prélèvement forfaitaire unique, il n'y a plus d'abattement pour durée de détention. Mais, en cas d'option pour le barème, le contribuable peut toujours profiter d'abattements.

Exemple 1

Un contribuable a réalisé en 2017 une plus-value de 2.000 euros sur une ligne d'actions pour laquelle, il a droit à 50% d'abattement. Il a par ailleurs constaté la même année 1.500 euros de moins-value sur une autre cession. Il déduira les 1.500 euros de moins-value de ses 2.000 euros de plus-value brute. En cas d'option pour le barème, il fera jouer son abattement sur son gain net de 500 euros, ramenant la somme imposable à 250 euros.


Imputation sur les plus-values de la même année

Autre élément important du texte. Les moins-values sont à imputer sur les plus-values de la même année. C'est sur ce point qu'il y a une nouveauté. L'ancienne rédaction évoquait une imputation sur les plus-values de la même année ou des dix années suivantes sans donner clairement un ordre.

Il n'est donc plus possible de garder en stock une plus-value récente afin de déduire en priorité une plus-value plus ancienne.

Quid du solde ?

Si le solde est positif, le gain subsistant pourra éventuellement être diminué par des moins-values antérieures (valables 10 ans).

Si le solde est négatif, cet excédent de moins-value sera reportable pendant 10 ans.

Exemple 2

Prenons un exemple pour y voir clair. Un contribuable a constaté 2.000 euros de moins-value il y a 10 ans. En 2017, il a enregistré une autre moins-value de 1.500 euros ainsi qu'une plus-value de 2.000 euros. Lors de la déclaration de revenus 2017, la solution idéale consisterait à déduire de la plus-value de 2.000 euros la moins-value la plus ancienne. Cela suffirait à ramener la base imposable à 0 et éviterait au contribuable de perdre éventuellement cette ancienne moins-value (imputable pendant 10 ans). Reste que la règle ne le permet pas. Le contribuable devra imputer sa moins-value de 2017 (1.500 euros) sur sa plus-value de 2017 (2.000 euros). Le solde étant positif (500 euros), le contribuable pourra reprendre une partie de son ancienne moins-value. Il ne paiera donc pas d'impôt sur sa plus-value de 2017 et disposera encore de 1.500 euros de moins-value en stock. Mais cette moins-value ayant déjà 10 ans, elle deviendra trop « vieille » pour être déduite de plus-values ultérieures et sera définitivement perdue.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU