"Flambée des prix dans le vignoble français !"

"Flambée des prix dans le vignoble français !"©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 07 février 2018 à 09h26

Les grandes fortunes apprécient particulièrement les plus beaux domaines viticoles de notre pays. Ainsi, aux XIXe et XXe siècles, les Rothschild ont fait main basse sur les célèbres châteaux Lafite et Mouton, qui portent maintenant leur nom.

Les fortunes françaises déjà positionnées

En 1993, François Pinault acquiert Château Latour (1er grand cru classé) pour 1,7 million d'euros l'hectare. A l'époque, les prix de sortie étaient inférieurs à l'équivalent 30 euros.  En 1996, Bernard Arnaud débourse plus de 1,3 million d'euros l'hectare pour une part majoritaire d'Yquem, premier cru classé également. La même année, sur la rive droite, la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, achète château Canon (1er grand cru classé B maintenant) pour 900 000 euros l'hectare.

En 1998, Bernard Arnaud - toujours - achète Château Cheval Blanc 131 millions d'euros, soit 3,6 millions l'hectare. Depuis, il est aussi devenu propriétaire de La Tour du Pin Figeac et Quinault L'Enclos. En 2006, Martin et Olivier Bouygues achètent les 75 hectares de Château Montrose pour environ 140 millions d'euros, soit plus de 1,6 million d'euros l'hectare - un record sur Saint-Estephe.

Les Chinois aussi

Depuis, les géants chinois se sont eux aussi intéressés aux châteaux du bordelais. Jack Ma, patron d'Alibaba, contrôle déjà presque une vingtaine de châteaux et a investi dans deux propriétés du célèbre Bernard Magrez, propriétaire de 4 grands crus classés dans le bordelais et de plus de 40 châteaux dans le monde entier. On ne sait pas encore combien il en a coûté au richissime M. Ma, mais l'accès au fichier de 500 millions de clients a dû peser dans la balance.

Enfin, François Pinault vient encore de frapper en achetant les 7,53 hectares du Clos de Tart. Il lui en a coûté plus de 250 millions d'euros, soit 19 fois plus à l'hectare que ce qu'il avait déboursé pour Latour en 1993 ! En Bourgogne, au moins 3 grands crus ont même dépassés les 50 millions d'euros l'hectare : Chambertin, Chambertin Clos de Bèze et Mussigny.

Une alternative aux actions ?

Comment expliquer ce phénomène ? L'étude publiée par Blackrock (premier gestionnaire d'actif au monde) le 23 janvier 2018 suite à une enquête réalisée auprès de 224 investisseurs institutionnels montre que cette année, les actifs réels et illiquides, parmi lesquels les propriétés prestigieuses, auront particulièrement la côte.

Vu la forte valorisation des marchés boursiers et des marchés obligataires en souffrance et les montagnes de cash disponible, il n'est pas surprenant de voir les prix des plus beaux vignobles s'envoler. Les investisseurs n'étant pas philanthropes, il y a fort à parier que les prix des grands vins continueront de progresser...

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