Voitures anciennes : attention au frais qui amputent la rentabilité

Voitures anciennes : attention au frais qui amputent la rentabilité©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 17 octobre 2018 à 14h20

Acheter une voiture de collection pour réaliser « un coup ». Bon nombre de particuliers y ont certainement pensé en regardant l'évolution de ce marché au cours des dernières années. Les chiffres ont en effet de quoi donner le vertige.

Depuis 10 ans, les prix ont été multipliés par 3,5, soit un rendement annuel moyen de 13,3%, selon l'indice Hagi. Et si les véhicules d'exception font régulièrement les gros titres, la fièvre s'est aussi emparée de modèles plus accessibles. La cote actuelle des Peugeot 205 GTI ou des Citroën DS en témoigne.

Ne pas se laisser aveugler par la cote

Pour autant, comparer prix d'achat et prix de revente d'un véhicule risque de conduire à des conclusions erronées. De fait, contrairement aux produits financiers qui donnent des rendements nets de frais (assurance-vie notamment), la détention de véhicules anciens s'accompagne de frais à même de réduire fortement le rendement apparent.

Prenons l'exemple d'une Mercedes SL (type R107) des années 1970. Selon le site ClassicTrends.eu, sa cote moyenne a enflé de 45% durant les 3 dernières années, passant de 16.000 à 23.000 euros.

Un calcul rapide (mais simpliste) conduirait à dire que la détention d'un tel véhicule a permis de dégager une rentabilité annuelle moyenne (TRI) de 12,86% au cours des 3 ans écoulés, soit bien plus que la plupart des produits financiers.

Assurance, entretien, stationnement

Ce calcul oublie cependant d'intégrer le coût que représente la possession d'une voiture ancienne : entretien, assurance, stationnement.

Imaginons une situation plus réaliste dans laquelle, le propriétaire a assuré son véhicule pour 150 euros par an (collection), a loué un emplacement de parking pour 1.000 euros par an (un peu plus de 80 euros par mois) et a supporté des frais d'entretien et de petite restauration pour 1.000 euros par an également.

En intégrant ces paramètres, la rentabilité annuelle moyenne de ce « placement » atypique n'est plus de 12,8% mais de seulement... 1%. Et pour faire passer, la rentabilité à 4% par an, il faut par exemple diviser par 2 le budget entretien.

Le plaisir avant le rendement

Bien entendu, chaque cas est particulier. Un propriétaire peut aussi couvrir une partie de ses frais (et améliorer sa rentabilité) en louant son véhicule. La satisfaction de posséder un « actif plaisir » peut en outre rendre plus tolérant sur le rendement qu'avec un produit financier. En tout cas, les candidats à l'investissement dans les véhicules anciens doivent garder à l'esprit que ce placement plaisir est souvent loin d'être un jackpot, surtout lorsque les prix commencent à marquer une pause comme à l'heure actuelle.

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